( AFP / WILLIAM WEST )
Le marché immobilier français a poursuivi son redémarrage en 2026 après le rebond observé l'an dernier, mais cette reprise demeure fragile, freinée par des taux de crédit plus élevés qu'espéré et par un environnement économique et politique incertain.
Selon SeLoger-Meilleurs Agents, le marché de l'ancien devrait totaliser 955.000 transactions en 2026, tandis que la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) table sur 920.000.
"Les acheteurs sont toujours là et le marché n’est pas bloqué, mais la reprise plafonne", a déclaré lors d'une conférence de presse Thomas Lefebvre, vice-président chargé des données du groupe SeLoger.
S'il décrit un marché de l'ancien "solide", les taux sont repartis à la hausse, conséquence directe de la guerre au Moyen-Orient, et la confiance des ménages reste "dégradée".
Interrogé par l'AFP, le président de la Fnaim, Loïc Cantin, est plus pessimiste. "Le marché est convalescent, au bord de la rechute et orienté vers l'attentisme", explique-t-il, en référence à la présidentielle du printemps prochain qui gèlera, selon lui, les décisions d'achat.
Il estime par ailleurs inévitable une nouvelle remontée des taux d'intérêt de la Banque centrale qui va "frapper de plein fouet la dynamique retrouvée".
Pour Olivier Descamps, directeur général d'IAD France, le principal frein demeure le décalage entre des prix encore élevés et les capacités financières des acheteurs.
Il observe également une attention croissante des acheteurs aux risques climatiques.
La fin de l'année 2025 avait pourtant laissé entrevoir une reprise plus franche, portée par le retour des acquéreurs, la hausse des ventes et la stabilisation des taux de crédit.
Mais le choc énergétique provoqué par le conflit au Moyen-Orient a interrompu cette dynamique.
Le logement neuf demeure le principal point noir du secteur. Les réseaux d'agences dressent le constat d'une situation "difficile, voire catastrophique". En cause notamment, la hausse des coûts de construction estimée à +25% depuis 2020 tandis que la capacité d'emprunt des ménages a elle reculé d'environ 7%.
Les professionnels jugent par ailleurs insuffisants les premiers effets du dispositif fiscal "Jeanbrun" destiné à soutenir l'investissement locatif.
Malgré ce contexte, la demande reste présente. "Il y a un enchaînement de mauvaises nouvelles (...) mais il y a une vraie volonté d'acheter, de se loger", a souligné Guillaume Martinaud, président d'Orpi France.
Le marché locatif apparaît comme la principale "victime" des déséquilibres du secteur. Les loyers sont repartis à la hausse et l'offre demeure lilliputienne dans de nombreuses villes.
Pour 2027, les professionnels du secteur se montrent prudents. Les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient conjuguées aux interrogations sur les finances publiques et l'élection présidentielle pourraient continuer de freiner les décisions d'achat des ménages.
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