(Crédits: Pixabay - Jörg Hertle)
Une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux laisse entendre que le ministre du Logement pourrait prolonger de deux ans l'encadrement des loyers. Qu'en est-il exactement ?
C'est une discrète vidéo de la Fondation pour le Logement qui a mis le feu aux poudres. Le ministre du Logement pourrait prolonger l' encadrement des loyers de deux années supplémentaires. Plutôt étonnant alors que Vincent Jeanbrun s'y est toujours farouchement opposé. Aurait-il changé d'avis au risque de se mettre à dos les propriétaires immobiliers ? Comme il l'avait promis, il y a un mois, le ministre a consulté les élus et notamment les 73 collectivités qui ont décidé d'encadrer les loyers. « Moins de 30 ont répondu à l'appel du ministre », déplore l'un de ses conseillers.
La vingtaine d'élus a voté, « à l'unanimité », pour prolonger l'encadrement des loyers qui doit s'arrêter le 26 novembre. Opposé à titre personnel à sa généralisation et à sa prolongation, Vincent Jeanbrun a accepté de laisser la main aux maires. Une manière d'être raccord avec le choc de décentralisation qu'il promet dans le projet de loi «logement» présenté en Conseil des ministres, ce mercredi 24 juin.
Reste à savoir comment intégrer cette mesure dans la navette législative. Le ministre envisage de faire modifier la proposition de loi du député socialiste Iñaki Echaniz qui vise à « pérenniser l'encadrement des loyers », adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale en décembre 2025. L'idée serait de permettre uniquement aux maires qui encadrent déjà les loyers, de prolonger ce dispositif, très critiqué dans un rapport dévoilé le 26 mai par Le Figaro . « D'un an, peut-être deux », confie un conseiller de Vincent Jeanbrun.
De quoi faire grincer des dents les propriétaires immobiliers. « En 2026, nous avons récupéré à la vente quasiment deux fois plus de logements (8% des biens à la vente étaient en location en 2026 contre 5,4% en 2025) qui étaient à louer, par rapport à 2025. La faute à l'interdiction de louer des passoires thermiques mais aussi à l'encadrement des loyers », confie Sébastien Kuperfils, président de Junot, réseau immobilier de luxe. « C'est une victoire pour toutes celles et tous ceux que nous devons protéger de la spéculation », a réagi Emmanuel Grégoire, maire de Paris où les loyers sont encadrés depuis 2019.
Pour l'heure, rien n'est fait. Pour que cette prolongation soit effective, elle devra être définitivement adoptée avant la fin de l'encadrement des loyers, donc le 26 novembre. Un délai serré qui fait dire à un conseil ministériel : « Je ne vois pas comment ça pourrait passer à temps. »
Quid des maires qui n'encadrent pas les loyers et souhaitent le faire ? Ce coup de pouce du ministre du Logement ne les concerne pas. Ils devront attendre la prochaine élection présidentielle pour connaître la position du futur chef de l'État sur le sujet.

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