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À l'heure du face-à-face Trump-Xi, une diplomatie mondiale en deux scènes
information fournie par Reuters 24/09/2026 à 14:03
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par Antoni Slodkowski, John Irish et Tom Balmforth

Alors que les dirigeants du monde entier se réunissent au siège des Nations unies (Onu) à New York cette semaine pour l'Assemblée générale annuelle de l'organisation, les deux principaux acteurs de la politique mondiale - les présidents chinois et américain - se retrouvent jeudi à la Maison blanche pour une visite qui s'annonce fastueuse.

Le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping se rencontreront pour la deuxième fois cette année, dans l'espoir de maintenir la stabilité des relations des deux superpuissances, alors que celles-ci sont confrontées à une multitude de problèmes nationaux et internationaux.

Cette rencontre, en parallèle de l'Assemblée générale annuelle des Nations unies, met en lumière une question existentielle pour cette organisation internationale créée après le désastre des deux guerres mondiales, et remet en perspective son importance.

Alors que les délégués des Nations débattent du "multilatéralisme" à New York et organisent des tables rondes sur les conflits mondiaux, Donald Trump et Xi Jinping discuteront à Washington d’intelligence artificielle, de commerce et de défense lors d'une rencontre que le président américain appelle le "G2".

"Il est assez remarquable que Xi Jinping se rende à Washington la même semaine que se tient l’Assemblée générale, mais qu’il ne se donne pas la peine de venir à New York", a déclaré Richard Gowan, analyste de l’International Crisis Group.

"Je pense que beaucoup de gens se demanderont : 'Où se trouve le véritable centre de décision ?'"

Le président chinois se rend rarement à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies.

Les interrogations de longue date sur le rôle et l'importance des Nations unies ont pris une nouvelle dimension depuis le retour à la Maison blanche de Donald Trump en 2025, l’organisation étant confrontée à de graves problèmes financiers, à des divisions entre les grandes puissances et à une influence limitée sur les conflits.

Dans son discours de mardi à la tribune des Nations unies, Donald Trump, qui a retiré les États-Unis de dizaines d’agences de l'organisation et réduit les contributions budgétaires de Washington, a accusé l'Onu d’"imposer le programme d’extrême gauche de bureaucrates mondialistes que personne n’a jamais élus".

DES DIFFICULTÉS QUI S'AGGRAVENT

L'Onu est confrontée à un déficit budgétaire persistant, ce qui l'a obligée à réduire le budget de son Secrétariat de 9,2% en 2026. L'organisation a licencié des milliers d’employés, renvoyé dans leurs pays des casques bleus et réduit ses activités humanitaires et de défense des droits de l’Homme.

Si l’administration de Donald Trump a versé la semaine dernière 725 millions de dollars au titre du budget ordinaire, préservant ainsi son droit de vote à l’Assemblée générale de l'organisation, Washington reste redevable de 1,3 milliard de dollars au titre du budget ordinaire et de 2,9 milliards de dollars au titre des opérations de maintien de la paix.

Les problèmes de l’organisation ne se limitent toutefois pas à l’aspect financier.

L’impasse dans laquelle se trouve l'Onu est aussi expliquée par son Conseil de sécurité, où les cinq membres disposant d’un droit de veto - la Chine, la Russie, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni - parviennent rarement à s’entendre sur des questions de fond.

"L’Onu est aujourd’hui confrontée à deux défis majeurs : le premier est sa situation financière désastreuse", a observé Eugene Chen, ancien fonctionnaire de l'organisation.

"Cela est lié à un deuxième défi, plus large : le fait que les États membres ne s’accordent plus sur ce que devraient être la forme ou la fonction de l'Onu à une époque où les défis mondiaux ne cessent de s’intensifier", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général sortant des Nations unies, Antonio Guterres, a lancé l’année dernière un groupe de travail sur la réforme de l'organisation, connu sous le nom d’UN80, qui vise à réduire les coûts, supprimer les doublons, délocaliser des postes vers des sites moins coûteux, et à améliorer l’efficacité de l'Onu.

Contrairement à 2025, Donald Trump n’a pas profité de son discours de mardi pour se plaindre des escaliers roulants ou des téléprompteurs du siège de l'Onu, et s’en est largement tenu à un script axé sur la défense de son bilan dans la guerre contre l’Iran et sur l’économie américaine.

L'ONU COMME FORUM DIPLOMATIQUE

Le président américain s’en est toutefois pris aux "hypocrites lâches" du Conseil des droits de l’homme l'Onu qui "veulent que l’Amérique ouvre ses frontières aux gangs et aux criminels issus des endroits les plus dangereux du monde", et a fustigé l’Unesco, affirmant que "ces mondialistes détruisent activement les plus grandes cultures et le patrimoine le plus extraordinaire de l’histoire".

Xi Jinping a cherché à tirer parti de la rhétorique souvent belliqueuse de Donald Trump en présentant la Chine comme un partenaire fiable sur la scène internationale, en particulier pour les pays en développement, et en utilisant l'Onu comme tribune pour faire passer ce message.

Malgré toutes les critiques dont fait l’objet l'Onu, son Assemblée générale annuelle reste un forum où la diplomatie bat son plein. Cette semaine, les États membres ont prévu plus de 1.000 réunions bilatérales, selon les données de l'organisation.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont communiqué mardi en marge de l’Assemblée par l’intermédiaire de médiateurs, ce qui constitue le premier contact de ce type depuis l’échec de l’accord de cessez-le-feu provisoire en Iran.

La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a déclaré aux journalistes que les Nations unies restaient pertinentes, mais a également critiqué l’organisation, l’accusant d’être "paralysée lorsqu’il s’agit de prévenir ou de mettre fin aux conflits".

Le dirigeant ukrainien Volodimir Zelensky a profité de l'Assemblée générale cette semaine pour s’entretenir avec Donald Trump au sujet de la fin de la guerre avec la Russie, notamment d’un éventuel cessez-le-feu concernant les cibles énergétiques.

Un journaliste lui a demandé si ces années de réunions à l’Onu avaient abouti à des résultats concrets. Il a répondu : "Aujourd’hui, cela nous aide à nous rencontrer. Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais c’est déjà ça."

(Antoni Slodkowski, John Irish et Tom Balmforth ; version française Etienne Breban, édité par Augustin Turpin)

2 commentaires

  • 14:14

    Ou alors sur déraille, impossible de dire avec toutes ses traductions!


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