Retraite: alors que la capitalisation progresse, la Cour des comptes alerte sur un dossier de pension sur neuf entaché d’erreurs, révélant la fragilité du système actuel ( crédit photo : Getty Images )
Sommaire:
- Une dégradation de la qualité des liquidations
- Trois fois sur quatre, l'erreur joue contre vous
- Succès du PER: le grand développement de la capitalisation?
Une dégradation de la qualité des liquidations
Malgré les efforts de modernisation des différents régimes, les erreurs de calcul demeurent une réalité concrète et stressante pour de nombreux nouveaux retraités. Dans son rapport(1) sur la certification des comptes de la Sécurité sociale pour l’exercice 2025, la Cour des comptes détaille un constat peu reluisant.
« En 2025, une prestation de retraite sur neuf attribuée à d’anciens salariés comporte une erreur financière, contre une sur dix en 2024 », estiment les magistrats de la rue Cambon. « L'incidence financière » globale de ces anomalies représentait ainsi 1,08 % du montant total des prestations liquidées en 2025, contre 0,99% un an plus tôt.
Trois fois sur quatre, l'erreur joue contre vous
S’il n’est pas précisé le montant exact des sommes versées de manière non conforme, le rapport révèle que ces erreurs se produisent rarement en faveur de l’assuré. Les données de la Cour des comptes mettent en lumière une réalité particulièrement défavorable aux retraités:
- Plus de 75% des anomalies se font au détriment direct des pensionnés. Ces derniers perçoivent ainsi une pension inférieure à celle à laquelle ils ont droit.
- Sur les quelque 106.000 pensions mal calculées en 2025 par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), près de 80.000 sous-évaluaient les droits des retraités.
La Cour des comptes attribue principalement ces anomalies à la coexistence de systèmes informatiques encore partiellement incompatibles, à l’affaiblissement de certains dispositifs de contrôle interne ainsi qu‘à des données de carrière incomplètes ou incorrectement transmises par les employeurs et les organismes sociaux.
Ces difficultés sont également liées à la complexification des parcours professionnels. Les carrières comportent aujourd’hui davantage de périodes de chômage, de changements de statut, d’activités indépendantes ou encore d’expériences à l‘étranger, autant de situations susceptibles de générer des erreurs lors de la liquidation des droits.
Succès du PER: le grand développement de la capitalisation?
Ces constats interviennent alors que les Français semblent de plus en plus préoccupés par le montant de leur future retraite. Cette prise de conscience se reflète notamment dans le succès du Plan d’Épargne Retraite (PER).
Fin 2025, les encours du PER ont dépassé les 150 milliards d’euros, un niveau record en hausse de plus de 20% sur un an. Plus de 12,9 millions de titulaires détiennent désormais ce produit d’épargne destiné à compléter les pensions versées par les régimes obligatoires. Le ministre de l’Économie avait lui-même salué le franchissement d’un « seuil symbolique ».
Le principal atout du PER réside dans sa fiscalité incitative: chaque euro versé peut être déduit de votre base imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Néanmoins, une nouvelle donne fiscale est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Suite à l’adoption de l’amendement n°1104 de la loi de finances, tous les PER - qu’ils soient de nature bancaire (titres) ou assurantielle - subissent une augmentation de 1,4 point de la contribution sociale généralisée (CSG).
Cette hausse porte le taux global des prélèvements sociaux de 17,2% à 18,6%. Par conséquent, le prélèvement forfaitaire unique (la fameuse «flat tax») appliqué lors d’une sortie en capital sur les gains générés passe de 30% à 31,4%.
Quelles différences entre retraite de base et retraite complémentaire?
Au moment du départ à la retraite, les pensions de base et complémentaires sont versées séparément, mais toutes deux constituent l’ensemble du revenu global du retraité.
La retraite complémentaire, quant à elle, s’ajoute à cette pension. Pour les salariés du privé, elle est principalement gérée par le régime Agirc-Arrco et fonctionne selon un système de points acquis grâce aux cotisations. Dans la fonction publique, certains éléments de rémunération, notamment les primes, ouvrent des droits auprès de la Retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP).
La retraite des salariés repose généralement sur deux piliers. La retraite de base est versée par le régime obligatoire auquel le salarié est affilié, comme l’Assurance retraite pour les employés du secteur privé. Son montant dépend notamment des revenus perçus au cours de la carrière, du nombre de trimestres validés et de l‘âge de départ.
Mentions:
(1) Cour des Comptes - « Certification des comptes du régime général de sécurité sociale » - Lien
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