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Epargne : les Français épargnent beaucoup mais épargnent-ils bien ?

information fournie par BFG Capital 17/01/2026 à 08:03

un tas de pieces (Crédits: Unsplash - Mathieu Stern)

un tas de pieces (Crédits: Unsplash - Mathieu Stern)

Jamais les Français n'ont détenu autant d'épargne financière. Selon la Banque de France, le patrimoine financier des ménages atteignait 6 477,6 milliards d'euros fin juin 2025.

Un chiffre vertigineux qui représente deux fois la dette publique française. Si les Français épargnent beaucoup et que la France semble très riche sur le papier, pourquoi la réalité est-elle toute autre ? Décryptage.

Assurance-vie, livret A, comptes courants : une épargne abondante mais trop prudente

L'épargne financière des Français est dispersée entre assurance-vie, actions cotées, organismes de placement collectif, livrets réglementés et dépôts à vue.

Mais si un produit d'épargne tient le podium depuis des années, c'est bien l'assurance-vie ! Selon France Assureurs, à fin novembre 2025, son encours atteignait 2 106 milliards d'euros. Près de 20 millions de Français détiennent au moins un contrat, avec un capital moyen supérieur à 100 000 euros par souscripteur, souvent réparti sur plusieurs enveloppes. Une somme considérable, majoritairement investie dans des fonds en euros, à capital garanti.

Ces fonds sécurisés ont bénéficié d'un léger regain de rendement en 2025, avec un taux moyen estimé autour de 2,65 % hors prélèvements, selon Facts & Figures. Une amélioration bienvenue mais insuffisante sur le long terme.

Comme le rappelle Matthieu Plane, économiste à l'OFCE, six euros sur dix épargnés en France restent placés sur des supports peu risqués. Une prudence compréhensible en ces temps compliqués, mais qui pose un problème structurel. Bien qu'importante, cette épargne est “trop” sécurisée, n'alimentant ainsi que trop peu le financement des entreprises et de la croissance future.

L'épargne réglementée, souvent présentée comme la préférée des Français, joue en réalité un rôle plus secondaire. Le livret A, détenu par 57 millions de personnes, totalisait 438,9 milliards d'euros fin novembre. Un montant important, mais près de cinq fois inférieur à l'encours de l'assurance-vie. D'autant plus que les livrets sont loin d'être pleins : avec un encours moyen de 7 482 euros, ils ne représentent qu'un tiers de leur plafond autorisé.

La baisse du taux du livret A à 1,7 % en août 2025 a également refroidi l'enthousiasme des épargnants. Même logique pour ses cousins, le LEP ou le PEL. Bien qu'utiles, ils sont plafonnés et incapables à eux seuls de porter une stratégie patrimoniale de long terme.

L'épargne française : de l'argent qui dort et une économie qui attend

Bien que les chiffres de l'épargne soient très élevés, une somme rentre en compte et fausse les statistiques. On parle en effet de diversification des produits d'épargne, mais la Banque de France nous rappelle que 546 milliards d'euros demeurent aujourd'hui sur des comptes courants. De l'argent disponible, liquide certes, mais non rémunéré. À cela s'ajoutent près de 210 milliards d'euros conservés en espèces, selon une estimation de l'AFP à partir des données de la Banque de France. Autant de capitaux qui échappent à toute logique d'investissement. Et qui subissent, lentement mais sûrement, le grignotage de l'inflation.

Ce phénomène interroge. Il ne révèle pas un manque de moyens, non, mais un manque de confiance, de compréhension ou encore d'accompagnement. Un manque de culture F aussi. Comme Alireza Gorzin, président de BFG CAPITAL nous le rappelle : “ Dans un pays où l'épargne atteint des sommets, la question de la culture financière devient centrale. Car épargner sans stratégie, ce n'est pas protéger son avenir : c'est parfois simplement différer le risque, sans le transformer en opportunité.

Ce choix collectif de la prudence a un coût macroéconomique. Une épargne trop concentrée sur des supports garantis limite le financement des entreprises, freine l'innovation et réduit la capacité de l'économie à se projeter. On parle de crise, mais si on se base sur les chiffres, l'argent est là. Il circule juste très mal.

Un french paradox qui est le suivant : jamais les ménages n'ont autant épargné, jamais ils n'ont été aussi nombreux à détenir des produits financiers… et pourtant, une part significative de cette richesse reste immobile. Ce n'est pas un problème de volume. C'est un problème d'orientation.

Un french paradox, dans un pays où le taux d'épargne atteint aujourd'hui 18,9 % du revenu disponible brut, plaçant les ménages français au-dessus des Allemands en matière d'épargne financière.

Alors, comment faire évoluer les choses ? Pas besoin de nouveaux produits d'épargne cache-misère, commençons par une meilleure compréhension des mécanismes financiers et un développement de la culture financière. Car l'enjeu, désormais, n'est pas d'épargner davantage, mais d'épargner mieux.

Achevé de rédiger le 12 janvier 2026 par Amélie Yem, Responsable Communication et Marketing chez BFG Capital

3 commentaires
  • 17 janvier 10:54

    Le PEA et les ETF sont là pour justement nous aider et nous alléger tous les frais liés au marché boursier


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