Les secours interviennent à Kiev en Ukraine au siège du service de sécurité (SBU) après l'attaque d'un drone russe sur le bâtiment, le 4 septembre 2026 ( AFP / Maryke VERMAAK )
Le siège des services de sécurité ukrainiens (SBU) a été touché vendredi par une frappe de drone russe en plein centre de Kiev, une attaque spectaculaire qui visait, selon le président Volodymyr Zelensky, le bureau du chef de ce puissant organisme.
Cette frappe survient deux jours avant la toute première visite en Ukraine de Steve Witkoff et Jared Kushner, les émissaires du président Donald Trump qui a indiqué vendredi que les deux hommes se rendaient à Moscou et Kiev avec une proposition pour "mettre fin à la guerre".
Ils sont d'abord attendus à Moscou samedi, selon Axios et le New York Times, puis à Kiev dimanche, a indiqué de son côté le président ukrainien qui a proposé à la Russie un arrêt des frappes aériennes pendant ces visites.
Vendredi, en fin d'après-midi, un drone russe a frappé le bâtiment principal du SBU, dans le quartier historique de la capitale, une première depuis le début du conflit.
"Le drone visait directement le bureau du chef du service de sécurité", Oleksandre Poklad, a affirmé le président ukrainien, précisant s'être entretenu avec ce dernier et l'avoir chargé d'"apporter une réponse appropriée et tangible" à cette attaque.
M. Poklad n'était pas dans son bureau au moment de la frappe, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP.
Volodymyr Zelensky a ensuite diffusé sur la messagerie Telegram deux photos le montrant en train de discuter avec le chef du SBU. "Les zones à cibler ont été identifiées. Le moment sera choisi de manière à garantir une issue favorable", a-t-il écrit.
Des journalistes de l'AFP ont vu de la fumée s'élever au-dessus du centre-ville, tandis que de nombreux passants observaient le travail des services de secours dépêchés sur place.
Quinze personnes ont été blessées, a indiqué l'administration militaire de la capitale, sans préciser si elles se trouvaient dans le bâtiment visé.
"Redynamiser la diplomatie"
Photographie fournie par la présidentielle ukrainienne le 4 septembre 2026du président ukrainien Volodymyr Zelensky, à gauche, et à droite du chef du SBU Oleksandre Poklad ( UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / Handout )
Alors qu'aucune issue diplomatique au conflit ne semble en vue, Moscou a multiplié ces dernières semaines ses frappes de drones et missiles de jour comme de nuit sur Kiev et d'autres villes du pays, où les alertes aériennes se succèdent à un rythme de plus en plus rapproché.
Cet été, l'armée ukrainienne a également intensifié ses bombardements en Russie, parfois très loin du front, disant cibler des infrastructures logistiques, militaires et énergétiques.
M. Zelensky a prévenu cette semaine que l'espace aérien russe était désormais dangereux en raison des drones ukrainiens, avertissement qualifié par son homologue russe Vladimir Poutine de "terroriste".
Kiev a indiqué mercredi avoir officiellement notifié cette situation à l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Et vendredi, Moscou a demandé à l'OACI de "condamner" les déclarations "illégales" de Kiev.
Dans ce contexte, les émissaires du président des Etats-Unis, Steve Witkoff et Jared Kushner doivent se rendre à nouveau à Moscou et, pour la première fois, dans la capitale ukrainienne dimanche.
"Nous les avons envoyés pour voir si nous pouvions faire avancer les choses, et il y a une bonne chance pour que nous y parvenions", a affirmé Donald Trump aux journalistes depuis le Bureau ovale.
"Nous avons une idée pour la paix", a-t-il déclaré, refusant de dire si la proposition actuelle comprend toute cession de territoire de la part de Kiev.
Le président ukrainien a affirmé que Kiev ne conduira pas de frappes sur la Russie pendant cette visite, et a demandé à la Russie d'"assurer réciproquement un cessez-le-feu - sans ses propres frappes - pendant la durée nécessaire à la conduite de ces négociations".
Moscou, où les envoyés de Donald Trump ont été reçus pour la dernière fois en janvier, n'a pour l'instant ni confirmé la visite, ni répondu à cette proposition.
Le déplacement, événement rare, du directeur de la CIA, John Ratcliffe, la semaine dernière à Moscou avait suscité de nombreuses spéculations. Selon le Kremlin, il a rencontré les services de renseignements russes. Le président des Etats-Unis a qualifié ce déplacement de "semi-routine".
Depuis son retour à la Maison Blanche, début 2025, il a amorcé plusieurs cycles de pourparlers pour tenter de trouver une issue au conflit, qui pour l'heure n'ont mené à aucune avancée tangible.
Fin juillet, le président ukrainien s'était entretenu par téléphone avec les émissaires de Donald Trump afin de "redynamiser la diplomatie".
Ces efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit armé le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, sont cependant passés au second plan de l'agenda de Washington depuis l'éclatement, en février, de la guerre au Moyen-Orient.

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