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Allemagne-Une survivante de l'Holocauste dit sa consternation face au succès de l'AfD
information fournie par Reuters 09/09/2026 à 11:44
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par Anja Guder

Eva Umlauf, qui avait deux ans lorsque sa mère et elle ont été libérées du camp d'extermination nazi d'Auschwitz en janvier 1945, se dit aujourd'hui consternée par le nouvel essor de l'extrême droite en Allemagne.

La victoire dimanche du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) en Saxe-Anhalt place pour la première fois une formation d'extrême droite en position de prendre le pouvoir dans un Land depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

"Que puis-je dire ? Je m'y attendais, et pourtant je suis consternée", a déclaré Eva Umlauf lors d'un entretien avec Reuters. "Je suis consternée, je suis attristée ; je ne comprends pas ce qui pousse les gens à voter pour ce parti."

Pédiatre et psychothérapeute d'origine slovaque vivant à Munich, Eva Umlauf intervient dans les écoles pour sensibiliser les enfants à l'Holocauste et préside le Comité international d'Auschwitz, fondé en 1952 par des survivants du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.

Ses propos reflètent l'inquiétude exprimée ces derniers mois par de nombreux représentants de groupes minoritaires, alors que les sondages d'opinion laissaient entrevoir une progression de l'extrême droite en Saxe-Anhalt, ainsi qu'à Berlin et dans le Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale, qui seront tous deux appelés aux urnes le 20 septembre.

"Nous avons peur. Nous savons ce qui se passe - ce qui arrive aux minorités, ce qui arrive aux étrangers", témoigne Eva Umlauf.

L'AfD, fondé en tant que parti eurosceptique pendant la crise de la zone euro en 2013, rejette toute comparaison avec le parti nazi, responsable de l'Holocauste qui a coûté la vie à quelque 6 millions de Juifs, ainsi qu'à des Roms, des homosexuels et d'autres minorités.

"UN PARTI OÙ LES ANTISÉMITES ONT TROUVÉ REFUGE"

Le parti veut restreindre l'immigration, en particulier en provenance de pays qu'il considère comme "culturellement étrangers" à l'Allemagne, sortir de l'euro et renouer des liens avec la Russie afin de faire baisser les prix de l'énergie.

L'AfD fait valoir que ses projets reflètent des idées de bon sens partagées par des millions d'Allemands et nie toute forme d'antisémitisme, assurant que les partis traditionnels utilisent cette accusation pour faire taire l'opposition.

Les détracteurs du parti lui reprochent cependant de minimiser le passé nazi de l'Allemagne, en citant notamment une déclaration de l'un de ses dirigeants qui avait qualifié en 2018 cette période de "simple fiente d'oiseau dans 1.000 ans d'Histoire allemande couronnée de succès".

Le Conseil central des Juifs d'Allemagne, principale organisation fédérant les communautés et associations régionales juives dans le pays, considère également l'AfD comme "un parti où les antisémites et les extrémistes d'extrême droite ont trouvé refuge".

La section de Saxe-Anhalt du parti est classée comme étant d'extrême droite par l'antenne locale de l'Office fédéral de protection de la Constitution, l'agence de renseignement intérieur du pays. L'AfD rejette cette classification en assurant qu'elle est motivée par des considérations politiques.

Les élections de dimanche en Saxe-Anhalt se sont déroulées dans un contexte d'inquiétude croissante pour de nombreuses communautés juives en Europe, où l'on observe une forte recrudescence des agressions et incidents antisémites depuis l'attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023 et la campagne militaire israélienne qui a suivi dans la bande de Gaza.

L'AFD PRÔNE UNE "POLITIQUE CULTURELLE PATRIOTIQUE"

Les partis d'extrême gauche et leurs partisans ont également été accusés d'encourager l'antisémitisme, mais l'AfD fait l'objet d'une surveillance accrue à mesure que sa popularité augmente dans les sondages.

Son programme électoral inclut une "politique culturelle patriotique" qui détournerait les cours d'Histoire relatifs à la période nazie pour se concentrer sur des personnalités telles qu'Otto von Bismarck, le "chancelier de fer" du XIXe siècle.

Il prévoit également de restaurer les monuments commémoratifs dédiés aux soldats allemands tombés au combat lors des deux guerres mondiales.

Ces priorités alarment les détracteurs de l'AfD, qui y voient la volonté d'occulter les efforts déployés depuis des décennies par l'Allemagne pour faire face à son Histoire et aux crimes de la période nazie.

Eva Umlauf estime cependant que les opinions du parti ne sont pas partagées par une majorité d'Allemands.

"Si l'on considère l'Allemagne dans son ensemble, le soutien à l'AfD s'élève en moyenne à 30%. Et je crois - et j'espère - que cela mobilisera en réalité les 70% restants."

(Reportage Ayhan Uyanik et Anja Guder, rédigé par James Mackenzie, version française Benjamin Mallet)

3 commentaires

  • 09 septembre 12:44

    heureusement maintenant on peut faire son allia en terre promise ou règne l'entre soi, paix, serenité, tolerance et securité...


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