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Antiterrorisme: deux mineurs mis en examen, un péril jeune qui se confirme
information fournie par AFP 20/02/2026 à 23:09

Deux jeunes de 16 ans ont été interpellés mardi dans le Nord, l'un d'entre eux, fasciné par le jihadisme, reconnaissant un projet d'"action violente" qui "aurait pu" viser "un centre commercial ou une salle de concert"  ( POOL / STEPHANE DE SAKUTIN )

Deux jeunes de 16 ans ont été interpellés mardi dans le Nord, l'un d'entre eux, fasciné par le jihadisme, reconnaissant un projet d'"action violente" qui "aurait pu" viser "un centre commercial ou une salle de concert" ( POOL / STEPHANE DE SAKUTIN )

"Une forme de fascination" pour "les figures jihadistes": c'est le profil, de plus en plus répandu, d'un des deux jeunes de 16 ans mis en examen vendredi, qui a reconnu un projet d'"action violente" envers "un centre commercial ou une salle de concert".

Ces deux mineurs ont été interpellés mardi dans le Nord et mis en examen vendredi à Paris, a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat).

Le duo est poursuivi pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes d'atteintes aux personnes". Conformément aux réquisition du Pnat, le meneur présumé a été placé en détention provisoire tandis que l'autre, le suiveur supposé, a été placé sous contrôle judiciaire.

Le Pnat a par ailleurs ouvert vendredi une information judiciaire, ce qui permet à un juge d'instruction d'enquêter, ce qu'avait révélé un peu plus tôt dans la journée le journal Le Parisien.

C'est le leader présumé du binôme qui a reconnu avoir projeté "une action violente", avec des cibles qui auraient pu être "un centre commercial ou une salle de concert".

Le second mineur, le suiveur supposé, "informé" des "projets" de son comparse, est soupçonné d'avoir contribué à renforcer ses convictions radicales violentes", expose le Pnat.

Le leader présumé est décrit par le parquet antiterroriste comme "nourrissant une forme de fascination pour la propagande et les figures jihadistes". Il aurait ainsi envisagé de "dérober" une "arme à feu" et a "également admis avoir acquis des produits chimiques en vue de réaliser, à son domicile, des tests de combustion", précise encore le Pnat.

- "Rajeunissement" -

Les interpellations ont eu lieu dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le Pnat début février 2026, dont les investigations ont été confiées à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen, le 5 février 2026 à Paris ( AFP / JOEL SAGET )

le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen, le 5 février 2026 à Paris ( AFP / JOEL SAGET )

"Depuis quatre ou cinq ans, nous observons un très net rajeunissement des personnes qui sont mises en examen, avec plutôt des personnes qui ont moins de 20 ans" et "désormais beaucoup de mineurs", établissait pour l'AFP fin 2025 le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen.

"Ce sont principalement des garçons, beaucoup de profils isolés, souvent en situation d'échec scolaire ou de relative distance par rapport à l'école", poursuivait le patron du Pnat.

Et de décrire l'engrenage: "TikTok ou Telegram ont des algorithmes qui les conduisent assez rapidement, dès lors qu'ils recherchent des contenus liés souvent à l'ultraviolence, vers des contenus de nature jihadiste, et qui parviennent à les convaincre que leur mal-être est dû à la société et donc la réponse est de l'attaquer".

Ce que "prônent les organisations terroristes, c'est le passage à l'acte en tout lieu, par tout moyen, sans qu'il soit nécessaire de rechercher à avoir des contacts avec elles", pointait-il encore.

- "Tension élevée" -

Dans son discours de rentrée, fin janvier 2026, Olivier Christen mentionnait 22 mineurs mis en examen en 2025 pour une infraction terroriste suivie par le Pnat, "pour représenter désormais le tiers des procédures ouvertes en 2025 et 20% des personnes mises en examen au cours de cette année".

L'évolution de la nature des procédures initiées par le Pnat, soulignait-il, est marquée par des "actions violentes ou projets d'action violente visant le territoire français", élaborés "par des individus sans lien direct avec les organisations terroristes". Mais ces mis en cause s'inspirent "de l'abondante propagande jihadiste" diffusée "sur les différents réseaux sociaux et s'autoaffilient aux projets mortifères de celles-ci".

Dans la continuité de l'année 2024, l'activité en 2025 du Pnat est, plus généralement, demeurée "marquée par la prédominance de la menace terroriste jihadiste, qui représente 87% des procédures suivies".

Avec "une inscription durable dans une phase de tension élevée" et un "nombre d'enquêtes ouvertes toujours nettement supérieur à celui des années 2021 à 2023, au plus haut depuis les cinq dernières années", concluait le patron du Pnat.

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