Gaz dans les logements neufs : 2027 marque la fin de la dernière exception / iStock.com - Evgen_Prozhyrko
La transition énergétique avance, le gaz recule
Le gaz naturel, énergie fossile par excellence, n’a plus vraiment sa place dans un pays qui vise la neutralité carbone en 2050. La France accélère donc la cadence : objectif 1 million de pompes à chaleur par an d’ici 2030 - contre environ 500 000 aujourd’hui - et des aides à l’électrification portées à 10 milliards d’euros par an à l'horizon 2030. Les ménages sont encouragés à anticiper le virage grâce à des signaux financiers clairs - hausse de TVA, MaPrimeRénov’ plus stricte, bonus pour les PAC - qui incitent à tourner la page du gaz. Et ils semblent prêts : 74 % choisiraient une solution renouvelable, tandis que près de la moitié disposent déjà d’un équipement EnR (c’est-à-dire, fonctionnant avec une énergie renouvelable). Dans le neuf, la pompe à chaleur air/eau s’impose largement : elle équipe déjà plus de 80 % des maisons individuelles conformes à la RE2020, grâce à son efficacité, son coût d’usage réduit et ses aides généreuses. Dans les immeubles collectifs, le raccordement à un réseau de chaleur urbain, alimenté majoritairement par des énergies renouvelables ou de récupération, constitue une alternative solide. Pour compléter le tableau, le poêle à granulés, le solaire thermique ou le chauffe‑eau thermodynamique viennent répondre à des besoins spécifiques selon les projets. Une constante demeure : ces solutions doivent être installées par des professionnels certifiés RGE, passage obligé pour garantir que la transition énergétique ne se fasse pas au petit bonheur la chance.
Chronique d’une disparition attendue
L’interdiction du gaz dans les logements neufs n’est pas une surprise. La RE2020, entrée en vigueur en 2022, avait déjà rendu les chaudières gaz incompatibles avec les seuils carbone en maisons individuelles. En pratique, le gaz avait donc marqué le pas dans le neuf… sauf dans un cas : les PAC hybrides avec appoint gaz, encore utilisées dans certains immeubles collectifs. Le plan d’électrification présenté en avril 2026 vient refermer cette ultime exception. Dès les permis de construire déposés en 2027, toute installation gaz est proscrite, y compris en complément d’une pompe à chaleur. La règle est simple : logements collectifs ou maisons individuelles, chaque logement neuf devra être équipé d’une solution 100 % électrique ou renouvelable. Point important : c’est la date de dépôt du permis qui fait foi. Un permis déposé fin 2026 pourra encore intégrer un appoint gaz, même si le bâtiment est livré en 2028.
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