Grèce : "Les négociations devraient se poursuivre toute la nuit" (Aurel BGC)

le , mis à jour à 14:13
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La Grèce y verra plus clair sur son avenir après les différentes réunions d'urgence de ce lundi.
La Grèce y verra plus clair sur son avenir après les différentes réunions d'urgence de ce lundi.

La « réunion de la dernière chance » sur le dossier grec débute ce lundi en fin de journée. Plusieurs déclarations ont provoqué un regain d’optimisme sur la possibilité d’un accord. Christian Parisot, Jean-Louis Mourier et Fabien Laurenceau d’Aurel BGC font le point sur la situation.

Les marchés européens s’envolaient de plus de 3% lundi 22 juin en matinée grâce à l’espoir d’une solution imminente sur le dossier grec. À 12h15, le CAC40 gagnait 3,20% et l’Athex de la bourse d’Athènes s’adjugeait même 8% à 12h. Les discussions prévues ce jour autour de la Grèce s’annoncent pourtant complexes, au point de durer probablement pendant une partie de la nuit.

Multiples discussions pour un accord de dernière minute

Aurel BGC explique ainsi : « aujourd'hui, une réunion des ministres des finances de la zone euro, un Eurogroupe, est prévue dans la journée, mais les regards se porteront sur le sommet extraordinaire des chefs d'Etats et de gouvernements de la zone euro en fin de journée. Les négociations devraient se poursuivre toute la nuit ».

« Le premier ministre grec Alexis Tsipras a multiplié les contacts avec les dirigeants européens et les créanciers de la Grèce durant le week-end et défendu les « nouvelles propositions » d'Athènes selon la presse. Il a transmis de nouvelles propositions, qualifiées par la Commission Européenne de « bonne base de progrès » ce matin ».

Les trois auteurs poursuivent : « Martin Selmayr, le chef de cabinet du président de la Commission Européenne, a indiqué sur son compte twitter « Bonne base pour des progrès (...) au sommet de la zone euro » avant d'ajouter en allemand, sa langue natale, « eine Zangengeburt », ce qui signifie accouchement aux forceps ».

« Le ministre d'Etat Alekos Flambouraris avait indiqué, samedi, que les Grecs pourraient ajuster leur offre. Interrogé sur la chaîne de télévision Mega, il a évoqué plusieurs pistes pour réaliser quelques centaines de millions d'euros d'économies supplémentaires : accélérer la suppression des pré-retraites et baisser le seuil de taxation des bénéfices des entreprises »,

La situation reste néanmoins critique

Un total retournement de situation face à l’impasse de la semaine dernière semble cependant difficilement envisageable. La situation reste critique sur plusieurs points.

Aurel BGC explique ainsi : « un rendez-vous est prévu entre Alexis Tsipras et le président du Conseil européen Donald Tusk, Jean-Claude Juncker, Christine Lagarde, Mario Draghi, et Jeroen Dijsselbloem avant le sommet prévu en début de soirée. La possibilité d'une sortie de la Grèce de la zone euro, même si ce processus inédit n'a rien de mécanique en cas de défaut, a été évoquée ouvertement ces derniers jours. La situation reste donc tendue ».

Christian Parisot, Jean-Louis Mourier et Fabien Laurenceau rappellent également que « les Grecs se prémunissaient vendredi contre la possible instauration d'un contrôle des capitaux en cas d'échec du sommet européen de lundi. Ils auraient retiré de leur banque 31,5 Mds € de décembre à avril, et le mouvement se serait accéléré depuis. Rien que la semaine dernière, au moins trois milliards seraient partis, selon la presse. À titre de comparaison, 4,7 milliards ont été retirés des banques en avril, dernier mois pour lequel les chiffres officiels sont disponibles. Ces retraits devraient pousser le gouvernement grec à trouver une solution rapide ».

Par ailleurs, « la BCE a aussi relevé vendredi, pour la deuxième fois en une semaine - une première depuis février - le plafond de son financement d'urgence (ELA) aux banques grecques. Selon Reuters, qui cite une « source officielle » grecque, cette deuxième hausse serait de 1,8 milliard d'euros. Le gouverneur de la Banque de Grèce a assuré vendredi de la stabilité du système bancaire grec », ceci grâce aux actions coordonnées de la BCE et de la Banque de Grèce.

Néanmoins, soulève Aurel BGC, « le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) affirme, pour sa part, dimanche que ni le versement au FMI ni les dépenses intérieures ne pourraient être assurés. Sans accords cette semaine, l'Etat grec pourrait être en grande difficulté. »

La Russie prête à intervenir

Nous évoquions vendredi dernier le rôle que pourrait jouer la Russie vis-à-vis de la Grèce en cas d’absence d’accord (lire l’article détaillé).

Les économistes d’Aurel BGC confirmaient lundi matin une telle éventualité en rapportant les propos tenus vendredi par Arkadi Dvorkovitch, vice-Premier ministre russe. « Nous soutiendrons toute solution sur un règlement de la crise de la dette grecque qui sera proposée par la Grèce et par nos partenaires européens », a-t-il déclaré dans un entretien télévisé rapporté par l’agence Tass. Le vice-Premier ministre a également déclaré : « pour nous, les choses les plus importantes sont les projets d'investissement et les échanges commerciaux avec la Grèce. Si un soutien financier est requis, nous examinerons la question ».

X. Bargue

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

La crise grecque : les principaux acteurs.
La crise grecque : les principaux acteurs.

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  • msoulie3 le lundi 22 juin 2015 à 14:33

    Cela est bien insupportable. Ils ne veulent, ni aujourd'hui ni demain, payer ce qu'ils ont reçu par differents prêt s dont la charge sera reparti sur les autres.Alors, dehors aujourd'hui et tout de suite....

  • msoulie3 le lundi 22 juin 2015 à 14:30

    Voila un intervention pleine de bon-sens. Alors adieu le gouvIl y a en Grèce un actif pour deux retraités; Le service des retraites absorbe 16% du PIB. Avec le régime crétois, les grecs ont une espérance de vie très supérieure à celle des autres pays; De plus ils travaillent beaucoup moins et partent à la retraite plus jeunes avec seulement 15 ans ce cotisations. Et Normal 1er croit à un accord durable! de qui se moque-t-on?

  • LERINS le lundi 22 juin 2015 à 14:28

    Tous les marathons de négociations ne changeront pas une réalité incontournable. L'économie grecque aurait besoin d'un euro beaucoup plus faible (autour de 0,70 pour un dollar) pour redevenir compétitive. Le problème est donc de savoir si nos dirigeants veulent continuer à entretenir l'illusion en remplissant encore le tonneau des Danaïdes ou s'ils ont le courage politique d'arrêter les frais de cette mauvaise farce pour les contribuables européens...

  • lleonar2 le lundi 22 juin 2015 à 14:27

    toute une nuit ?? d'après vous qui regrette d'être absent ? hu.mmm

  • jgomez1 le lundi 22 juin 2015 à 14:27

    Très rigolos ces grecs. Si nous les sortons de l'eau à quand le nouveau plongeon ?

  • M4837592 le lundi 22 juin 2015 à 14:26

    Les grecs ont tellement confiance en leur pays qu'ils foutent tout le pognon à l'étrangers depuis 6 mois.

  • Mauzarte le lundi 22 juin 2015 à 14:25

    Il y a quelques années, sous l'ancien gouvernement grec, c'est la banque américaine Goldmann&Sachs qui a maquillé les chiffres de l’endettement grec pour qu'il obtienne encore plus de l'UE. Cette banque a touché pour son ""travail" 800 millions d'€ . Sera t-elle condamnée ? .. et devra t-elle rembourser cet abus de confiance ?

  • dwarf59 le lundi 22 juin 2015 à 14:23

    no comment

  • M4837592 le lundi 22 juin 2015 à 14:23

    Et pendant ce temps moi je dormirai comme un bébé sachant qu'il ne sortira rien de bla bla bla.

  • ppsoft le lundi 22 juin 2015 à 14:19

    Toute la nuit. Eh oui. Il parait qu'on trouve facilement des arrangements sur l'oreiller.