Le président américain Donald Trump sur le chantier de la nouvelle salle de bal de la Maison Blanche, le 4 novembre 2026 à Washington ( AFP / MANDEL NGAN )
"Imaginez des lustres partout" : plutôt que d'analyser mercredi l'humiliation planétaire que viennent de lui infliger les électeurs, Donald Trump a trouvé refuge dans sa salle de bal.
Convoqués de manière inattendue, les journalistes ont été emmenés auprès de l'ancien promoteur immobilier sur le chantier de la monumentale extension qu'il fait bâtir à la Maison Blanche, pour sa première apparition publique après les "midterms".
Sous prétexte de rendre hommage aux ouvriers, le milliardaire octogénaire, peu soucieux des moqueries de ses opposants sur sa santé mentale, s'est offert une escapade dans cette autre réalité qu'il habite depuis son retour au pouvoir, celle des grues, des dorures et du marbre.
"Vous pouvez mettre autant d'hélicoptères que vous voulez sur le toit", a dit Donald Trump, micro en main, sans s'émouvoir de la mauvaise qualité sonore.
Entre deux Larsens, il a parlé des futures parois vitrées à l'épreuve des balles et des drones, même des "petits missiles", selon lui: "C'est épais comme ça", a-t-il déclaré en écartant les mains, "mais la vision est parfaite".
"Incroyable comme truc", a ajouté le président républicain, rarement aussi animé que lorsqu'il commente dans les moindres détails ses multiples entreprises de construction ou de rénovation.
"Love!"
Il a signé devant les objectifs une poutre massive, avant qu'elle ne soit installée en haut de l'édifice.
Le président américain Donald Trump appose sa signature sur une poutre de métal qui soutiendra la nouvelle salle de bal de la Maison Blanche, le 4 novembre 2026 à Washington ( AFP / MANDEL NGAN )
Au-dessus de sa signature Donald Trump, à qui même ses détracteurs les plus acharnés reconnaissent un sens aigu de la diversion, a ajouté: "Love!"
"Regardez comment la poutre monte", a-t-il dit, entre deux questions sur les calamiteuses élections de mi-mandat.
Les Américains ont infligé une sanction historique au président et à son parti mardi, en élisant en masse des démocrates jusque dans des bastions conservateurs tels que le Kansas et le Texas, à des postes de sénateurs, gouverneurs ou aux parlements locaux.
Mais mercredi, Donald Trump n'avait pas très envie de parler de la guerre en Iran qui lui coûte le contrôle du Congrès, ni de la présidentielle de 2028, à laquelle il ne se présentera pas, ni d'une possible procédure en destitution.
Il ne l'a fait que pressé par les journalistes, et en continuant à déambuler sur le chantier.
Le président américain Donald Trump sur le chantier de la nouvelle salle de bal de la Maison Blanche, le 4 novembre 2026 à Washington ( AFP / MANDEL NGAN )
"Imaginez les lustres partout, imaginez le sol en marbre", a lancé le milliardaire de 80 ans, l'air inspiré, aux photographes et reporters.
A propos du marbre, taillé selon lui dans une "veine spéciale", il a assuré: "Le propriétaire de la carrière ne voulait pas le vendre". "Mais il m'aimait bien".
Donald Trump, qui revendique un talent inné pour l'architecture, a aussi disserté sur l'emplacement choisi pour les cuisines de l'édifice, destiné à accueillir des réceptions et dîners de gala.
"Jour de fête"
La salle de bal, construite sur l'emplacement d'une aile que le républicain a fait raser, doit être achevée avant qu'il ne quitte le pouvoir en 2028.
Le chantier est dénoncé par ses adversaires comme la parfaite illustration des tendances mégalomaniaques du président et des dérives de son mandat, parce qu'il a été lancé sans consultation aucune, avec une structure de financement très opaque.
Le président américain Donald Trump sur le chantier de la nouvelle salle de bal de la Maison Blanche, le 4 novembre 2026 à Washington ( AFP / MANDEL NGAN )
Le président républicain y voit la garantie de se rappeler durablement, si ce n'est discrètement, à la mémoire des Américains une fois qu'il aura quitté la Maison Blanche.
Il a profité de la visite de chantier mercredi pour parler de son prochain projet, une arche à Washington inspirée de l'Arc de triomphe de Paris, mais évidemment "plus grande" et "plus belle".
Invité à s'exprimer, le ministre en charge de l'aménagement du territoire s'est gardé de troubler l'humeur de Donald Trump, quitte à amplifier encore l’impression de déconnexion du moment.
Au lendemain d'une sanction électorale qui a dépassé les prévisions les plus optimistes des démocrates, Doug Burgum a commencé sa courte allocution en disant: "Aujourd'hui est, évidemment, un jour de fête et un jour de gratitude."

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