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«Le climat n’est pas favorable aux affaires» : un bilan encore une fois mitigé pour les soldes d’hiver
information fournie par Le Figaro 03/02/2026 à 19:17
Temps de lecture: 3 min

(Crédits: Unsplash - Juli Kosolapova)

(Crédits: Unsplash - Juli Kosolapova)

Malgré des résultats plutôt positifs à Paris, les ventes sont en baisse par rapport à l'année dernière, déplorent les commerçants. Entre météo capricieuse et concurrence du Black Friday, les raisons sont multiples.

Ciel gris et averses lancinantes. Ce mardi matin de dernier jour des soldes d'hiver, la météo mitigée se reflète dans l'état d'esprit des commerçants parisiens. «Les gens sont beaucoup plus frileux avec ce qu'il se passe, le climat n'est pas favorable aux affaires. C'est le cas depuis le Covid : on a moins à dépenser, et on se rend compte que nos placards sont déjà pleins d'affaires» , se lamente Valérie, responsable d'un magasin de prêt-à-porter pour femmes dans le centre de la capitale. À l'inverse, Charlotte, vendeuse aux Galeries Lafayette, tire un bilan plus positif de la période promotionnelle hivernale. «On a fait un meilleur chiffre d'affaires que l'année dernière. Les premiers jours ont été frénétiques, ça s'est calmé puis ça a repris au début de la troisième démarque.»

Ce mardi matin, à quelques heures du coup de sifflet final des soldes d'hiver, les commerçants espèrent en profiter jusqu'au bout pour attirer des clients. Boulevard Haussmann, dans le 9 e arrondissement de Paris, les employés des Galeries Lafayette et du Printemps continuent de disposer soigneusement des écriteaux colorés annonçant les ultimes remises. Certains remercient même le ciel capricieux : «Quand il pleut, les gens viennent se réfugier à l'intérieur, et ça nous crée de l'affluence» , sourit Eric*, manager régional d'une marque de chemises qui possède un corner au Printemps.

Les commerçants parisiens satisfaits

Le premier bilan dressé par la Chambre de commerce et d'industrie de région Paris Île-de-France évoque «un bon cru pour les commerçants parisiens» . En effet, 76% des commerçants ont enregistré une hausse de leur chiffre d'affaires lors de cette édition des soldes d'hiver, soit 6 points de plus que l'année dernière. Pour 51% d'entre eux, l'augmentation du bénéfice dépasse même les 10%. De quoi préserver l'intérêt des commerçants parisiens pour les promotions hivernales : 87% d'entre eux estiment qu'elles ont encore un intérêt, selon les chiffres de la CCI Île-de-France.

Les magasins de la capitale peuvent remercier les touristes , qui ont particulièrement contribué au dynamisme des ventes pendant ces soldes. En effet, 68% des commerçants déclarent avoir accueilli des clients internationaux durant ces trois dernières semaines. Une clientèle qui représenterait près de 40% du chiffre d'affaires pour 18% d'entre eux. Dans le quartier parisien de la Madeleine, les gérants d'une boutique de valises reconnaissent bien volontiers le rôle des passants étrangers : «C'était un super mois de janvier, on a aussi été très portés par un afflux massif de touristes venus d'Arabie saoudite.»

Des résultats plus contrastés à l'échelle du pays

Toutefois, l'enthousiasme parisien ne s'étend pas au reste du pays. «Le bilan n'est pas bon. La tendance en termes de chiffres d'affaires est plutôt à la stabilité voire à la baisse et rares sont les commerçants qui notent une hausse» , déplore Pierre Talamon, président de la Fédération nationale de l'habillement. Un constat confirmé par l'Alliance du commerce, qui a fait savoir ce mardi que les ventes réalisées lors des soldes d'hiver ont baissé de 1,8% par rapport à 2025.

Des résultats en berne, qui s'expliquent aussi bien par les conditions météorologiques que par des tendances plus profondes. Si les ventes de la première semaine des soldes, marquée par d'importantes chutes de neige dans tout le pays, ont diminué d'environ de 5,7% par rapport à 2025, la multiplication des périodes de promotion et l'essor continu des plateformes d' ultra fast fashion sont également pointés du doigt. Les ventes en ligne affichent ainsi une légère croissance de 0,8% sur ces soldes d'hiver.

Trop de soldes tuent les soldes ?

Pour Pierre Talamon, «les soldes ont perdu de leur impact à cause des promotions anticipées type Black Friday et ventes privées» , jusqu'à modifier profondément le modèle économique des enseignes d'habillement : «Si les soldes pouvaient représenter 25% de leur chiffre d'affaires il y a 20 ans, elles sont tombées à 15% aujourd'hui.»

Ainsi, les périodes traditionnelles de soldes tendent à perdre de leur centralité, au bénéfice de promotions lissées sur l'ensemble de l'année. Les magasins misent sur des prix compétitifs en continu, pour répondre à la plus forte sensibilité au prix des consommateurs, constatée depuis la période Covid. «Ça fait 15 ans que je suis dans l'habillement. Avant, on avait la pression des soldes, il y avait la queue dans certains grands magasins. Il fallait être préparé» , remarque un vendeur au magasin Printemps. «Il y a les ventes privées, puis les soldes, puis les promotions spéciales Printemps, puis le Black Friday. Mis bout à bout, on passe une bonne partie de l'année en promotion» , observe-t-il. Les soldes, victimes d'une overdose de promotions ?

*Le prénom a été modifié.

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