
(Crédits: Pixabay - Jörg Hertle)
Depuis 2018, les étudiants ont accès à la garantie Visale mais du côté des bailleurs privés, le dispositif est moins prisé que dans les Crous.
« En 2023, 68 % des contrats Visale émis ont été passés avec des bailleurs publics et 32 % seulement avec des propriétaires privés ». Tel est le constat posé par la Cour des comptes dans un rapport sur le soutien public au logement des étudiants. Cette caution publique, gratuite, créée en 2016 par le groupe Action Logement, « peine à pénétrer le parc privé ». Elle garantit le paiement du loyer et des charges locatives en cas de défaillance de paiement de la part du locataire.
Et pourtant, les étudiants qui ont accès à cette garantie depuis 2018 (auparavant elle ne concernait que les salariés commençant un emploi puis les moins de 30 ans, hors étudiants), sont rapidement devenus le premier public bénéficiaire. En 2024, 55 % des contrats Visale émis ont concerné des étudiants et des alternants. La garantie Visale qui couvre jusqu'à 36 mensualités d'impayés dans le parc privé bénéficierait plus aux centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires, Crous, gérant les cités universitaires qu'au parc privé. « C'est normal que la part du Crous soit plus importante en poids que celle du parc privé. Lorsqu'une résidence Crous se mobilise, c'est pour tous ses logements donc cela représente une grande part d'étudiants », affirme Jérôme Drunat, directeur général de l'Association pour l'accès aux garanties locatives, qui pilote Visale au sein d'Action Logement, auprès du Figaro .
Pour la Cour des comptes, si des bailleurs privés refusent la garantie de l'État c'est parce que « certains l'associent à un public fragile ou jugent plus rassurant que le garant soit une personne physique, tandis que d'autres ont déjà souscrit une garantie des loyers impayés ». L'explication se trouve-t-elle également du côté des plafonds de loyers pris en compte par la garantie ? Pour les logements situés en Île-de-France, celui-ci est de 1500 € par mois et il est fixé à 1300 € pour le reste du territoire (DOM-TOM compris), hors étudiants. Le plafond de loyers des étudiants est moins élevé : 800 € en Île-de-France et 600 € pour le reste de la France. Un étudiant peut augmenter son loyer plafond s'il justifie de ressources mensuelles supérieures à 1600 € en Île-de-France ou 1200 € hors Île-de-France. Cela limite peut-être l'accès des étudiants à la garantie pour des logements aux loyers élevés dans les grandes métropoles.
Un produit plutôt valorisé par les agences
Jérôme Drunat, lui, assure que « la garantie Visale répond à l'objectif fixé, à savoir inciter les bailleurs à changer leurs critères de sélection. 76% des bailleurs assouplissent leurs critères de sélection et acceptent des personnes qu'ils n'auraient pas forcément choisies avant ». Il reconnaît toutefois que « l'on se trouve dans une phase de conjoncture particulière qui fait que les bailleurs ont la capacité de sélectionner des locataires comme ils en ont beaucoup. Une sélection en fonction de critères objectifs comme le taux d'effort mais aussi de critères subjectifs ».
Du côté des agences, la garantie Visale est plutôt mise en avant : « Cela dépend beaucoup des agences mais généralement les agences aiment bien passer par Visale car c'est une institution qui est derrière (Action logement), l'agence est donc sûre d'être indemnisée. En cas d'impayés, on peut l'actionner rapidement alors que dans le cas d'un garant physique, pour obtenir le remboursement des impayés, il faut faire une procédure contre le garant qui assez longue et coûteuse pour le bailleur », expose-t-on chez Laforêt.
Chez Century 21 aussi, « c'est un produit que l'on valorise, auquel on croit, qui est sécurisant pour le propriétaire et qui permet à une personne d'accéder à un logement alors qu'elle n'aurait peut-être pas pu le faire autrement » , explique un représentant de Century 21. Le réseau a tissé un partenariat national entre Action Logement et Century 21, notamment au sujet de la garantie Visale. Lors du salon des partenaires, Action Logement est toujours présent sur un stand, ce qui permet d'expliquer en quoi consiste la garantie « mais on est un réseau et chaque patron est indépendant et fait ce qu'il veut ». Le problème viendrait donc plus du côté des bailleurs qui gèrent leur bien sans passer par une agence : sur les 969.000 étudiants qui ont bénéficié depuis 2018 d'un contrat Visale, seuls 187.000 l'ont utilisé auprès d'un propriétaire particulier gérant son bien en direct.
« Peut-être que Visale a besoin d'une plus grande notoriété mais 44% des Français connaissent le dispositif et chez les 18-34 ans, on parle même de 60%. En 2017, 21% des Français connaissaient la garantie et 28% des 18-34 ans », conclut le directeur général de l'Association pour l'accès aux garanties locatives.
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