Bourse : le « Bunny Market » se poursuit

le , mis à jour à 18:19
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Le CAC40 évolue depuis bientôt trois mois sans direction claire entre 4.250 et 4.600 points, alternant petits rebonds et petites rechutes.
Le CAC40 évolue depuis bientôt trois mois sans direction claire entre 4.250 et 4.600 points, alternant petits rebonds et petites rechutes.

Depuis trois mois, les marchés actions peinent à retrouver une tendance nette, alternant hausses et baisses sans qu’un mouvement clair s’impose. Malgré les soubresauts de ce « Bunny Market », les actions restent plus attractives que les obligations, affirme Allianz GI.

Depuis trois séances, l’enthousiasme fait son retour sur les marchés actions : le CAC40 est parvenu à s’affranchir mardi de la barre des 4.350 points en-dessous de laquelle il était resté cantonné pendant deux semaines, lui ouvrant l’accès au seuil des 4.500 points jeudi 26 mai.

Les explications de la hausse des marchés depuis trois jours sont peu nombreuses, en-dehors d’un sentiment diffus d’éloignement du Brexit, d’une poursuite sans heurt du programme de prêt à la Grèce, d’un maintien des prix du pétrole autour du niveau des 50 dollars/baril et de plutôt bonnes statistiques conjoncturelles publiées aux Etats-Unis.

Actions : une situation de « Bunny Market »

L’épisode haussier des dernières séances s’inscrit dans la succession de mouvements contradictoires enregistrés sur les marchés actions européens depuis le début du mois de mars.

En France par exemple, restant comprimé entre 4.250 et 4.600 points, le CAC40 peine toujours à trouver une direction claire après la forte baisse de début d’année et le fort rebond enregistré dans la deuxième moitié du mois de février. Evoluant par petits bonds tout en faisant du surplace, les marchés européens ont tout d’un « Bunny Market », tout en gardant une volatilité réduite par rapport aux séances agitées de début d’année.

La visibilité sur les grandes tendances macroéconomiques reste faible et explique ce manque de direction claire des indices boursiers depuis quelques mois. Malgré cela, Allianz GI publiait jeudi une note de marché résolument favorable aux marchés actions, dans une optique d’investissement de long terme, tout en prévoyant une probable accélération de la volatilité des marchés à court terme.

En effet, à long terme, Allianz GI « privilégie les actifs risqués, et entre autres les actions, par rapport aux obligations », même si « ces actifs risqués vont sans doute subir de fortes turbulences à court terme, alimentées par la hausse de la volatilité ».

Choisir les actions pour leurs dividendes plus que pour leur potentiel d’appréciation

Allianz GI reconnaît pourtant que le potentiel de hausse des actions semble limité à l’heure actuelle.

« Comme il n’y a globalement pas eu de croissance des profits des entreprises européennes depuis 2010, la hausse du marché s’est traduite par une forte expansion des multiples de valorisation, expansion qui devrait cesser en 2016 » estime la société de gestion.

Si Allianz GI s’affiche favorable aux actions, ce n’est donc pas pour parier sur une véritable hausse des marchés, mais plutôt pour en capter les dividendes.

« Dans un monde marqué par la faiblesse des taux de croissance et de rendement, les dividendes restent une composante clé de la performance des actions » affirme la société de gestion d’actifs, qui rappelle toutefois qu’« une grande vigilance s’impose dans la mesure où 70% des sociétés dont le rendement est supérieur à 4% se trouvent dans le secteur des utilities, des matières premières et des financières », à savoir les secteurs les plus volatils en bourse depuis le début de l’année.

Les actions restent plus attrayantes que les obligations

L’autre raison de cette préférence pour les actions, c’est le sentiment que les marchés obligataires sont arrivés depuis déjà quelque temps en zones d’excès, avec des rendements devenus très faibles voire négatifs pour de nombreux emprunts.

« Les marchés de taux sont plus que jamais déconnectés des fondamentaux économiques, avec plus de 7.800 milliards de dollars d’emprunts d’Etat en taux négatif » remarque ainsi Franck Dixmier, directeur de la gestion obligataire chez Allianz GI. Pour avoir un ordre de grandeur, la somme mentionnée représente environ 4 fois le montant de la dette publique française.

« La longue période de hausse du marché obligataire a probablement touché à sa fin » ajoute Andreas Utermann, directeur général d’Allianz GI. « Les rendements des obligations à long terme devraient remonter, sous l’effet combiné de valorisations élevées et d’une hausse -modérée- des taux de la Fed ». Et pour rappel, lorsque les taux de marché remontent, la valeur d’échange des obligations déjà cotées baisse.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • nestotor il y a 7 mois

    Exigez le lapin