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Retraite, ETF, cryptos : les nouveaux réflexes d’épargne des Français

information fournie par Mingzi 26/02/2026 à 08:19

Sur quels types d'actifs les français épargnent-ils ? ( Crédits photo: Shutterstock)

Sur quels types d'actifs les français épargnent-ils ? ( Crédits photo: Shutterstock)

Ils n'ont jamais autant épargné. En 2025, le taux d'épargne des ménages a atteint 18 % de leur revenu disponible, un niveau supérieur à celui d'avant la crise sanitaire.

Derrière cette performance se cachent des comportements nouveaux, entre prudence assumée et goût croissant pour le risque mesuré.

Une épargne abondante … et révélatrice d'inquiétudes

La France n'a jamais autant parlé d'épargne — et pour cause : les ménages n'ont jamais autant mis de côté. D'après l'étude « Les nouveaux visages de l'épargne en France » publiée en février 2026 par Le Cercle de l'Épargne, le patrimoine des ménages dépasse désormais 6.500 milliards d'euros, soit plus de huit années de revenus.

Cette dynamique s'explique en partie par ce que certains ont appelé « l'argent de la peur ». Inflation, tensions géopolitiques, inquiétudes sur les finances publiques : autant de facteurs qui incitent à renforcer son épargne de précaution. Mais ce n'est pas la seule raison. Le vieillissement démographique joue un rôle clé : à mesure que la population avance en âge, la société se « patrimonialise ». Les 50–70 ans, souvent propriétaires et ayant remboursé leurs crédits, concentrent logiquement une part importante des actifs.

L'épargne n'est donc pas qu'un réflexe défensif. Elle est aussi un choix stratégique, une projection vers l'avenir.

7 Français sur 10 mettent de l'argent de côté

Épargner est devenu une norme culturelle. En 2025, environ 70 % des Français déclarent épargner. Toutefois, derrière ce chiffre se cache une grande diversité de situations.

Les produits réglementés — livrets, dépôts, fonds en euros — restent dominants. La prudence demeure un trait marquant du comportement des ménages. Mais les arbitrages évoluent. L'épargne devient plus mobile, plus pilotée, parfois confiée à des outils numériques capables d'optimiser les placements.

Les jeunes générations, notamment, se montrent plus ouvertes aux supports risqués. Sans renoncer à la sécurité, elles acceptent davantage l'idée de diversifier une partie de leur épargne vers des actifs plus dynamiques.

Assurance vie et PER : les piliers restent solides

Avec plus de 2.100 milliards d'euros d'encours, l'assurance vie conserve son statut de placement préféré des Français. Véritable « couteau suisse » patrimonial, elle combine souplesse, fiscalité attractive et diversité des supports. Si les fonds en euros garantis représentent encore près des trois quarts des encours, les unités de compte gagnent du terrain et captent une part croissante de la collecte.

Autre évolution majeure : le décollage du Plan d'Épargne Retraite (PER). Plus de 12 millions de Français en détiennent un, pour un encours supérieur à 130 milliards d'euros. Cette progression traduit une prise de conscience : plus de 70 % des actifs doutent de pouvoir maintenir leur niveau de vie à la retraite. Résultat, plus d'un Français sur deux épargne spécifiquement pour cette échéance.

Fait marquant : les jeunes considèrent désormais qu'il faut commencer tôt. Une majorité estime qu'il convient d'épargner pour la retraite avant 35 ans. Un véritable basculement culturel.

Cryptos, ETF, fintech : une nouvelle culture financière

Entre 2020 et 2025, plus de 1,5 million de nouveaux investisseurs particuliers sont entrés sur les marchés actions. Les moins de 35 ans y occupent une place croissante. Comptes en ligne, néobanques, gestion automatisée : l'investissement se digitalise.

Environ 12 % des ménages détiennent des cryptoactifs, proportion bien plus élevée chez les jeunes. Pour la majorité, il s'agit d'une part limitée de leur patrimoine, mais le phénomène est culturellement significatif : recherche de rendement, autonomie vis-à-vis des intermédiaires, attrait pour l'innovation.

Un paysage en recomposition

Banques, assureurs, mutuelles, courtiers, fintechs : l'offre s'est élargie. Pourtant, le marché se concentre autour de grands groupes qui captent l'essentiel des encours. Les acteurs traditionnels doivent composer avec la montée en puissance du numérique et des attentes plus personnalisées.

L'épargne française entre ainsi dans une phase de transformation profonde. Elle reste abondante et prudente, mais devient plus diversifiée, plus longue et plus technologique. En somme, les Français changent leurs outils, pas leur volonté de préparer l'avenir.

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