Aller au contenu principal
Fermer

Impôts : la suppression de l'ISF, bonne idée ou un échec ?

information fournie par Moneyvox 11/02/2022 à 08:45

Est-ce que supprimer l'ISF s'est révélé une bonne idée ? ( Crédits: ©  pict rider - stock.adobe.com)

Est-ce que supprimer l'ISF s'est révélé une bonne idée ? ( Crédits: © pict rider - stock.adobe.com)

Très controversée, la décision de supprimer l'ISF est-elle vraiment contestable ? Le point sur les avantages et les inconvénients de cette mesure indissociable du quinquennat d'Emmanuel Macron.

Par MoneyVox,

Après presque 5 années de réformes, c'est l'heure du bilan pour le chef de l'Etat. Et impossible d'oublier l'une des mesures prises en premier, et parmi les plus contestées : la suppression de l'Impôt de solidarité sur la fortune, ou ISF. L'objectif ? Alléger la fiscalité d'une partie des contribuables les plus aisés afin de les inciter à investir davantage dans l'économie et à rester en France. Mais quels ont été les réels effets de ce changement majeur ?

L'ISF a laissé place à l'IFI

Si l'Impôt de solidarité sur la fortune a bel et bien été supprimé, une autre taxe a en réalité pris sa place : l' Impôt sur la fortune immobilière . Nom de code ? IFI. Une mesure qui n'était pas une surprise, celle-ci figurait au programme d'Emmanuel Macron lors de sa candidature, mais qui a entaché son image dès le début de son mandat, taxé alors de "président des riches". Il faut dire que l'ISF était un impôt historique, dont le principe a été mis en place en 1982 par François Mitterrand, abrogé ensuite par Jacques Chirac, puis réintégré à nouveau par le président Mitterrand en 1988. Remanié à plusieurs reprises, sa vocation était alors de financer le RSA, auparavant appelé "revenu minimum d'insertion".

Avec la suppression de l'ISF, et l'entrée en vigueur de l'IFI, Emmanuel Macron s'est attiré les foudres d'une partie de la population et de la classe politique. En cause ? Comme son nom l'indique, l'IFI concerne uniquement le patrimoine immobilier, alors que l'ISF prenait aussi en compte le patrimoine financier et une partie des biens professionnels. L'ambition poursuivie grâce à la mise en place de cette exonération partielle était ainsi d'éviter les expatriations des plus fortunés, et de pousser à l'investissement dans les PME et les ETI françaises.

A lire aussi : Impôts : supprimer la taxe d'habitation, était-ce vraiment une si bonne idée ?

Fallait-il vraiment supprimer l'ISF ?

L'exonération partielle d'une partie de la fortune des ménages soumis à l'ISF a suscité de vives critiques. Les arguments développés par Emmanuel Macron sont que l'ISF "coûte cher à nos entreprises et à notre économie" en incitant de nombreux Français "à s'expatrier chaque année", alors même que cet impôt représentait une part infime des recettes fiscales de l'Etat, de l'ordre de 1 %. Plus de quatre ans après, les avis sont toujours partagés. Selon Olivier Dussopt, ministre des Comptes publics, les effets ont été bénéfiques : "La réforme participe au fait que la France est devenue le pays le plus attractif de la zone euro. Elle contribue aussi à l'accélération du retour de contribuables français partis à l'étranger".

Mais les sons de cloche diffèrent en fonction des experts interrogés au sujet du remplacement de l'ISF par l'IFI. Pour France Stratégie, un organisme qui conseille le gouvernement, les effets réels sont difficiles à mesurer. En effet, difficile, si ce n'est impossible, de quantifier le nombre de contribuables qui ont repoussé leur projet de quitter la France grâce à cette mesure. Du côté de ceux qui sont revenus, cela ne concernerait que quelques centaines de foyers fiscaux, toujours selon le rapport de France Stratégie. Une goutte d'eau dans l'océan des 143 000 foyers qui ont transmis un avis d'IFI au Trésor Public en 2020.

Par ailleurs, la suppression de l'ISF a engendré une baisse des recettes fiscales. Ainsi, en 2020, l'Impôt sur la fortune immobilière a permis à l'Etat d'encaisser 1,56 milliard d'euros, contre plus de 5 milliards en 2017 pour l'ISF. Une perte qui se chiffre donc à environ 3,4 milliards d'euros, mais qui pourrait avoir permis un report des investissements immobiliers vers des investissements dans des entreprises notamment, ce qu'estime François Ecalle, président de Fipeco : "il reste que la transformation de l'ISF en IFI entraîne possiblement le remplacement d'investissements immobiliers par des investissements non immobiliers".

8 commentaires
  • 10 février 19:06

    Au lieu de poser la question « fallait-il supprimer l'ISF », ne pourrait-on pas poser l'autre question « fallait-il créer l'ISF »???


Signaler le commentaire Fermer
A lire aussi
  • Des équipes de nettoyage enlèvent des bâches, des tentes et d'autres débris après que la police a expulsé les manifestants et démantelé un vaste campement de protestataires contre la crise du logement en Espagne, sur l'emblématique place Puerta del Sol, dans le centre de Madrid, le 3 novembre 2026 ( AFP / Paul Hanna )
    information fournie par AFP 03.11.2026 10:43 

    Le campement de militants pour le droit au logement installé depuis un peu plus de cinq semaines sur une place du cœur de Madrid a été démantelé dans la nuit de lundi à mardi, à moins d'un mois des élections législatives en Espagne. La crise du logement, l'une ... Lire la suite

  • À partir de combien d’impôt peut-on défiscaliser ?
    information fournie par Tout sur mes finances  03.11.2026 09:53 

    Faut-il payer beaucoup d'impôts pour défiscaliser? C'est une question fréquente… et la réponse est plus nuancée qu'on ne le pense. Dans cette vidéo, on vous explique quand et comment la défiscalisation devient vraiment utile. Au programme : Pourquoi il n'existe ... Lire la suite

  • Quid d'un logement acheté à deux lorsqu'on divorce ? (Crédits photo: Shutterstock)
    information fournie par Mingzi 03.11.2026 08:11 

    Après une séparation, rester dans une maison achetée à deux peut avoir un coût, même lorsque le départ de l'autre a été ordonné pour protéger une victime de violences. Quelles sont les règles applicables et quel est le sort des travaux payés par un seul propriétaire ... Lire la suite

  • Donald Trump montre des photos pendant un discours au bord du bassin appelé "Reflecting Pool", un site emblématique de Washington, le 2 novembre 2026 ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )
    information fournie par AFP 02.11.2026 23:13 

    Est-ce un avant-goût d'une fin de mandat qui sera dominée par ses passions personnelles ? Dans un discours censé mobiliser à la veille des "midterms", Donald Trump a passé plus de temps à parler de ses chantiers qu'à défendre son bilan. Il avait choisi un emplacement ... Lire la suite

Pages les plus populaires