Marchés : « Nuages en vue au-dessus des actifs risqués » (BNP Paribas IP)

le
5

BNP Paribas IP affiche sa prudence à court terme sur l'évolution des marchés boursiers.
BNP Paribas IP affiche sa prudence à court terme sur l'évolution des marchés boursiers.

Dans sa dernière note de conjoncture économique diffusée vendredi, BNP Paribas IP met en avant sa prudence sur la conjoncture économique américaine qui envoie des signaux contradictoires. Même chose en zone euro, où la solidité de la reprise économique resterait incertaine.

À l’échelle mondiale, « L'évolution récente des indices PMI confirme l'essoufflement global du secteur manufacturier » affirment Joost van Leenders et Colin Graham, respectivement économiste et directeur des investissements chez BNP Paribas IP, dans une note de marché diffusée vendredi 3 juin.

Etats-Unis : des signaux divergents

Aux Etats-Unis en particulier, « La confiance des entreprises régionales et l'indice PMI manufacturier Markit ont reculé. Les commandes de biens durables font du surplace depuis mi-2013 et celles de biens d’équipement (hors défense et aéronautique), qui peuvent servir d'indicateur des dépenses d'investissement, dégringolent maintenant depuis six mois consécutifs ».

Les mauvais chiffres de l’emploi américain du mois de mai 2016, publiés vendredi à 14h30, ont par ailleurs signalé un affaiblissement de la création de nouveaux postes outre-Atlantique.

Malgré tout, les deux économistes observent qu’en bourse « L'indice américain S&P 500 s'est presque hissé à son sommet record, démontrant la confiance des investisseurs dans la capacité de l'économie à résister à la prochaine hausse des taux par la Réserve fédérale ».

« Nous considérons le contexte toujours difficile pour les actifs risqués »

L’optimisme des investisseurs américains ne se retrouve pas sur l’ensemble des marchés : « Le marché obligataire est moins enthousiaste [et] les actions émergentes ont également réalisé un parcours moins envieux, d'autant que les données n'indiquent aucun rebond notable de la croissance en Chine » explique BNP Paribas IP.

La société de gestion détaille : « Les préoccupations à l'égard de la Chine risquent [encore] de peser sur les actions mondiales et émergentes. Nous anticipons un ralentissement plus prononcé de la croissance [chinoise], tandis qu'une nouvelle dépréciation du renminbi serait susceptible d'agiter les marchés ».

L’évolution du marché des matières premières reste également contrastée : « Les cours du pétrole brut ont poursuivi leur ascension [mais ont] laissé sur place d'autres matières premières, en statu quo depuis fin avril » observent les deux économistes. Dans ce cadre « Nous considérons le contexte toujours difficile pour les actifs risqués » affirment-ils.

Croissance européenne : « nous doutons qu'un tel rythme perdure »

Du côté de la zone euro, « La croissance s'est avérée solide au premier trimestre, au point que nous doutons qu'un tel rythme perdure ».

Les indicateurs d’activité avancés manquent en effet de dynamisme et peinent à valider le scénario d’une accélération de la croissance en zone euro dans les trimestres à venir. « La semaine dernière, nous avons fait état de l'évolution décevante de l'indice PMI manufacturier de la [zone euro]. Cette semaine, nous avons constaté que celui des services était resté inchangé à un niveau légèrement inférieur à celui de la fin de l'année dernière. Dans l’ensemble, les indices PMI sont apparus plutôt abattus » mentionnent les économistes.

Par ailleurs, « La remontée du cycle du crédit a stoppé net dernièrement, ce qui a de quoi décevoir compte tenu de toutes les mesures de relance monétaire engagées, de la convergence des taux d’emprunt bancaires entre les États membres de la zone euro et de l'assouplissement des conditions de crédit par les banques » affirme BNP Paribas IP.

Les Européens gardent en effet un maigre appétit pour l’endettement malgré l’affaiblissement des taux d’emprunt, pour la simple et bonne raison que la plupart des pays du Vieux continent appliquent des politiques de restrictions budgétaires dans le but de maîtriser leur niveau d’endettement.

Seul point positif : l’indice du climat économique en zone euro (moral des entrepreneurs) a dernièrement poursuivi son redressement, mentionne BNP Paribas IP.

En conclusion, BNP Paribas IP reste globalement à l’écart des actions européennes à court terme : « Nous doutons de la stabilité des dividendes européens et considérons le marché des actions américaines comme plus défensif » termine la société de gestion.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • mlaure13 le lundi 6 juin 2016 à 11:57

    Pas d'inquiétude...notre "tortue piquet" veille sur nous...:-(((

  • b.renie le samedi 4 juin 2016 à 05:44

    En Europe, les indicateurs d’activité avancés manquent en effet de dynamisme et peinent à valider le scénario d’une accélération de la croissance en zone euro dans les trimestres à venir. constatent les analystes. La reprise est de conjoncture elle n'est pas structurée par des réformes profondes et de bonne ampleur elle en est anémique et durera ??? Il faut que l'Europe avance vers le fédéralisme pour changer la donne par la mis en route d'une vraie politique de croissance

  • jmlhomme le vendredi 3 juin 2016 à 19:25

    Ne tenez surtout pas compte de cette analyse. BNP paribas est d'une telle incompentence en gestion action que c'est impressionnant. Il suffit de voir les rendements de leur société OPCVM Parvest dont ils vous font prendre des titres.

  • sarestal le vendredi 3 juin 2016 à 19:02

    ça n'inquiète pas nos gouvernants, ils dépensent et distribuent à l'extérieur.Le jour où le la petite ficelle huilée avec on ne sait quoi....va lâcher pour cause d'usure, le taux des OAT va sacrément morfler !

  • remimar3 le vendredi 3 juin 2016 à 18:46

    C'est quoi un actif risqué ? Une banque trop exposée aux produits dérivés et aux obligations haut rendement ?