Vue du siège de la Banque centrale européenne à Francfort
Les droits de douane pèsent sur la croissance et l'inflation de la zone euro, mais les secteurs les plus touchés par les surtaxes sont également sensibles aux taux d'intérêt et une baisse des coûts d'emprunt pourrait donc stimuler la production et compenser les pressions à la baisse sur les prix, estime un billet de blog publié mardi par un groupe d'économistes sur le site de la Banque centrale européenne (BCE).
Les États-Unis ont imposé des droits de douane supplémentaires à la plupart de leurs partenaires commerciaux en 2025 et les responsables de la BCE sont parvenus à des conclusions souvent contradictoires quant à leur impact, car les barrières commerciales affectent l'économie à plusieurs niveaux.
Une étude réalisée par des économistes de l'institut de Francfort conclut désormais que la baisse de la demande due aux droits de douane l'emporte sur les effets de l'offre qui stimulent l'inflation, ce qui freine les prix.
"À son niveau le plus bas, environ un an et demi après le choc induit par les droits de douane qui a réduit les exportations de la zone euro vers les États-Unis de 1%, le niveau des prix à la consommation est inférieur d'environ 0,1%", affirme l'article, qui ne reflète pas nécessairement les opinions de la BCE.
Les données commerciales ont été volatiles au cours de l'année écoulée, les entreprises ayant anticipé leurs achats pour éviter les droits de douane, qui s'élèvent à 15% pour les marchandises de l'UE entrant aux États-Unis, puis ayant réduit leurs stocks.
Cependant, au cours des trois derniers mois pour lesquels des données sont disponibles, les exportations de la zone euro vers les États-Unis ont baissé d'environ 6,5% par rapport à la même période l'année précédente.
L'étude intervient dans un contexte de craintes d'une inflation plus faible que prévu. La croissance des prix dans la zone euro a ralenti à 1,7% en janvier, en dessous de l'objectif de 2% fixé par la BCE, et certains responsables de la politique monétaire craignent que cette tendance se poursuive.
L'article souligne toutefois que les secteurs les plus touchés par les perturbations douanières sont également ceux qui réagissent le plus aux variations des taux d'intérêt, citant notamment les machines, l'automobile et les produits chimiques.
Par conséquent, si la production pourrait diminuer considérablement en raison des droits de douane, elle augmenterait en réponse à la baisse des coûts d'emprunt, compensant ainsi les dommages causés par les barrières commerciales.
"Nous constatons que cette tendance se vérifie pour environ 60% des secteurs que nous étudions, ce qui représente environ 50% de la production industrielle moyenne totale de la zone euro et du total des exportations de biens vers les États-Unis", écrivent les économistes.
(Reportage Balazs Koranyi ; version française Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)

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