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Constituer un patrimoine immobilier ne passe pas forcément par des ventes successives. Certains investisseurs mobilisent autrement la valeur de leurs premiers biens.
Accumuler plusieurs biens immobiliers suppose généralement de disposer d’une épargne importante ou de revendre une partie de son patrimoine pour récupérer des liquidités. Pourtant, certains investisseurs utilisent une autre stratégie : exploiter la valeur prise par un logement déjà détenu afin de financer de nouvelles acquisitions. Le principe consiste à augmenter ou à refinancer le crédit adossé à un premier bien lorsque celui-ci a pris de la valeur et qu’une partie de la dette a déjà été remboursée. L’objectif n’est donc pas de céder le logement pour empocher sa plus-value, mais de transformer une partie de cette valeur immobilisée en capacité de financement. Une méthode qui peut accélérer la constitution d’un patrimoine locatif, à condition que la banque accepte l’opération et que l’endettement reste soutenable.
La valeur d’un premier bien comme levier pour investir davantage
C’est notamment la stratégie suivie par Marc Bove, un investisseur espagnol qui affirme être aujourd’hui propriétaire de 17 appartements mis en location, rapporte Marie France . Son développement s’est joué en partie à partir de son premier achat. Alors que la valeur de ce logement avait progressé, il a sollicité sa banque pour augmenter son financement hypothécaire. L’opération lui aurait permis de récupérer environ 50 000 euros de liquidités, utilisées ensuite pour acquérir de nouveaux biens. Plutôt que de vendre son premier appartement et de perdre les revenus locatifs qu’il générait, il a donc choisi de mobiliser une partie de la valeur accumulée dans celui-ci pour poursuivre ses investissements.
Ce mécanisme repose sur une idée simple : un bien immobilier peut progressivement constituer une réserve de valeur. À mesure que le crédit est remboursé, le capital restant dû diminue. Si, parallèlement, le prix du logement augmente, l’écart entre sa valeur de marché et la dette encore à rembourser peut devenir conséquent. Sous certaines conditions, cet écart peut servir de garantie pour obtenir un financement supplémentaire. On parle notamment de refinancement ou de mobilisation de la valeur immobilière selon les montages proposés par les établissements bancaires. Les possibilités varient cependant fortement selon le pays, le profil de l’emprunteur, ses revenus, son taux d’endettement et les règles appliquées par la banque.
Un patrimoine qui doit rester rentable à chaque étape
L’intérêt pour l’investisseur est de pouvoir continuer à développer son patrimoine sans devoir recommencer systématiquement plusieurs années d’épargne pour constituer un nouvel apport. Marc Bove explique ainsi avoir utilisé les liquidités dégagées par son premier bien pour passer rapidement de trois à sept appartements. Il présente cette stratégie comme une manière de « recycler » le capital déjà constitué dans son patrimoine. Le levier du crédit permet alors, en théorie, d’acheter davantage d’actifs avec une mise de départ limitée. Mais plus le nombre de financements augmente, plus l’équilibre devient fragile si les loyers baissent, si les charges progressent ou si des logements restent vacants.
C’est pourquoi cette stratégie repose largement sur la rentabilité de chaque acquisition. L’investisseur assure ne retenir que des biens capables de couvrir leurs propres dépenses dès leur mise en location. Autrement dit, le loyer doit permettre d’absorber le remboursement du crédit, les charges et les autres frais, tout en conservant idéalement une marge de sécurité. Il affirme rechercher au moins 200 euros de bénéfice mensuel par appartement. Ce seuil lui est propre et ne constitue évidemment pas une règle universelle, mais il illustre l’importance du flux de trésorerie : un patrimoine qui prend de la valeur sur le papier peut malgré tout devenir difficile à conserver s’il exige chaque mois des apports personnels importants.
La trésorerie et le niveau d’endettement au cœur de l’équilibre
Le refinancement ne doit donc pas être considéré comme une source d’argent supplémentaire sans contrepartie. Les sommes récupérées restent empruntées et augmentent mécaniquement la dette du propriétaire. Les intérêts, la durée du nouveau financement, les éventuels frais de dossier ou de garantie et l’évolution des revenus locatifs doivent être intégrés au calcul. Un retournement du marché immobilier peut également réduire la valeur des biens donnés en garantie. Avant d’utiliser ce levier, il est donc essentiel d’évaluer sa capacité à supporter plusieurs crédits simultanément, y compris en cas de travaux inattendus, d’impayés ou de période sans locataire.
La stratégie montre surtout qu’un bien immobilier déjà détenu peut servir autrement qu’en étant simplement conservé ou revendu. Lorsqu’il a pris de la valeur et que sa dette a suffisamment diminué, il peut dans certains cas soutenir de nouveaux projets d’acquisition. Mais la réussite du montage dépend moins du nombre de logements accumulés que de la solidité financière de l’ensemble. Rentabilité réelle, niveau d’endettement, réserve de trésorerie et conditions bancaires doivent rester cohérents. Utilisé avec prudence, le refinancement peut ainsi devenir un outil pour poursuivre la construction d’un patrimoine tout en conservant les biens qui ont déjà commencé à générer des revenus.
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