Un cycliste le long de la Loire en partie asséchée à Orléans le 20 juillet 2026 ( AFP / Alain JOCARD )
Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, et le gouvernement estime que leur succession cet été pourrait coûter jusqu'à 15 milliards d'euros à la France.
"Ce mercredi est pour le moment la journée la plus chaude de cette 3e vague de chaleur devant le 29 juillet" a indiqué mercredi en fin d'après-midi Météo-France.
L'indicateur thermique national (ITN), moyenne de 30 stations météo représentatives du pays, a atteint 27,9°C, selon une valeur provisoire à 17h00.
Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont en vigilance orange canicule. Un chiffre qui grimpera à 80 jeudi.
Les 40°C ont été atteints dans plusieurs départements, comme le Cher (40,7°C à Chateaumeillant), l'Indre-et-Loire (40,5°C à Joué-lès-Tours), l'Hérault (40,5°C à Moules-les-Baucels) ou encore le Vaucluse (40,5°C à Cadenet), la Vienne (40,4°C à Le Vigeant) et le Gard (40,1°C à Nîmes).
Les canicules à répétition cet été pourraient coûter "de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros", selon la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui réunissait mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH).
Exemple des perturbations économiques : le parc de réacteurs nucléaires d'EDF a atteint mercredi matin un record d'indisponibilités dites "environnementales" liées aux fortes chaleurs et à l'arrivée massive de méduses dans la centrale de Gravelines (Nord), selon des calculs de l'AFP.
Mercredi soir, le ciel sera majoritairement dégagé, offrant des conditions parfaites pour observer la première éclipse solaire totale visible en Europe depuis 1999. Mais, en plus des lunettes de protection, il faudra prévoir casquettes et bouteilles d'eau.
Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.
"Fenêtres fermées"
Une fenêtre protégée par une couverture de survie pour limiter la chaleur à Paris le 20 juillet 2026 ( AFP / JOEL SAGET )
Dans la journée, les conditions sont encore rudes.
"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Montfort-sur-Meu, près de Rennes, qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraîchir.
Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la ville, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.
Cette répétition épuise aussi moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.
Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet.
Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.
Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.
Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile-de-France, où le plan canicule a été déclenché.
Le répit n'est pas attendu avant le week-end.
Restrictions d'eau
La rivière La Nouère à sec à Linars, en Charente; le 20 juillet 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )
Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.
Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, avec 43% d'entre eux, soit près de 1.370 cours d'eau, qui présentent des ruptures d'écoulement ou des assecs, a indiqué la ministre de la Transition écologique mercredi.
Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP.
Monique Barbut a appelé mercredi les préfets à faire appliquer les mesures "avec rigueur", à renforcer les contrôles et à n'accorder des dérogations qu'à titre "exceptionnel".
Le gouvernement a aussi revu en hausse le nombre de personnes affectées par des coupures d'eau du robinet, désormais "plus de 40.000".

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