Des utilisateurs indélicats n’hésitent pas à installer leurs ordinateurs dans des locations touristiques pour les faire tourner à plein régime occasionnant des factures à 4 chiffres pour les propriétaires.
Le côté obscur du business des cryptomonnaies... Cette année plusieurs rapts de dirigeants de sociétés de cryptomonnaies ont montré le goût des malfaiteurs pour cet actif permettant de transférer rapidement et discrètement des sommes importantes. Une tendance qui a d’ailleurs poussé les autorités à publier un décret ce dimanche afin de permettre aux dirigeants de ces sociétés d’éviter de divulguer leurs coordonnées personnelles pour s’inscrire au Registre national des entreprises, formalité obligatoire jusque-là . Moins dramatique, mais très désagréable pour les propriétaires bailleurs concernés, on observe depuis quelques années une multiplication des abus de petits malins qui profitent de locations touristiques pour miner des cryptomonnaies.
Rappelons que le minage de bitcoin s ou autres crypto consiste à mettre la puissance de calcul de ses ordinateurs au service du réseau de cette monnaie en échange d’une rémunération en cryptomonnaie. Problème : cela nécessite des ordinateurs très performants et consommant énormément d’énergie. C’est ainsi que certains « mineurs » indélicats se sont dit que pour maximiser leur profit il vaudrait mieux laisser la grosse facture d’électricité à un tiers. Et comme la quasi-totalité des locations touristiques sont dépourvues de clauses réglementant la consommation d’électrique (hors chauffage dans les stations de ski), il y avait une brèche dans laquelle s’embarquer.
2 600 dollars d’électricité en 15 jours
Dès 2022, une loueuse britannique alertait sur un forum Airbnb pour évoquer ce risque . Un danger qui va croissant avec la miniaturisation du matériel qui permet désormais d’installer une ou plusieurs machines pour quelques jours dans une soi-disant location de vacances. L’hôte estimait que la meilleure façon de s’en sortir était de disposer d’un compteur séparé avec relevé à l’entrée pour surveiller les «consommations anormales». Preuve que le sujet reste d’actualité, un hôte américain dénonçait le fait d’avoir eu à régler 2 600 dollars d’électricité (2 200 euros) pour un séjour de 15 jours entre chargeur Tesla et minage de cryptomonnaies ... Le tout sans indemnisation auprès de l’assurance de la plateforme. Quant à cette autre propriétaire, elle s’est rendu compte avec la vidéosurveillance extérieure que ses locataires avaient fait rentrer une dizaine d’ordinateurs dans son logement. Résultat : plus de 1 300 euros de facture d’électricité pour trois semaines à la charge de l’hôte tandis que les « vacanciers » auraient empoché près de 85 000 euros en bitcoins sur la période...
Comment se prémunir ? Certains ont choisi d’inscrire une clause «cryptomonnaie» dans leurs contrats mais on peut se demander si le jeu en vaut la chandelle. «Ces derniers faits sont rarissimes et pas suffisamment courants pour modifier le comportement d’un loueur, estime Me Xavier Demeuzoy, avocat spécialisé en locations touristiques. Mais si un loueur entend louer plus de 8 jours son bien, libre à lui dans le cadre de l’état des lieux d’entrée de photographier le compteur en remettant une copie de la photo à son client. En cas d’anormalité substantielle de consommation en sortie de location, le loueur pourra toujours tenter de s’en prévaloir pour élever une contestation avec son locataire.»
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