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Crédit immobilier : qu’attendre de 2026 ?

information fournie par Café de la Bourse 09/01/2026 à 08:15

piles de pièces et silhouettes de maisons (Crédits: Adobe Stock)

piles de pièces et silhouettes de maisons (Crédits: Adobe Stock)

Après une année 2025 marquée par de fortes attentes en matière de baisse des taux d'intérêt, l'année 2026 s'annonce sous le signe de la prudence pour les emprunteurs immobiliers. Si les espoirs de voir les conditions de crédit s'améliorer significativement restent présents, plusieurs facteurs économiques et monétaires invitent à tempérer ces anticipations.

Entre stabilisation des taux, incertitudes économiques persistantes et potentielle divergence de politiques monétaires, le marché du crédit immobilier devrait connaître une année de transition, loin des dynamiques observées par le passé.

Les taux des crédits immobiliers devraient stagner

Après avoir connu une remontée spectaculaire en 2022 et en 2023, les taux ont depuis baissé et se sont stabilisés cette année via deux phases distinctes.

Après plus d'un an de baisse, les taux immobiliers ont connu deux phases distinctes en 2025. D'abord stables autour de 3,07 % entre mars et août 2025, les taux moyens des crédits immobiliers aux particuliers sont repartis à la hausse dès septembre pour atteindre 3,12 % en moyenne (soit une hausse de 5 points de base) d'après L'Observatoire Crédit Logement / CSA.

Si l'on regarde le détail par durée de prêt entre mars et novembre 2025, la remontée est plus marquée sur les emprunts longs : +16 points de base (la plus forte hausse) pour les prêts sur 20 ans, +12 points de base pour les prêts sur 25 ans et +5 points de base seulement pour les prêts sur 15 ans. Cette reprise, amorcée timidement dès avril 2025, s'est nettement accélérée à partir du mois de juillet 2025.

Un contexte économique incertain

L'une des principales caractéristiques de 2026 sera vraisemblablement la stagnation des taux de crédit immobilier autour de niveaux qui demeurent historiquement élevés depuis 2014 (hors pic de 2023 au-dessus des 4 %). Cependant, l'amplitude de l'évolution de ces taux dépendra fortement des nombreuses incertitudes comme l'environnement politico-économique français mais aussi international, les tensions commerciales ou encore l'orientation des taux obligataires.

La stagnation des taux reflète également l'équilibre précaire entre la volonté des banques de préserver leurs marges et la nécessité de maintenir une activité de crédit suffisante. Les établissements financiers, confrontés à une hausse de leurs propres coûts de refinancement, ne peuvent se permettre de baisser significativement leurs taux sans compromettre leur rentabilité. Cette réalité économique explique pourquoi les baisses de taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) ne se traduisent pas automatiquement par une amélioration proportionnelle des conditions d'emprunt pour les particuliers.

Les banques adoptent toujours une posture prudente, maintenant leurs conditions d'octroi relativement strictes. Le taux d'endettement maximal de 35 % (HCSF de 2021 toujours en vigueur en 2025) reste la norme. Cette discipline, combinée à l'exigence d'un apport personnel conséquent (généralement autour de 10 % du prix d'achat) - en moyenne 46 % plus important fin 2025 que fin 2019 - limite l'accès à la propriété pour de nombreux ménages, particulièrement les primo-accédants.

Une pause potentielle dans le cycle d'assouplissement de la BCE

La politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) constitue un déterminant majeur de l'évolution du crédit immobilier en 2026. Après avoir entamé un cycle de baisse de ses taux directeurs en 2024 et 2025 (avec des taux inchangés à 2 % depuis juin 2025), la BCE devrait observer une pause significative dans ce processus d'assouplissement en 2026. Cette prudence s'explique par plusieurs facteurs qui contraignent la marge de manœuvre de l'institution européenne.

D'une part, l'inflation sous-jacente, celle qui exclut les éléments volatils comme l'énergie et l'alimentation, peine à converger vers l'objectif de 2 % fixé par la BCE. Cette résistance de l'inflation, alimentée notamment par la progression des salaires et des coûts de services, oblige la banque centrale à maintenir une vigilance accrue et à ne pas précipiter la détente monétaire au risque de compromettre la stabilité des prix.

D'autre part, le contexte international pèse sur les décisions de la BCE. La politique monétaire américaine, les tensions géopolitiques persistantes et les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement mondiales créent un environnement incertain qui incite à la prudence. Ces facteurs externes influencent directement les conditions économiques en zone euro (sans oublier les facteurs internes comme la crise politique en France).

Cette pause dans le cycle d'assouplissement signifie concrètement que les taux directeurs devraient rester à des niveaux relativement élevés durant une bonne partie de 2026. Le taux de refinancement des banques auprès de la BCE ne devrait donc pas connaître de baisse significative, ce qui limite mécaniquement la capacité des établissements de crédit à proposer des taux plus attractifs aux emprunteurs immobiliers en 2026.

Pour autant, cette situation ne doit pas être perçue uniquement de manière négative. La stabilité de la politique monétaire apporte de la visibilité et permet aux acteurs du marché immobilier d'anticiper plus sereinement l'évolution des conditions de financement. Les emprunteurs peuvent ainsi élaborer leurs projets sur des bases plus solides, sans craindre une dégradation brutale de leur capacité d'emprunt.

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