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Une « épargne forcée » très convoitée

information fournie par Mingzi 13/05/2020 à 10:06

Pour relancer la consommation et donc la croissance, l'État mise notamment sur les 55 milliards d'euros « d'épargne forcée » que les Français, empêchés de consommer pendant le confinement, ont mis de côté. (Crédit photo: 123RF)

Pour relancer la consommation et donc la croissance, l'État mise notamment sur les 55 milliards d'euros « d'épargne forcée » que les Français, empêchés de consommer pendant le confinement, ont mis de côté. (Crédit photo: 123RF)

Alors que la dette de la France va s'envoler à 115% du PIB, se pose la question de savoir comment la rembourser. Les idées ne manquent pas pour piocher dans « l'épargne forcée » que les Français, empêchés de consommer pendant le confinement, ont mis de côté.

Une dette sans précédent pour la France

La crise du Coronavirus met les pays européens sous pression financière. Les déficits et les dettes publiques explosent partout en Europe pour amortir le choc de la crise. « Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et nos entreprises, quoi qu'il en coûte », avait annoncé Emmanuel Macron avant de débloquer 110 milliards d'euros pour financer son plan d'urgence. L'État Français va devoir emprunter au moins 90 milliards d'euros de plus que ce qui était prévu dans le budget. En conséquence, la dette cumulée va s'envoler à 115% du PIB en 2020, un niveau jamais atteint depuis la seconde guerre mondiale. « Les dettes que l'on est train d'accumuler en ce moment sont absolument considérables » s'alarmait l'économiste Elie Cohen sur France Info. « On s'est battus au cours des 18 derniers mois pour ne pas franchir la barre symbolique d'une dette qui représente 100% de la richesse nationale. Mais là on est passés en un mois de 100% à 115% ! » avait-t-il ajouté.

Qui va rembourser cette dette ?

La question est maintenant de savoir comment rembourser la dette. Faudra-t-il augmenter les impôts ? À ce stade, le gouvernement s'y refuse et préfère compter sur la reprise économique car si la croissance reprend, les entreprises et les particuliers paieront davantage d'impôts. Pour relancer la consommation et donc la croissance, l'État mise notamment sur les 55 milliards d'euros « d'épargne forcée » que les Français, empêchés de consommer pendant le confinement, ont mis de côté. Si l'intégralité de cette épargne était consommée, la contribution de huit semaines de confinement à la dégradation du PIB passerait de 5 à 2 points.

Les Français vont-ils utiliser ces 55 milliards d'euros pour consommer ou encore les réinvestir dans « l'économie productive » après le déconfinement ? Rien n'est moins sûr. Par précaution, les ménages pourraient conserver leur épargne pendant encore quelques mois. Rappelons que fin 2018, les 17 milliards d'euros que l'État a distribué aux Français à faibles revenus pour sortir de la crise des « gilets jaunes, n'ont pas été consommés mais ont été en grande partie épargnés.

La tentation est donc grande de prendre des mesures pour inciter les Français à utiliser cette épargne ou tout simplement de ponctionner cette épargne pour rembourser la dette : taxation de l'épargne, impôt sur le patrimoine, incitations fiscales, création d'un produit d'épargne spécifique … les idées ne manquent pas pour piocher dans l'épargne des Français …

Taxer l'épargne

Certains États européens ont déjà eu recours à la taxation de l'épargne des contribuables. En 1992, le gouvernement Italien avait ainsi prélevé 0,6% sur les dépôts bancaires, ce qui lui avait permis de récupérer 15 milliards d'euros (la dette avait atteint presque 120% du PIB). En contrepartie du plan d'aide européen de 10 milliards d'euros, Chypre avait accepté de taxer à hauteur de 47,5% les dépôts bancaires de la Bank of Cyprus supérieurs à 100 000 euros.

En France, pour rembourser la dette du Coronavirus, des députés socialistes ont demandé un prélèvement exceptionnel et solidaire sur les encours d'assurance-vie supérieurs à 30 000 euros.

Il y a quelques semaines, trois économistes Français renommés ont proposé la création d'un impôt européen sur le patrimoine, un impôt progressif sur la fortune, limité dans le temps et à l'échelle européenne. Il s'appliquerait aux patrimoines de plus de 2 millions d'euros, avec un taux d'imposition par tranche : la partie du patrimoine comprise entre 2 et 8 millions d'euros serait taxée à 1%, celle comprise entre 8 millions et 1 milliard à 2% et celle supérieure à 1 milliards à 3%. Une telle taxe reviendrait à prélever 1,05% du PIB de l'Union européenne chaque année et permettrait de rembourser le dette " Covid " au bout de dix ans.

Créer un nouveau produit d'épargne règlementé

Le député Les Républicains Éric Woerth a proposé la création d'un Livret C, un nouveau produit d'épargne construit sur le même principe que celui du Livret A, qui aurait pour objectif de capter l'épargne qui « ne sera pas intégralement consommée lors du déconfinement progressif » pour l'orienter vers l'investissement dans les entreprises.

Des avantages fiscaux plus ciblés

« Au-delà des tentations dirigistes, une réflexion sur une meilleure corrélation entre avantages fiscaux et prises de risques en matière d'épargne serait peut-être plus utile » explique Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Épargne. « Actuellement, tous les compartiments de l'épargne française bénéficient d'avantages fiscaux, du court terme au long terme, ceux avec risques comme ceux sans risque » ajoute t'il.

12 commentaires

  • 26 mai 10:43

    toujours taxer la classe moyenne. L'immigration coute 400Md euros par an...


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