Les actions "évoluent clairement en zone d'excès" pour Pictet WM

le , mis à jour à 18:32
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''Les valorisations des actions aux Etats-Unis et en Europe évoluent clairement en zone d'excès'', affirme Pictet WM.
''Les valorisations des actions aux Etats-Unis et en Europe évoluent clairement en zone d'excès'', affirme Pictet WM.

Les actions européennes et américaines sont toujours à des niveaux de valorisation particulièrement élevés, remarque Pictet Wealth Management. Les risques semblent désormais accrus, mais la politique monétaire accommodante de la BCE, en toile de fond, devrait encore soutenir les marchés.

Depuis trois semaines, les marchés d’actions européens sont particulièrement tendus. Le principal risque de court terme est, de manière évidente, l’épineux dossier grec. En parallèle de ce sujet très médiatisé, d’autres variables économiques sont prises en compte par les investisseurs.

Croissance molle et interrogations sur la Chine

« La croissance au sein des économies développées s’accélère progressivement, mais reste relativement faible », remarque Christophe Donay, responsable de l’allocation d’actifs et de la recherche macroéconomique chez Pictet Wealth Management.

L’économie d’outre-Atlantique resterait néanmoins sur la bonne voie : « en ce qui concerne les Etats-Unis, nous prévoyons toujours une accélération au 2e trimestre. […] Les données publiées début juin sont encourageantes », affirme Pictet WM.

Un risque de plus en plus prégnant provient néanmoins de la conjoncture chinoise. « La Chine est actuellement la région la plus inquiétante de l’économie mondiale, le pays cherchant toujours à stabiliser son niveau de croissance. Nous ne doutons certes pas que les autorités feront ce qu’il faudra pour éviter un ralentissement sévère et pour stimuler une reprise modeste d’ici la fin de l’année, mais elles paraissent un peu en retard », remarque la société de gestion.

Les interrogations sur le parcours chinois concernent surtout les niveaux de valorisation des marchés d’actions, comme nous le relevions dernièrement dans notre article « Nouvelle bulle sur la Bourse chinoise ? ».

Des valorisations très élevées en Bourse

Pour Pictet, un autre risque non négligeable provient des niveaux actuels de valorisation des marchés. « Les valorisations des actions aux Etats-Unis et en Europe évoluent clairement en zone d’excès. Par exemple, le ratio PER à 12 mois est de 16,8 pour l’indice S&P 500 et de 15,8 pour l’indice Stoxx 600, alors que les moyennes historiques (depuis 1988, à l’exclusion des bulles) se situent à 14 et 11,7 respectivement ».

La société de gestion poursuit : « la tendance haussière [de ces dernières années] est ainsi imputable à l’expansion des valorisations plutôt qu’à la croissance des bénéfices ».

Pour autant, la hausse des valorisations pourrait encore se poursuive grâce au plan de relance monétaire de la BCE. « Dans ce contexte de politique monétaire favorable, et si l’on suppose que la croissance économique correspondra aux anticipations, les marchés actions devraient rester haussiers, à moins d’un choc majeur », explique Pictet WM.

Pas d’excès de pessimisme

La société de gestion reste ainsi relativement optimiste à plus long terme, évoquant une « poursuite possible de la tendance haussière des marchés actions ».

Les craintes d’un « coup d’arrêt » sur les marchés d’actions américains à cause de la hausse des taux de la Fed seraient excessives. Pour Pictet WM, la hausse va être beaucoup plus progressive qu’on ne le pense. « Le premier relèvement de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait n’être que de 0,125 point. Les banques centrales entendent en effet éviter de trop perturber les marchés financiers, car cela pourrait provoquer un dérapage de la reprise économique », explique la société de gestion.

De son côté, la société de gestion Henderson GI remarque que les turbulences boursières devraient perdurer à court terme à cause des rebondissements à venir sur l'éventuel défaut grec. Toutefois, la baisse des marchés provoquée par ces doutes pourrait créer des opportunités sur les marchés européens. « La baisse du nombre de transactions en Europe liée à la période estivale devrait être une nouvelle source de turbulences pour le marché, mais les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs à l’origine de la volatilité actuelle devraient en fin de compte rendre une fois de plus l’Europe attractive », explique Henderson GI.

X. Bargue

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  • melvyn1 le jeudi 18 juin 2015 à 16:03

    oui, et en plus les sociétés ont drolement dégraissé leurs personnels............................(voir chomage très élevé en europe !