Bourse : « Le marché en veut ! » (Carmignac)

le , mis à jour à 19:33
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Carmignac constate que les marchés retrouvent une tendance haussière à court terme et fait le choix de surfer la vague malgré un scepticisme toujours très affirmé.
Carmignac constate que les marchés retrouvent une tendance haussière à court terme et fait le choix de surfer la vague malgré un scepticisme toujours très affirmé.

Malgré son invariable scepticisme, Carmignac commence à redevenir « bullish » sur les marchés. La société de gestion ne croit pas à l’amélioration des fondamentaux économiques, mais admet que « le marché en veut » et augmente donc son exposition aux actions.

Depuis septembre 2015, Carmignac se distingue par son discours méfiant vis-à-vis de la conjoncture économique mondiale et vis-à-vis de la tendance des marchés boursiers. Pourtant, tout en gardant un discours très sceptique sur ces thématiques, la société de gestion est en train de changer de stratégie pour s’adapter à la tendance haussière des marchés. Ceux-ci ont en effet effacé la quasi-totalité de leur baisse de début d’année. Plus aucun sujet n’effraie les investisseurs, pas même l’échec des négociations à Doha qui visaient à limiter l’offre mondiale de pétrole.

Dans ce contexte, Carmignac passe à la vitesse supérieure et revient à l’achat sur les marchés actions même si la visibilité reste relativement faible à moyen-long terme. La société de gestion tente ainsi de surfer la vague boursière tout en étant consciente du risque de ressac.

Opportunisme

En effet, « On a rarement vu un tel marché haussier dans un tel contexte d’incertitudes », résumait mardi 19 avril Frédéric Leroux, gérant global chez Carmignac, lors d’une conférence de presse donnée à Paris. « Le marché veut croire à une amélioration de la conjoncture, et cela profite aux valeurs qui avaient précédemment massacrées » ajoute-t-il, citant notamment les valeurs du secteur pétrolier et du secteur minier.

Les incertitudes précédemment évoquées concernent notamment la soutenabilité de l’endettement privé chinois, la profitabilité des entreprises américaines, le risque de « stagflation » aux Etats-Unis (croissance faible, inflation élevée) ou encore la tenue dans deux mois du référendum sur le « Brexit ». Pas plus tard qu’il y a 15 jours, Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac, affirmait par ailleurs que l’efficacité des plans de relance monétaire des banques centrales seraient des « échecs inéluctables ».

Face à ces risques, Frédéric Leroux s’aligne sur la position de Didier Saint-Georges en affirmant que « ce répit [boursier] n’est qu’un répit et non le début d’une tendance plus favorable ». Mais à court terme, Carmignac joue clairement la carte de l’opportunisme, du plus en plus présente dans son jeu depuis le mois de mars.

« Le marché en veut ! »

En effet, 32% du fonds Carmignac Patrimoine est désormais investi en actions, sachant que ce fonds ne peut pas dépasser 50% d’exposition aux marchés actions dans le meilleur des cas. La différence est désormais flagrante par rapport à l’automne et l’hiver derniers, au cours desquels ce même fonds n’a été exposé aux marchés actions qu’à hauteur de 5% à 7%.

« Il n’y a pas de raison que l’on diminue à court terme notre exposition aux actions car le marché en veut », commente Frédéric Leroux, qui va jusqu’à affirmer que « Si l’appétence au risque du marché reste élevée, nous pourrions envisager de renforcer notre exposition » sur les marchés actions. « On a fait partie de ceux un peu trop méfiants en février », reconnaît-il, n’ayant pas cru dans un premier temps à la puissance du rebond enclenché à partir du 11 février dernier.

Choix de valeurs

Pour surfer cette vague boursière, Carmignac fait des choix très ciblés.

Du côté des valeurs de croissance, la société de gestion possède en portefeuille les célèbres fleurons de l’économie américaine (Alphabet ex-Google, Facebook, Amazon, Microsoft, en ayant récemment ajouté LinkedIn).

Pour surfer sur le rebond des cours de l’or, Carmignac a rajouté quatre valeurs aurifères à ses portefeuilles lors du dernier trimestre, avec Goldcorp Mineral, Newmont Mining, Franco Nevada et Silver Wheaton. La société s’est également exposée aux valeurs de l’énergie et du pétrole pour jouer le rebond des cours du pétrole.

La grande conviction de Carmignac reste les valeurs du secteur de la santé/longévité, qui représentent 30% du fonds Carmignac Investissement, contre 13% alloués au secteur énergétique, 19% aux valeurs technologiques ou encore 20% alloués aux valeurs Internet.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • mlaure13 le jeudi 21 avr 2016 à 08:48

    Carmignac s’interroge avec logique, en considérant la complète déconnexion de la finance débridée avec la réalité des fondamentaux...et la chute sera terrible pour beaucoup .

  • y.domaig le mercredi 20 avr 2016 à 17:31

    pourquoi ne pas admettre qu'ils se sont trompés ? Ils ne regardent que les mauvaises nouvelles et ils en trouveront toujours une, ou deux, ou trois...ils refusent par contre de regarder les bonnes pour éviter de se contredire.

  • brinon1 le mercredi 20 avr 2016 à 17:04

    IL semble que Carmignac ait quelques difficultés depuis deux ans à s'orienter, le présent "article-interview" le confirmerait.

  • isadol15 le mercredi 20 avr 2016 à 14:31

    Carmignac gère des 10zaines de milliards d'€ ... et réagit comme un petit porteur débutant (je vends quand ça baisse, j'achète quand ça monte)je trouve ça inquiétant

  • coriolix le mardi 19 avr 2016 à 18:34

    Ils vont se prendre une toise !

  • M3182284 le mardi 19 avr 2016 à 18:18

    Bull à la hausse, bear à la baisse....

  • fquiroga le mardi 19 avr 2016 à 18:14

    Eureka, ils ont découvert l'eau chaude!!!!!!

  • jmlhomme le mardi 19 avr 2016 à 18:12

    Avec des taux d'nteret negaifs, tout le monde a interet à s'exposer en actions. Le CAC devrait monter à 5000 au moins avant la fin de l'année

  • M5066236 le mardi 19 avr 2016 à 18:10

    surtout qu'ils ont forcément acheté et ensuite ils disent qu'ils sont bulls, donc ça fait un acheteur de moins

  • mlaure13 le mardi 19 avr 2016 à 18:08

    Le terme bullish s'applique à un investisseur long, qui pense que le marché, un titre ou un secteur va connaître une hausse et qui souhaite acheter pour ensuite revendre et dégager une plus-value. Etre bullish implique des prises de position longue sur les actifs et sur les marchés où l'anticipation de l'investisseur est haussière.