Selon le PDG du géant pétrolier britannique, l'équivalent de près d'1,2 milliard de barils manquent au marché mondial de l'or noir en raison de la paralysie du passage stratégique, dont le trafic maritime est figé par le conflit entre l'Iran, Israël et les Etats-Unis.
Wael Sawan, à Houston, le 24 mars 2026 ( AFP / RONALDO SCHEMIDT )
"Il faudrait selon nous près d'un an, voire plus, pour retrouver un point d'équilibre". A l'occasion d'un sommet de hauts dirigeants d'entreprises organisé à Londres par le Wall Street Journal , le directeur général de Shell a évoqué les effets durables du blocage du détroit d'Ormuz, à l'origine de perturbations "jamais vues auparavant" du système énergétique mondial.
"Nous en sommes désormais à 100 jours (de blocage) avec plus de 10% de la production mondiale de pétrole retirée du marché (...) et environ 20% de la production de GNL à l’arrêt", a détaillé Wael Sawan, qui a évoqué des effets marqués en particulier sur le continent asiatique.
Effets durables, même après la fin du conflit
"Les conséquences ont été particulièrement aiguës en Asie" où "nous avons vu des pays comme le Vietnam, l'Indonésie, la Thaïlande recourir massivement au rationnement des carburants, l'Inde également", a ainsi fait valoir le patron du géant britannique. "Nous avons vu le Pakistan et les Philippines passer à des semaines de quatre jours".
Téhéran orchestre depuis le début du conflit avec les Etats-Unis et Israël la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz par lequel transitait en temps normal près de 20 millions de barils par jour. Mais même en cas de fin des combats, la stabilisation du système énergétique mondial prendra du temps, prévient M. Sawan.
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L'Iran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d'Ormuz, dans un nouvel embrasement régional après la destruction d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran. Ce nouveau revers pour les négociations entre les deux pays intervient alors que Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d'un "très, très bon accord" pour mettre fin aux hostilités.
Shell a publié en mai un bénéfice net en forte augmentation au premier trimestre, porté par des prix du pétrole au plus haut avec la guerre au Moyen-Orient, mais a prévenu que le conflit plombait sa production de gaz. Le site de Ras Laffan, dans le nord du Qatar, plus grand pôle de liquéfaction de gaz au monde, a notamment souffert de dommages importants. "Nous sommes à plein régime pour le réparer. Nous avons déjà dégagé tous les débris. Nous avons déjà commandé les équipements à long délai de livraison. Nous espérons donc pouvoir remettre l'installation en service vers la fin du premier trimestre de l'année prochaine", a assuré M. Sawan.
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