Des participants au Canon français à Montélimar, le 8 mai 2026 dans la Drôme ( AFP / Alex MARTIN )
Un "faux" communiqué de presse annonçant l'annulation d'un banquet du Canon français prévu le 28 novembre à Biarritz, très contesté par des opposants locaux, a été adressé mercredi à plusieurs médias dont l'AFP, poussant les organisateurs à démentir l'information et confirmer l'événement.
"C'est évidemment un faux, le banquet aura lieu", a déclaré à l'AFP Pierre-Alexandre de Boisse, cofondateur de ces banquets notamment financés par le milliardaire ultraconservateur Pierre-Édouard Stérin.
"C'est lunaire, je trouve ça complètement fou", a-t-il ajouté, laissant entendre qu'il déposerait "probablement" plainte. "Pourquoi ça nous découragerait ? C'est notre métier, c'est une entreprise (...), on produit des événements grand public."
Ces banquets du Canon français, qui attirent des milliers de convives béret sur la tête autour de "plats campagnards" pour "valoriser le terroir et le patrimoine", sont accusés par leurs détracteurs de véhiculer des idées d'extrême droite derrière leur vitrine patriotique et franchouillarde.
Le prétendu communiqué évoquait une annulation face à un rassemblement d'opposants programmé le jour de l'événement, présenté par ces militants comme un "rempart humain" aux abords de la salle afin d'empêcher les 2.000 convives d'y accéder.
Soulignant que "les conditions de sécurité" n'étaient "plus réunies", le texte dénonçait le risque d'affrontements entre "nos amis canonniers" et "ces hordes annoncées de Basques qui ne sont pas sans rappeler les brigands et rançonneurs à la langue des plus barbares".
"Bataille culturelle" de l'extrême droite
Comme repéré par le quotidien régional Sud Ouest, le message était adressé avec un nom de domaine différant légèrement de l'adresse mail officielle des banquets.
D'autres actions ont été menées dernièrement dans les Pyrénées-Atlantiques, notamment des affiches placardées sur une vitrine d'un fabricant de bérets, ou bien une inscription en basque "CANON FR EZ Kanpora" ("Non au Canon FR, dehors") à Saint-Jean-de-Luz où, selon Sud Ouest, une villa appartenant à M. Stérin a également été dégradée.
"Les promoteurs du Canon français avancent masqués mais ne trompent personne, cette entreprise s'inscrit dans la bataille culturelle menée par Pierre-Édouard Stérin et l'extrême droite", ont déclaré les opposants fin octobre.
En mai, le parquet de Caen avait ouvert une enquête après des signalements effectués par des élus de gauche concernant notamment des saluts nazis effectués par certains participants d'un banquet le 18 avril.
"Le geste en question est un bras gauche levé pendant le +Aux armes citoyens+ de la Marseillaise entonnée par 4.000 personnes", répond Pierre-Alexandre de Boisse, assurant que l'organisation du Canon français "ne tolère pas les nazis" et interviendrait en cas de geste de ce type.
"Je ne force personne à nous aimer et à aimer nos événements", ajoute le dirigeant, défendant la "liberté d'entreprendre" et s'insurgeant contre "les extrêmes". "Vouloir empêcher des gens de se réunir et de faire la fête, je trouve ça gravissime. C'est une atteinte à la liberté, c'est une censure", a-t-il déploré.

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