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Amiante : 30 ans après son interdiction, indemniser les victimes reste un défi
information fournie par AFP 28/10/2026 à 11:49

Des victimes de l'amiante manifestent  à l'occasion d'une marche blanche des professionnels de santé, le 4 octobre 2025 à Paris  ( AFP / Anna KURTH )

Des victimes de l'amiante manifestent à l'occasion d'une marche blanche des professionnels de santé, le 4 octobre 2025 à Paris ( AFP / Anna KURTH )

Trente ans après l'interdiction de l'amiante en France, indemniser les victimes est toujours un défi: seules 2.745 personnes ont sollicité l'an dernier le fonds dédié, le FIVA, qui contacte désormais directement les victimes pour les aider à accéder à leurs droits, indique-t-il mercredi.

Classé cancérogène dès 1977 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), l'amiante est un minéral fibreux qui résiste au feu et a été largement utilisé en France, dans l'industrie et la construction, jusqu'à son interdiction il y a bientôt trente ans, en 1997.

"L'inhalation prolongée d'amiante expose à des cancers et pathologies graves respiratoires et pleurales non guérissables" - cancer du poumon, mésothéliome pleural, plaques pleurales, asbestose, et plus rarement, cancers du larynx et de l'ovaire -, rappelle la Haute autorité de santé (HAS), avec un temps de latence moyen entre l'exposition et la survenue de ces pathologies qui peut aller de 20 à 40 ans, voire plus.

Alors qu'un à deux millions de travailleurs ont pu être exposés lors d'activités d'entretien ou de maintenance, dont 900.000 dans le secteur du bâtiment, a calculé l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) en 2007, les maladies liées à l'amiante représentent aujourd'hui la première cause de décès liés au travail, hors accidents du travail.

Depuis sa création en 2001, plus de 117.000 victimes et leurs familles ont saisi le Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA) pour obtenir une indemnisation, dont 2.745 l'an dernier, a annoncé mercredi l'organisme public, financé par la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) de la Sécurité sociale. Près de 8 milliards d'euros leur ont été attribués depuis la création du fonds, qui accepte 85% des demandes.

"Décret aller-vers"

"On parle de cancers bronchopulmonaires pas toujours opérables, de mésothéliomes avec des espérances de vie une fois le diagnostic posé, extrêmement faibles, de 12 à 18 mois", dit à l'AFP sa directrice Anne Thauvin. "On observe un vieillissement régulier des victimes qui nous saisissent, des hommes âgés de 71 ans en moyenne: on ne peut pas exclure l'hypothèse qu'un certain nombre d'entre elles soient décédées sans nous avoir saisis".

Un dispositif baptisé "décret aller-vers" prévu par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, dont la promulgation, après avis de la Cnil, a tardé, permet depuis septembre au FIVA de contacter directement des personnes atteintes de maladies professionnelles liées à l'amiante pour les aider à faire valoir leurs droits. Leurs noms sont fournis par l'Assurance maladie et les caisses de Mutualité sociale agricole (MSA).

"321 personnes ont été contactées, près de 80 ont renvoyé les formulaires : certaines pourront être indemnisées avant la fin de l'année", selon Mme Thauvin.

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