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Holdings : comment fonctionnent ces structures patrimoniales que l’État veut taxer ?

information fournie par Mingzi 21/10/2025 à 08:15

Crédit photo : 123RF

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Malgré sa démission, Sébastien Lecornu a été reconduit à Matignon vendredi dernier dans ses fonctions de Premier ministre. Cette instabilité n'a pas empêché les discussions autour du budget 2026 de se poursuivre. La taxation des holdings, souvent perçues comme un moyen d'optimisation fiscale pour les ménages fortunés, ferait toujours partie des mesures envisagées.

Selon Les Echos, le projet de budget 2026 comporterait toujours une mesure visant à instaurer une nouvelle imposition sur les holdings, ces sociétés qui concentrent participations, biens et liquidités des grandes fortunes. Objectif affiché : limiter certains avantages fiscaux jugés trop généreux. Mais la mise en place d'un tel impôt s'annonce complexe.

Qu'est-ce qu'une holding ?

Pour comprendre, il faut d'abord savoir ce qu'est une holding. Le mot vient de l'anglais « to hold », « détenir ». Une holding est une société qui possède des parts dans d'autres entreprises. C'est une sorte de « maison mère » qui chapeaute des filiales. Elle peut regrouper les actions d'une famille ou d'un groupe d'investisseurs afin de conserver le contrôle d'une société opérationnelle. Elle sert aussi de centre de décision, puisque la holding peut orienter la stratégie et la gestion de ses filiales.

Comment cela fonctionne ?

Prenons un exemple simple : une famille détient une entreprise prospère. Plutôt que de conserver chacun ses actions séparément, les membres regroupent leurs parts dans une holding. Cette structure devient alors actionnaire principal de l'entreprise. Elle peut aussi détenir d'autres actifs : immeubles, obligations ou même de simples liquidités. Ainsi, la holding agit comme un « coffre-fort » central qui organise et protège le patrimoine familial ou celui d'un groupe d'entrepreneurs.

Les avantages pour les actionnaires

Au-delà de l'aspect organisationnel, la holding présente un gros avantage fiscal. Grâce au régime dit « mère-fille », les dividendes qu'elle perçoit de ses filiales échappent quasi totalement à l'impôt sur les sociétés. De plus, tant que l'argent reste dans la holding, les actionnaires ne paient pas l'impôt forfaitaire de 30 % sur les revenus du capital. Autrement dit, il est possible de faire « grossir » la trésorerie au sein de la holding sans être immédiatement taxé. Beaucoup de grandes fortunes choisissent donc de limiter les distributions pour repousser le moment où elles seront imposées.

Pourquoi l'État veut intervenir

C'est cette situation que le ministère des Comptes publics veut désormais encadrer. L'idée serait de taxer la « trésorerie excédentaire », c'est-à-dire l'argent qui dort dans les holdings sans être investi directement dans les activités économiques. Mais définir ce qui constitue un excédent n'est pas simple : une entreprise peut avoir besoin de liquidités pour faire face à une baisse d'activité, soutenir une filiale ou garantir un emprunt. Fixer un seuil arbitraire pourrait donc pénaliser des pratiques légitimes.

Des risques d'effets pervers

Les experts mettent en garde : si la règle est trop rigide, les entrepreneurs pourraient être incités à investir précipitamment, uniquement pour réduire leur base imposable. À l'inverse, ceux qui préfèrent attendre un contexte économique favorable seraient désavantagés. De plus, certaines sociétés connaissent des pics saisonniers de trésorerie liés à leur activité, ce qui complique encore l'évaluation d'un véritable « surplus ».

Certains pays ont déjà franchi le pas. Aux États-Unis, par exemple, une taxe spécifique frappe les holdings qui conservent trop de revenus financiers non distribués. Au Luxembourg, l'impôt sur la fortune des entreprises inclut la trésorerie et les obligations dans son calcul. Ces expériences montrent qu'il est possible de cibler les « capitaux dormants », mais elles soulignent aussi la difficulté de trouver un équilibre juste.

En France, la réforme est encore à l'étude. Reste à savoir si le gouvernement parviendra à définir une règle claire, sans freiner l'investissement des entreprises.

17 commentaires
  • 23 octobre 09:48

    C'est quand même sacrément tordu et pervers. Ça revient à forcer le déclenchement d'un événement fiscal dans le seul but que l'État se serve au passage. Le fisc retoque déjà les montages à seuls buts d'optimisation. À l'inverse, à quand un retoquage des projets de lois à seul but d'engraissement de l'État ??


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