Pension de réversion : combien d’années de mariage faut-il pour y avoir droit ? / iStock.com - Madrolly
Une règle commune : avoir été mariés
Au décès de l'un des époux, le conjoint survivant peut percevoir une pension de réversion, qui représente une partie de la retraite du défunt. Versée chaque mois, elle concerne à la fois la retraite de base et la retraite complémentaire, et représente environ entre 50 et 60 % (hors majorations) du montant de la retraite perçue par le conjoint décédé, ou qu'il aurait dû percevoir s'il avait encore été en activité au moment du décès. Dans tous les cas, et quel que soit le régime, l'attribution n'est pas automatique et il faut en faire la demande. Pour la percevoir, selon les régimes, trois critères sont pris en compte : la situation maritale, l'âge et les ressources du conjoint survivant. Dans de nombreuses caisses, l'âge minimum du conjoint survivant est de 55 ans. Concernant les ressources, le plafond à ne pas dépasser au 1er janvier 2026 pour la percevoir est de 25 001,60 € bruts par an pour une personne seule et de 40 002,56 € pour une personne vivant en couple (régime général et régime alignés). L'Agirc-Arrco, en revanche, attribue la réversion sans condition de ressources. Même si une proposition a été déposée à l'Assemblée nationale en septembre 2025 pour élargir le public bénéficiaire, la pension de réversion n'est accessible pour l'instant qu'aux couples mariés, quel que soit le régime de retraite (de base ou complémentaire). Elle exclut par conséquent les couples pacsés ou en concubinage.
Une durée de mariage qui varie selon le régime de retraite
La durée minimale du mariage requise pour bénéficier de la pension de réversion diffère selon le régime de retraite. Les régimes sont multiples, et les règles tout aussi nombreuses. Dans les régimes de base des salariés et des indépendants (salariés du privé, professions libérales, artisans, commerçants, salariés et non-salariés agricoles), aucune durée n'est exigée. Si le défunt était affilié au régime de la fonction publique, le mariage doit avoir duré au moins quatre ans, ou avoir été célébré au moins deux ans avant le départ en retraite du fonctionnaire. Cette condition de durée n'est pas exigée si le couple a eu un enfant ensemble. Concernant les retraites complémentaires, aucune durée de mariage n'est exigée par le régime complémentaire Agirc-Arrco, les régimes complémentaires des salariés et des travailleurs indépendants, la Retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP) et la CIPAV (professions libérales). En revanche, les ressortissants des régimes complémentaires des non-titulaires de la fonction publique doivent justifier (sauf exceptions) de 4 ans de mariage au moment du décès. La règle est de 2 ans de mariage pour les bénéficiaires de la retraite complémentaire obligatoire (RCO) des non-salariés agricoles, ainsi que pour de nombreuses corporations dépendant de caisses différentes : médecins, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, auxiliaires médicaux, experts-comptables et commissaires aux comptes, agents généraux d'assurance… Quant aux conditions liées au remariage, un conjoint survivant peut continuer à percevoir la pension de réversion d'un assuré du régime général, même s'il est de nouveau en couple (qu'il soit marié, pacsé ou en concubinage). En revanche, une nouvelle union suspend le droit à une pension de réversion si le défunt appartenait au régime de la fonction publique. La réversion peut cependant être rétablie en cas de séparation ultérieure. Pour l'Agirc-Arrco et le régime complémentaire de la MSA, un pacs ou un concubinage permettent le maintien de la réversion, mais pas un remariage.
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