Des représentants des médias se rassemblent autour du bâtiment endommagé de l’université Shahid Beheshti après une frappe, à Téhéran, le 4 avril 2026 ( AFP / - )
Donald Trump a lancé samedi un ultimatum de 48 heures à l'Iran pour conclure un accord ou rouvrir le détroit stratégique d'Ormuz, tandis qu'une centrale nucléaire iranienne emblématique a été visée.
Au 36e jour de la guerre déclenchée par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, les autorités du pays et l'armée américaine ont parallèlement poursuivi leurs recherches pour retrouver un aviateur américain disparu après le crash d'un avion de combat la veille dans le sud-ouest du pays.
"Vous vous souvenez quand j'ai donné 10 jours à l'Iran pour CONCLURE UN ACCORD ou ROUVRIR LE DETROIT D'ORMUZ. Le temps presse - 48 heures avant de déchaîner les enfers sur eux", a écrit le président des Etats-Unis sur sa plateforme Truth Social.
Le 26 mars, M. Trump avait émis un ultimatum de 10 jours à Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, voie maritime clé pour l'économie mondiale et bloquée par l'Iran depuis le début de la guerre. A défaut, M. Trump avait menacé de détruire les centrales électriques en Iran, l'échéance ayant alors été fixée au "lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington".
Plus tôt samedi, la centrale nucléaire de Bouchehr, construite avec l'aide de la Russie, a été visée par une frappe. Seule installation nucléaire civile opérationnelle en Iran, elle a déjà été visée à quatre reprises depuis le début de la guerre le 28 février.
Selon l'agence de presse Irna, un projectile a touché "une zone proche de la centrale", où un garde a été tué. Aucun dommage n'a été recensé sur les installations, selon la même source.
La Russie a annoncé que près de 200 des employés du géant nucléaire Rosatom avaient commencé à évacuer la centrale "à peu près 20 minutes après" la frappe.
- Aviateur recherché -
Pendant ce temps, Téhéran et Washington s'activent pour retrouver un des deux occupants du premier avion américain à s'être écrasé depuis le début de la guerre en Iran.
L'armée iranienne a affirmé avoir abattu vendredi un chasseur-bombardier F-15E. Un des deux aviateurs s'est éjecté et a été exfiltré par des forces spéciales, le sort du second demeurant inconnu, ont rapporté des médias américains.
L'armée iranienne a aussi affirmé avoir touché un autre avion américain, un A-10 Thunderbolt II, qui s'est ensuite abîmé dans le Golfe. Le New York Times avait auparavant fait état de la chute d'un avion américain près du détroit d'Ormuz, ajoutant que son seul pilote avait été secouru.
Un bâtiment endommagé par de récentes frappes est visible à travers un rideau installé sur une partie extérieure du palais historique du Golestan, à Téhéran, le 4 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
La Maison Blanche s'est bornée à dire que M. Trump avait "été tenu informé" de la perte d'un appareil dans le sud-ouest de l'Iran.
Dans une interview à NBC, il a assuré que cela ne changeait "rien du tout" à la tenue d'éventuelles négociations avec Téhéran pour trouver une issue au conflit, qui ébranle l'économie mondiale.
Depuis le début de la guerre, aucun soldat américain n'a été tué ni capturé sur le sol iranien, mais 13 ont péri au Koweït, en Arabie saoudite et en Irak.
S'étendant à plusieurs pays de la région, les hostilités ont fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.
- Infrastructures visées -
Le F-15E a été détruit par un système de défense antiaérien des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne, a déclaré un porte-parole des forces armées.
Un bâtiment de Rosh Haayin, dans la banlieue de Tel-Aviv, touché par une frappe iranienne le 4 avril 2026 ( AFP / Jack GUEZ )
Une vidéo authentifiée par l'AFP montre des policiers iraniens tirant en direction d'hélicoptères américains survolant un secteur de la région de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (sud-ouest).
Des militaires et des membres de tribus locales participent aux recherches et ont "tiré hier (vendredi) soir sur des hélicoptères ennemis en les empêchant d'atterrir", a affirmé le gouverneur adjoint de la province, Fattah Mohammadi, cité par l'agence iranienne Mehr.
D'autres infrastructures iraniennes ont été visées, dont un terminal commercial à un poste-frontière avec l'Irak, tuant un ressortissant irakien. Une installation pétrochimique a été visée à Mahshahr (sud-ouest), faisant cinq blessés, ainsi qu'une cimenterie à Bandar Khamir (sud), sans faire de victimes, selon des médias iraniens.
Donald Trump avait menacé de s'en prendre à des infrastructures civiles comme les centrales électriques, bien que cela puisse exposer les Etats-Unis à des accusations de crimes de guerre.
Plus de 30 universités ont été également visées depuis le 28 février, selon le ministre iranien des Sciences.
- Un navire attaqué -
L'Iran dit viser les pays du Golfe qui abritent des intérêts américains, en représailles aux frappes visant son territoire.
Cette photographie aérienne montre un bâtiment endommagé après avoir été touché par une frappe iranienne dans un quartier résidentiel de Ramat Gan, près de Tel-Aviv, le 4 avril 2026 ( AFP / Jack GUEZ )
Il frappe aussi Israël où cinq personnes ont été blessées samedi à Tel-Aviv et dans le centre d'Israël après plusieurs salves de missiles iraniens ayant causé des dégâts matériels, selon les secours.
Au Liban, où l'armée israélienne lutte contre mouvement pro-iranien Hezbollah, deux fillettes ont été tuées et 40 personnes ont été blessées dans des frappes israéliennes samedi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.
La ville de Tyr a notamment été bombardée, et un hôpital a été endommagé.
Dans le détroit d'Ormuz, les Gardiens de la Révolution ont dit avoir visé par drone un navire "lié" à Israël, qui a pris feu dans un port de Bahreïn.
La navigation s'effectue au compte-gouttes dans ce détroit crucial pour l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz: un second navire appartenant à un armateur turc a pu passer, ainsi qu'un bateau battant pavillon indien chargé en GPL.
Enfin, le département d'Etat américain a annoncé samedi l'arrestation aux Etats-Unis de la nièce et la petite-nièce du général iranien Qassem Soleimani, haut responsable des Gardiens de la Révolution tué en 2020 en Irak par une frappe de drone ordonnée par Donald Trump.

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