Les lycéens et les étudiants français accentuent la pression sur le gouvernement lors d'une nouvelle journée de mobilisation mardi, "acte III" d'un mouvement de contestation émaillé de nombreuses violences qui gagne tout le pays avec désormais le renfort de syndicats et de l'opposition de gauche.
Les élèves, qui bloquent leurs établissements, réclament de meilleures conditions d'apprentissage et des financements supplémentaires, dénonçant notamment des classes et des emplois du temps surchargés, le manque de professeurs, et demandant la refonte voire l'arrêt de Parcoursup, la plateforme d'inscription dans l'enseignement supérieur.
Reçue vendredi dernier par le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray, l'Union syndicale lycéenne (USL) déplore une absence de réponse, un "mur politique".
Sur les quelque 3.700 lycées français, le fonctionnement de 589 d'entre eux était encore perturbé lundi, selon Edouard Geffray. Le ministre a demandé lundi une reprise progressive des cours entre mercredi et jeudi.
L'Union étudiante, l'intersyndicale de l'Education nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, SUD), mais aussi La France insoumise, le Parti communiste et le Parti socialiste, appellent à soutenir la jeunesse dans les manifestations prévues ce mardi et "par la grève".
Plusieurs rassemblements sont prévus en France, dont un à Paris à 14h00 place de la République.
LES PRINCIPAUX DÉVELOPPEMENTS (heure de Paris):
08h40 - "C'est sain pour la démocratie sociale et lycéenne qu'il y ait une manifestation", a déclaré sur France Info le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray. "C'est la première fois depuis dix jours qu'on va avoir (...) un mouvement qui s'inscrit dans un cadre organisé, démocratique, social, légal."
Il s'est par ailleurs engagé à se pencher au plus vite sur la problématique des professeurs absents. "J'ai demandé à toutes les académies (...) d'avoir le tableau de bord quotidien (...) et d'apporter une réponse dans les 8 jours".
08h20 - "J'ai toute confiance dans les forces de sécurité intérieure pour encadrer ces différentes manifestations et (ces) mouvements", a déclaré sur France Inter Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, alors que les forces de police et de gendarmeries sont accusées de recourir à un usage excessif de la force pour contenir les manifestations.
"J'ai donné pour instruction aux préfets d'avoir des forces de l'ordre qui se tiennent à distance dès lors que les manifestations se passent bien (…) mais évidemment qui interviendront - et toujours avec beaucoup de fermeté - s'il y a des dégradations."
08h15 - "Le Premier ministre a chargé cinq de ses ministres de prendre (les revendications) en main et de lui faire des propositions d'ici à la fin du mois", a déclaré sur France 2 Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, avant de rappeler sa priorité, celle de "rétablir l'ordre".
Elle a par ailleurs une nouvelle fois dénoncé l'attitude de La France insoumise qu'elle accuse "d'hypocrisie" et "d'instrumentaliser les lycéens".
07h45 - "Je souhaite que les manifestations soient pacifiques, que ce soit un moment d'expression des revendications et surtout qu'elles soient entendues par un gouvernement qui est aux responsabilités depuis dix ans, dix ans durant lesquels la situation de l'école n'a cessé de se dégrader", a déclaré sur RMC Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.
(Bureau de Paris)

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement