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16 ans de réclusion requis contre l'élève meurtrier de l'enseignante Agnès Lassalle
information fournie par AFP 24/04/2026 à 17:21

Le compagnon d'Agnès Lassalle, Stéphane Voirin, parle à des avocats au tribunal de Pau, le 21 avril 2026 ( AFP / Gaizka IROZ )

Le compagnon d'Agnès Lassalle, Stéphane Voirin, parle à des avocats au tribunal de Pau, le 21 avril 2026 ( AFP / Gaizka IROZ )

Seize ans de réclusion criminelle ont été requis, vendredi, à l'encontre de l'élève qui avait tué sa professeure Agnès Lassalle en 2023 à Saint-Jean-de-Luz, et dont la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques doit apprécier le degré de discernement.

L'accusé, âgé de 19 ans aujourd'hui, comparaît depuis mardi à huis clos pour assassinat. Le verdict est attendu dans la soirée après la plaidoirie de la défense et le délibéré des jurés.

Le 22 février 2023, Agnès Lassalle, 53 ans, qui enseignait l'espagnol au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d'Aquin à Saint-Jean-de-Luz, avait été poignardée mortellement dans sa classe.

Tandis que le cours touchait à sa fin, l'élève de 16 ans à l'époque s'était levé pour aller verrouiller la porte de la salle puis frapper la victime au niveau du cœur avec la lame de 18 centimètres d'un couteau de cuisine.

L'avocate générale a demandé vendredi que sa peine soit assortie d'un suivi socio-judiciaire pendant 10 ans.

Selon les avocats des parties civiles, la magistrate a laissé la cour apprécier le discernement de l'accusé au moment des faits, alors que plusieurs expertises psychiatriques ont rendu des conclusions contradictoires à ce sujet.

L'une a écarté tout "trouble psychique ou neuro-psychique ayant aboli ou altéré son discernement ou le contrôle de ses actes", une autre parle d'un discernement "légèrement altéré", tandis qu'un dernier rapport remis en novembre 2024 l'a jugé "aboli" lors du passage à l'acte.

Le jeune homme encourt 20 ans de réclusion mais sa peine peut être réduite à 13 ans si la cour estime que son jugement était altéré. Celle-ci peut aussi rendre une décision d'irresponsabilité pénale si elle conclut à l'abolition du discernement: il serait alors dispensé de peine.

- "Je me sens parent aussi" -

Le compagnon d'Agnès Lassalle, Stéphane Voirin, danse près du cercueil de l'enseignante poignardée dans sa salle de classe, le 3 mars 2003 lors des obsèques célébrées à Biarritz ( AFP / GAIZKA IROZ )

Le compagnon d'Agnès Lassalle, Stéphane Voirin, danse près du cercueil de l'enseignante poignardée dans sa salle de classe, le 3 mars 2003 lors des obsèques célébrées à Biarritz ( AFP / GAIZKA IROZ )

Vendredi midi, après les plaidoiries des parties civiles, Stéphane Voirin, compagnon d'Agnès Lassalle qui lui avait rendu un hommage émouvant en dansant, seul, près de son cercueil lors des obsèques, s'est dit "vraiment apaisé" par les quatre jours d'audience.

"Je me sens parent aussi, c'est important de le dire, et en recherche de solutions pour qu'un jour, tout ça s'arrête", a-t-il ajouté. Au premier jour du procès, ses avocats avaient évoqué les parents de l'accusé, "effondrés de la douleur" causée par le geste de leur fils.

Le compagnon d'Agnès Lassalle, Stéphane Voirin, au tribunal de Pau, le 21 avril 2026 ( AFP / Gaizka IROZ )

Le compagnon d'Agnès Lassalle, Stéphane Voirin, au tribunal de Pau, le 21 avril 2026 ( AFP / Gaizka IROZ )

Un acte prémédité, selon l'accusation : la veille, l'adolescent avait récupéré le couteau chez son père, l'enroulant dans du papier essuie-tout et le glissant dans son sac pour aller au lycée le lendemain.

Suivi pour une dépression grave et sous traitement après une tentative de suicide en novembre 2022, il a expliqué notamment qu'une "petite voix" l'aurait incité à "faire le mal".

D'abord incarcéré dans un établissement pour mineurs, avec une prise en charge éducative et médicale, le jeune accusé devenu majeur est détenu depuis janvier 2025 au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan.

La mort d'Agnès Lassalle avait secoué la communauté éducative, une minute de silence avait été observée le lendemain dans les établissements scolaires du pays.

Son meurtre était survenu un peu plus de deux ans après l'assassinat de Samuel Paty. Huit mois plus tard, un autre professeur, Dominique Bernard, avait été poignardé à mort devant son collège-lycée par un ancien élève fiché pour radicalisation islamiste.

L'AFP a recensé une dizaine de meurtres de professeurs depuis une quarantaine d'années dans le cadre de leur fonction.

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