Donald Trump montre des photos pendant un discours au bord du bassin appelé "Reflecting Pool", un site emblématique de Washington, le 2 novembre 2026 ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )
Est-ce un avant-goût d'une fin de mandat qui sera dominée par ses passions personnelles ? Dans un discours censé mobiliser à la veille des "midterms", Donald Trump a passé plus de temps à parler de ses chantiers qu'à défendre son bilan.
Il avait choisi un emplacement bien particulier pour cette dernière allocution en personne avant les législatives de mardi, lors desquelles l'opposition démocrate compte bien ravir le Congrès au Parti républicain, celui du président.
Donald Trump s'est exprimé devant le "bassin réfléchissant", site emblématique de Washington jouxtant un mémorial consacré à Abraham Lincoln, dont il a annoncé la réouverture après une laborieuse rénovation.
"Je plaisante"
"Nous pensons sérieusement à changer son nom pour +Trump Reflecting Pool+", a lancé le président américain, à propos de ce plan d'eau auprès duquel Martin Luther King a prononcé son discours "I have a dream."
"Je plaisante. Je plaisante", a-t-il ensuite dit.
Pour ses opposants, ce projet est la métaphore presque trop parfaite d'une présidence guidée par les caprices du locataire de la Maison Blanche et déconnectée des réalités.
Le chantier, qui devait être bouclé avant le 4 juillet, date marquant les 250 ans de la naissance des États-Unis, a connu une succession de ratés. Il a été mené par une entreprise ayant travaillé sur une propriété privée du président, choisie sans appel d'offres.
Le revêtement bleu choisi par Donald Trump lui-même est parti en lambeaux. L'eau a viré au vert fluo à cause d'une prolifération d'algues.
Pour l'ancien promoteur immobilier, le bassin rénové symbolise au contraire l'"âge d'or" qu'il veut pour l'Amérique, mais aussi les attaques, perçues comme injustes, dont il est l'objet. Il affirme en effet que les retards du chantier sont dus à des actes de vandalisme, une théorie qu'un juge a sèchement rejetée.
Dans son discours, le milliardaire de 80 ans a repris des digressions consacrées à ses divers travaux, familières pour qui l'écoute souvent mais qui ont eu lundi une résonance particulièrement étrange, contrastant avec la gravité politique du jour.
La brutalité des algues
"Les algues sont brutales", a-t-il déclaré. Ou encore: "Comme les êtres humains, l'herbe est vivante".
Au début de son discours, présenté comme son dernier plaidoyer avant l'élection, il a consacré une bonne vingtaine de minutes à la réfection du bassin, en exhibant des photos censées représenter le délabrement du site, montrant les fameuses algues, des tuyaux ou des joints.
Donald Trump est ensuite passé assez rapidement sur son argumentaire électoral, en se vantant d'avoir "tenu plus de promesses qu'il n'en avait fait".
Les Américains lui reprochent au contraire de leur avoir menti pendant sa campagne présidentielle, en assurant que leur pouvoir d'achat augmenterait, ce qui ne s'est pas produit, et en jurant de se tenir à l'écart de nouvelles guerres, pour ensuite attaquer l'Iran.
A la fin de son allocution, le milliardaire a évoqué de futurs chantiers dans la capitale américaine, dont celui d'un monumental arc de triomphe, qui sera "plus beau" et plus grand, a-t-il promis, que celui de Paris.
Donald Trump a aussi parlé de la prochaine rénovation, très critiquée au niveau local, d'un parcours de golf, ce sport qu'il affectionne particulièrement.
"Nous avons beaucoup de grandes choses prévues pour Washington et je pourrais vous parler aussi de la nation, mais vous n'avez pas le temps pour cela", a-t-il dit à l'assistance, composée seulement d'officiels et de journalistes.

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