Fed : une remontée des taux en mars 2016 est devenue "le scénario le plus probable" (Pictet WM)

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La remontée des taux de la Fed, après avoir été envisagée en juin 2015 puis en septembre, commence à être désormais envisagée en mars 2016.
La remontée des taux de la Fed, après avoir été envisagée en juin 2015 puis en septembre, commence à être désormais envisagée en mars 2016.

Les marchés restent orientés positivement vendredi 16 octobre, sur fond de sentiment désormais positif en ce qui concerne un éventuel report des taux de la Fed à l’après-2015. Pour Pictet Wealth Management, la date la plus probable pour la prochaine hausse est désormais mars 2016.

Les indicateurs économiques restent assez décevants depuis le début de la semaine, mais cela ne freine pas l’optimisme des opérateurs de marché. Depuis quelques séances, les « mauvaises nouvelles » économiques semblent même interprétées comme des « bonnes nouvelles », dans le sens où celles-ci renforcent la probabilité d’une action des banques centrales pour soutenir la croissance économique et donc les marchés. Pictet Wealth Management va dans ce sens, mais explique que les prises de décision des banques centrales ne sont pas si simples, dans une note de marché diffusée jeudi soir.

Les banques centrales peinent elles-mêmes à y voir clair

Les banques centrales cherchent avant tout une chose : lisser les cycles économiques en employant différents leviers pour soutenir l’économie lorsque celle-ci va mal, et éviter un emballement lorsque la situation va mieux. En ce sens, les banques centrales sont actuellement « enclines à limiter la volatilité des marchés, afin de préserver l’effet de richesse créé par l’assouplissement quantitatif », tout en maintenant des taux faibles pour soutenir le rythme de la croissance économique rappelle Christophe Donay, chef stratège chez Pictet AM.

« Toutefois, l’ambition des banques centrales de limiter la volatilité des marchés est actuellement bridée, car leurs politiques manquent de coordination, tout en étant de plus en plus incertaines », explique-t-il.

Le « manque de coordination » fait bien sûr référence aux directions contraires que prennent d’un côté la Fed, qui veut remonter ses taux dans un avenir proche, et de l’autre côté la BCE (ou la Banque du Japon), qui pourrait au contraire accélérer sa relance monétaire avec une prolongation du « quantitative easing ». Mais ce n’est pas tout : « les banques centrales des marchés émergents sont [également] prises entre deux feux : le besoin de réduire les taux d’intérêt pour contrecarrer la faiblesse de la croissance économique et la nécessité de les augmenter pour réduire les fuites de capitaux à l’approche du premier relèvement de taux de la Fed », relève Christophe Donay.

Ainsi, poursuit ce dernier, « les intentions des banques centrales restent floues. Ceci est en partie dû [au fait que] l’économie mondiale étant faible, les banques centrales doivent toujours davantage tenir compte, dans leurs prises de décisions, des conditions économiques exogènes, sur lesquelles elles n’ont aucun contrôle ».

Pour cette raison, « le scénario le plus probable pour la banque centrale [américaine] consistera sans doute à attendre mars 2016 avant de remonter ses taux », affirme la société de gestion, qui estime sans surprise que le rythme de hausse des taux sera ensuite très progressif. « Nous tablons ainsi sur des relèvements de taux limités à 75 points de base entre aujourd’hui et fin 2016 », mentionne la même source. Le taux directeur de la Fed fluctuant actuellement « entre 0% et 0,25% », ceci amènerait les taux « entre 0,75% et 1% » en fin d’année prochaine.

Marchés : nervosité maintenue

L’actuelle situation inconfortable sur les marchés pourrait ainsi rester en trame de fond pour encore quelque temps, estime Christophe Donay : « Le manque de visibilité économique devrait perdurer. En particulier, la transition économique ralentie en Chine est loin d’être terminée, et il faudra du temps à son économie pour se stabiliser sur une trajectoire plus stable. Le pays restera donc une source d’instabilité pour l’économie mondiale ».

Pictet WM s’attend néanmoins à des indicateurs économiques plus encourageants en Chine pour le quatrième trimestre. Natixis AM faisait hier le même pari (lire détail).

« Ainsi, d’un côté, les banques centrales soutiennent globalement les marchés, étayant un scénario de hausse des actions. Mais, de l’autre, malgré leur bonne volonté, la désynchronisation des politiques des banques centrales et les incertitudes quant à l’évolution de ces dernières sont synonymes du maintien d’une volatilité forte », conclue Pictet WM.

Lire aussi sur le même sujet : Marchés : trop d'attentes autour de la Fed et de la BCE ? (CMC Markets)

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • olive84 le vendredi 16 oct 2015 à 15:56

    La compétence la plus importante pour être à la FED c est la procrastination....

  • M4633794 le vendredi 16 oct 2015 à 15:53

    En Mars peut-être... En 2016, c'est moins sûr!