Payer plusieurs mois de loyer d’avance... Quelles sont les règles ? / iStock.com - FabioBalbi
Payer d’avance : ce que la loi autorise… et interdit
C’est l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 qui fixe la règle : le locataire doit payer son loyer “aux termes convenus”, c’est-à-dire à la date prévue dans le bail. Autrement dit : le propriétaire ne peut pas exiger plusieurs mois de loyer d’avance. Un propriétaire qui refuse un dossier uniquement parce qu’il n’y a pas de paiement anticipé s’expose à un risque de pratique abusive. Pourtant la pratique reste souvent consensuelle entre locataires et propriétaires, même si BailFacile rappelle qu’elle ne doit jamais remplacer les garanties légales : dépôt de garantie, caution, garantie Visale, assurance loyers impayés. Il existe toutefois une exception dans lesquelles un paiement anticipé peut être prévu contractuellement : les locations meublées non soumises à la loi de 1989, notamment les locations saisonnières ou certains baux très spécifiques.
Comment un locataire peut-il faire valoir ses droits ?
Accepter de payer plusieurs loyers d’avance peut devenir un piège pour le locataire, car en cas de problème (logement insalubre, conflit, départ anticipé), récupérer les sommes versées peut devenir un parcours du combattant. Heureusement, il existe des recours. Le premier consiste à vérifier le bail. Si celui-ci contient une clause exigeant un paiement anticipé, elle est tout simplement nulle : le locataire peut en demander la suppression et réclamer le remboursement des sommes versées au-delà du mois en cours. Si le dialogue est difficile, une solution rapide et gratuite existe : saisir la commission départementale de conciliation. Cette instance permet de régler la majorité des litiges locatifs sans passer par le tribunal, en réunissant locataire et propriétaire autour d’un médiateur. Lorsque le propriétaire refuse toute discussion, il reste la voie judiciaire. Le tribunal judiciaire peut ordonner le remboursement des loyers indûment perçus et rappeler au bailleur ses obligations légales. Enfin, les locataires peuvent se faire accompagner par des structures spécialisées comme l’ADIL, la CLCV ou UFC-Que Choisir, qui les aident à monter leur dossier, comprendre leurs droits et engager les démarches nécessaires.
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement