Les agents de la Cnav traquent les fraudeurs. (illustration) (Vojtech Okenka / Pixnio)
En 2025, les agents de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) ont détecté 508,8 millions d'euros de fraude, un record. Pour comparaison, ce travail n'avait permis de mettre au jour « que » 300 millions d'euros il y a cinq ans, indique au Parisien le directeur général de l'organisme, Nicolas Grivel. D'après le responsable, ces bons chiffres résultent d'un meilleur ciblage des contrôles.
Une automatisation bénéfique
Ainsi, la Cnaf a renforcé sa collaboration avec le fisc, les douanes, et les services de police et gendarmerie. Elle a par ailleurs accès à des données bancaires ou enquête directement sur les réseaux sociaux. Les agents disposent plus facilement d'informations qu'ils devaient jusqu'à récemment aller vérifier sur le terrain, comme les couples qui se déclarent colocataires pour multiplier les aides.
Le pré-remplissage des ressources dans les déclarations a également bénéficié à la Cnaf. « Modifier une information préremplie par l’administration va beaucoup plus loin que lorsqu’on déclare un faux montant dans une case vide. Ce nouveau système est plus dissuasif » , assure Nicolas Grivel.
Un algorithme pour cibler certains profils
L'automatisation de nombreuses démarches permet de mettre en lumière les fraudes des particuliers et un algorithme spécial a même été développé pour identifier les profils à risque. Notamment lorsque le bénéficiaire doit lui-même déclarer certaines informations pour percevoir le RSA ou la prime d'activité. L'année dernière, 1,27 milliard d’euros ont ainsi été versés à tort aux allocataires.
« Il ne s’agit pas forcément de fraude mais plutôt d’erreurs, volontaires ou non , insiste le DG de la Cnaf. Nous récupérons plus de 80 % de ces sommes chaque année, bien souvent en ponctionnant directement les allocataires sur leurs futurs versements. »
Des réseaux organisés
Reste la lutte contre les réseaux plus organisés. Pour cela, la Cnaf a créé en 2021 un service national de lutte contre la fraude à enjeux (SNLFE). Les agents y traquent les escrocs qui créent de faux profils pour toucher des aides, en usurpant l'identité de véritables personnes. Un Niçois a par exemple récupéré 200.000 euros en se faisant passer pour différents bénéficiaires.
Dans le détail, 27,5 millions de contrôles automatisés ont été effectués en 2025 (pour 242.832.294 euros de sommes indûment versées), 1,6 million de contrôles sur pièces (pour 607.230.736 euros) et 83.000 contrôles sur place (pour 419.995.564 euros). La Cnaf verse chaque année près de 100 milliards d'aides à 13,5 millions d’allocataires.
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