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Épargner rassure, mais investir demande une vraie méthode. Un expert rappelle les bons réflexes pour mieux faire fructifier son argent.
Mettre de l’argent de côté reste un réflexe largement partagé chez les Français. Mais entre épargner et réellement investir, le fossé est parfois immense. Beaucoup privilégient encore les produits les plus rassurants, quitte à laisser dormir une grande partie de leur argent pendant des années. Une stratégie qui sécurise, certes, mais qui ne permet pas toujours de faire fructifier son patrimoine. Selon une étude OpinionWay réalisée pour Nalo en mars 2026, l’intérêt pour l’épargne reste élevé à tous les âges. En revanche, dès qu’il est question d’investissements financiers, les comportements changent nettement, notamment après 50 ans.
La diversification, clé d’un placement plus efficace
Cette prudence se retrouve dans les placements privilégiés par les épargnants les plus âgés. Livret A, LDDS, assurance-vie en fonds euros ou livrets bancaires occupent une place centrale dans leur patrimoine. Ces produits ont un avantage évident : ils limitent les risques et permettent de garder son argent disponible. Mais sur le long terme, leur rendement reste souvent faible face à l’inflation. Clément Nouvet, CEO de Nalo, estime d’ailleurs que beaucoup de Français surchargent inutilement leur épargne de précaution. Garder plusieurs dizaines de milliers d’euros sur un livret sécurisé n’a pas toujours de sens lorsque seules quelques mensualités de dépenses suffisent réellement à couvrir les imprévus.
Pour l’expert, la première erreur consiste justement à tout concentrer sur des placements sans risque. Ce n’est pas le fait de posséder un Livret A ou une assurance-vie qui pose problème, mais plutôt l’absence de diversification. Selon l’étude, seuls 13 % des 50-64 ans investissent en Bourse, tandis que les cryptomonnaies restent marginales dans cette tranche d’âge. À l’inverse, les jeunes générations se montrent beaucoup plus enclines à prendre des risques, parfois même de manière excessive. Entre l’épargne ultra-prudente et les investissements spéculatifs, il existe pourtant un équilibre plus raisonnable à construire.
Adapter ses placements à son âge et à ses projets
Le deuxième conseil avancé par Clément Nouvet concerne l’idée reçue selon laquelle investir serait réservé aux personnes disposant d’un gros patrimoine. D’après lui, quelques milliers d’euros peuvent déjà suffire pour commencer à construire une stratégie cohérente. Une personne disposant d’une épargne confortable sur son Livret A peut, par exemple, conserver une réserve de sécurité pour les dépenses imprévues et placer le reste sur des supports plus dynamiques. L’assurance-vie reste souvent privilégiée, notamment avant 70 ans, car elle offre un cadre fiscal intéressant pour préparer une transmission.
L’horizon de placement joue aussi un rôle central. Investir à 45 ans, à 60 ans ou à l’approche de la retraite ne répond pas aux mêmes objectifs. Certains cherchent à compléter leurs revenus futurs, d’autres souhaitent transmettre un capital ou anticiper une éventuelle perte d’autonomie. Pour l’expert, il est donc essentiel de définir clairement la durée pendant laquelle l’argent pourra rester investi. Plus cette période est longue, plus il devient envisageable d’intégrer des placements susceptibles de fluctuer davantage, mais aussi de générer de meilleurs rendements avec le temps.
Une stratégie d’épargne se construit dans la durée
Troisième conseil : ne pas rester seul face à ses choix financiers. Beaucoup d’épargnants se tournent naturellement vers leur banque habituelle, sans forcément comparer les frais ou les solutions proposées. Clément Nouvet recommande au contraire de se faire accompagner par des professionnels capables d’adapter les investissements au profil de chacun. La gestion pilotée séduit d’ailleurs de plus en plus d’épargnants qui ne souhaitent ni suivre les marchés au quotidien ni arbitrer eux-mêmes leurs placements. Cette approche permet de déléguer les décisions tout en conservant une stratégie définie à l’avance.
Enfin, le dernier réflexe à adopter consiste à regarder son épargne comme un ensemble plutôt que comme une accumulation de produits séparés. L’objectif n’est pas de supprimer totalement les placements sécurisés, mais d’éviter qu’ils occupent toute la place. Un capital qui reste uniquement sur des supports faiblement rémunérés finit souvent par perdre de sa valeur réelle avec le temps. Pour Clément Nouvet, l’erreur la plus fréquente reste cette conviction très répandue : penser que l’investissement n’est « pas fait pour soi ». Selon lui, mieux investir relève moins du montant disponible que des choix réalisés sur la durée.
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