« 2016 annonce le réveil des marchés aux réalités économiques » (Carmignac)

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Le ralentissement chinois reste un gros sujet pour l'année 2016 explique Didier Saint-Georges, alors que le pays paie actuellement ses excès passés.
Le ralentissement chinois reste un gros sujet pour l'année 2016 explique Didier Saint-Georges, alors que le pays paie actuellement ses excès passés.

Les marchés poursuivent leur mauvais début d’année 2016 avec une nouvelle chute des indices européens d’environ 2% mercredi 6 janvier. Pour sa part, Carmignac affiche plus que jamais son pessimisme pour les douze prochains mois dans une note mensuelle parue mercredi.

« Anesthésiés par six années de politiques monétaires ultra-accommodantes, les marchés auront finalement pu continuer en 2015 à ignorer très largement les réalités économiques », affirme Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac. Cette situation serait néanmoins sur le point de prendre fin alors que « 2016 annonce le réveil des marchés aux réalités économiques », estime-t-il.

Trop de dettes à l’échelle mondiale

Carmignac affiche régulièrement sa défiance vis-à-vis des marchés boursiers depuis plusieurs mois. « Pour mémoire, la fragilité qui nous préoccupe réside principalement dans le manque croissant de flexibilité, autrement dit de capacité d’absorption de chocs éventuels, dont souffre la plus grande partie de l’économie mondiale », explique Didier Saint-Georges.

« Cette fragilité provient du niveau d’endettement des gouvernements, entreprises et personnes physiques, que les Banques centrales ont entretenu depuis 2009 en en subventionnant le coût de façon radicale », poursuit-il. « Depuis 2000, le taux d’endettement (public et privé) des États- Unis est ainsi passé de 200% à 280%, celui du Japon de 420% à 510%, celui de la Grèce de 180% à 320%, celui de l’Espagne de 180% à 400%, celui de la Chine de 120% à 300% ».

En conséquence, « ces niveaux mutilent le potentiel de croissance, dont la faiblesse empêche en retour le taux d’endettement de baisser. Le cercle infernal est enclenché, qui rend l’économie très vulnérable au prochain ralentissement cyclique, comme il l’expose tout autant à une remontée du coût de l’argent », affirme le membre du comité d’investissement de Carmignac.

« Dans le même temps, après six années d’expansion, les indicateurs d’activité manufacturière des États-Unis sont désormais passés en zone récessive et la consommation de services elle-même a commencé de s’affaiblir. Parallèlement, la Chine continue de ralentir. Le télescopage entre cycle économique et cycle de taux est en marche. L’illusion monétaire touche à sa fin ».

La Chine paie ses excès passés

Depuis plusieurs séances, ce sont surtout les doutes sur la Chine qui reviennent de plus belle avec la dégradation des indicateurs d’activité PMI, aussi bien pour l’industrie que pour les services. Pour Didier Saint-Georges, ce phénomène est la conséquence des excès des années précédentes.

« La Chine, et à sa suite l’ensemble de l’économie mondiale, paie encore le prix aujourd’hui de l’énorme programme de soutien économique de 2008, qui évita au pays une chute catastrophique d’activité, mais au prix d’une expansion excessive du crédit et de l’accumulation de capacités encore largement excédentaires à ce jour », explique-t-il

« Le rééquilibrage de l’économie vers les activités de services a déjà fait chuter le prix des matières premières et contaminé l’ensemble du monde émergent à divers degrés. Mais il déprime aussi la profitabilité de nombreuses industries dans le monde par sa contribution considérable aux capacités excédentaires globales ».

Pour le membre du comité d’investissement de Carmignac, « il n’est pas exclu que la Chine doive renoncer cette année à son ambition claironnée d’une monnaie stable. Une dévaluation importante du Renminbi allégerait alors son propre fardeau économique, mais accélèrerait l’exportation de sa problématique de surcapacités industrielles au reste du monde, émergent comme développé ».

L’Europe, une fausse bonne idée ?

De nombreuses sociétés de gestion estiment qu’en 2016, les marchés européens pourraient encore offrir de belles perspectives grâce à la reprise économique qui se poursuit, tandis que les marchés émergents restent incertains à court terme et que les marchés américains risquent de peiner à progresser significativement cette année. Mais pour Didier Saint-Georges, le choix de l’Europe est lui aussi contestable.

« Le décalage de cycle économique aura fait de l’Europe en 2015 l’un des rares lieux au monde affichant une amélioration conjoncturelle. Mais celle-ci, malgré une baisse du coût de l’énergie de moitié, une baisse de l’euro de 25% et une baisse historique des taux d’intérêt, n’a pu porter finalement le rythme de croissance annuel qu’à environ 1,5%, insuffisant pour stabiliser l’endettement et relancer la création d’emplois », relativise-t-il.

Par ailleurs, « cette performance est finalement atteinte au moment où la locomotive allemande commence à ralentir : déclin de la dynamique de productivité, baisse de la profitabilité, exposition au cycle mondial », explique-t-il, alors même que l’Etat allemand « rencontre ses premières difficultés politiques » avec des « tensions au sein de la coalition gouvernementale au sujet de la politique migratoire ».

En somme, en 2016, face aux nombreux risques évoqués, Didier Saint-Georges estime qu’« il sera capital de savoir s’affranchir des habitudes de gestion qui convenaient aux six années passées ». Un bel euphémisme pour expliquer qu’il serait temps de se désinvestir des marchés actions alors que les risques globaux augmenteraient progressivement.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • KRIST17 il y a 11 mois

    si ça pouvez faire remonter le placement dans la pierre, j'en ai un peu à vendre

  • M7530382 il y a 11 mois

    je me marre en vous lisant....mais si je n'ecris pas c'est tout simplement parce que j'en ai raz la casquette de reformuler 50 fois le meme message pour qu'il arrive à passer....perte de temps inoui....vous avez bien du courage et de temps à perdre!

  • salar12 il y a 11 mois

    Pas sûr que cette histoire de cycle soit encore valable, nous sommes dans un scénario nouveau post-mondialisation, qui va voir la répartition des pauvres/chômeurs sur la planète, la croissance restera faible jusqu'à ce qu'on trouve comment faire participer tout le monde. Cela dit, croissance faible ne veut pas dire bourse qui baisse car les PER restent raisonnables dans de nombreux secteurs (hors internet) et n'anticipent pas une croissance violente des résultats.

  • mlemonn4 il y a 11 mois

    Si vous aviez suivi les forums, Il y a bien longtemps que je dis que ces marchés étaient surévalués et n'avaient rien à faire à ces niveaux là compte tenu des perspectives économiques surlesquelles 98% de nos spécialistes fantasmaient ! le retour du boomerang risque à nouveau fort désagréable, d'autant pour la France dont on voit la faillitte au quotidien du système politique, économique et social ! Mon discernement a une constance, l'urgence de réformes structurelles profondes avant le chaos !

  • M7346902 il y a 11 mois

    Carmignac mauvais perdant qui souhaite la baisse des marchés Européen après s' en $etre éloigné depuis des mois, à tort .Donc en résumé : mauvaise anticipation, mauvais perdant ... bref , MAU-VAIS .ceci dit il y a encore plus mauvais que lui : il y a MOI, qui possede des C' Patrimoine en portif !

  • dgui2 il y a 11 mois

    Et puis, vous savez, personnellement, il y a longtemps que je n'ai plus de Carmignac dans mes placements. Ce n'était pas le sujet. Je dis simplement que voici plusieurs mois qu'ils répètent la même chose et que la réalité commence à leur donner raison, c'est tout.

  • dgui2 il y a 11 mois

    Vous saviez tout ça depuis très longtemps, mlemonn4 ? C'est bien. Mais alors vous auriez dû nous en faire part sur ce forum où vous n'avez pas fait grand-chose d'autre que de toujours TOUT CRITIQUER sans grand discernement, je dois dire ....

  • Mauzarte il y a 11 mois

    Le réveil des marchés aux réalités en 2016 ? Oups : Tous aux abris : ce mercredi 6 janvier j'écoute CALVI à 17h50 pour écouter ses invités.

  • mlemonn4 il y a 11 mois

    Oui et alors , quand on voit les pauvres performances de Carmignac Patrimoine et Carmignac investissement, vous n'avez pas de quoi pavoiser ! Fallait il encore prendre les bonnes décisions de gestion et pas nous dire après coup, la vérité de la palice, que tout non spécilaite savait déjà depuis très longtemps ! ces marchés ont été orchestrés de main de mâitre par les banques centrales et leurs bras séculiers, ceux-là mêmes qui ont provoqué la crise financière qui va se répéter à nouveau !

  • dgui2 il y a 11 mois

    Il faut au moins rendre cette justice à CARMIGNAC, c'est qu'ils ont de la suite dans les idées. Voila plusieurs mois qu'ils répètent ce message. Ils finiront un jour, peut-être, par avoir RAISON ......