Vue du quartier financier et d'affaires de La Défense à Puteaux, près de Paris
Le secteur des services en zone euro a reculé en août à son plus bas niveau depuis deux mois, mais une demande solide et généralisée a permis à l'activité globale du secteur privé de se maintenir à un niveau stable, montre une enquête publiée jeudi.
L'indice PMI des services de la zone euro, établi par S&P Global et HCOB, a légèrement reculé à 51,6 en août, alors que les économistes interrogés par Reuters tablaient sur un chiffre stable à 51,7, comme en première lecture et le mois précédent.
L'indice PMI composite, qui combine les services et la production manufacturière, est resté proche de sa moyenne à long terme de 52,3, s'établissant à 52,0, ce qui suggère que le secteur privé progresse à un rythme régulier.
La barre des 50 sépare croissance et contraction de l'activité.
"Les données PMI d'août indiquent que la zone euro est sur la voie d'un solide trimestre de croissance (...). L'élan dans l'économie industrielle s'est bien redressé et le secteur des services a surmonté la faiblesse initiale observée après la flambée des prix de l'énergie au début de la guerre au Moyen-Orient", note Joe Hayes, économiste chez S&P Global Market Intelligence.
Les nouvelles commandes dans le secteur des services, un indicateur clé de la demande, ont de nouveau enregistré une solide progression en août, même si cette hausse a été tirée par les ventes intérieures, les commandes à l’exportation ayant reculé.
Néanmoins, le renforcement de la demande de produits manufacturés a permis aux commandes à l'exportation du secteur privé dans son ensemble d'augmenter pour la première fois en quatre ans et demi.
L'emploi dans les services a progressé à son rythme le plus rapide depuis huit mois, prolongeant ainsi une tendance positive observée depuis juin. Dans l'ensemble du secteur privé, le mois d'août a marqué le premier mois de création nette d'emplois cette année.
Concernant les prix, les coûts des intrants et les prix à la production du secteur des services ont tous deux atteint en août leur plus haut niveau depuis trois mois.
L'inflation des coûts des intrants dans l'indice PMI composite a légèrement reculé, tandis que la hausse des prix à la production est restée inchangée. Les pressions sur les prix restent élevées par rapport aux normes historiques et supérieures aux niveaux observés avant le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
"Il est à noter que les données d'août ont indiqué un ralentissement de la tendance désinflationniste observée depuis que les indices PMI des prix ont atteint leur pic en mai", souligne Joe Hayes.
"Compte tenu de la résilience de l'activité économique illustrée par les derniers chiffres, la Banque centrale européenne pourrait estimer qu'un resserrement de la politique lors de la réunion de la semaine prochaine est désormais justifié", ajoute-t-il.
L'Espagne et l'Italie ont été les moteurs de la croissance dans la zone euro, tandis que l'Allemagne a enregistré sa plus forte expansion depuis mars. La France, en revanche, a fait figure d'exception par rapport à la tendance régionale, enregistrant son huitième mois consécutif de recul de l'activité.
(Jonathan Cable; version française Augustin Turpin, édité par Benoit Van Overstraeten)

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