Près de la moitié des cadres interrogés chercheraient un nouveau travail en cas de suppression du télétravail.
( AFP / LOIC VENANCE )
Si quelques groupes ont décidé de réduire le recours au télétravail pour leurs cadres, la très large majorité des entreprises ne montrent aucune intention de modifier leur politique envers cette pratique appréciée, selon une étude publiée jeudi 12 mars par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec).
Près de neuf entreprises sur dix (89%) n'ont pas changé leur politique de télétravail pour les cadres en 2025 et 94% envisagent un statu quo pour 2026, selon cette étude. Seules 9% ont réduit ou supprimé la possibilité de télétravailler l'an dernier, 2% ont augmenté le nombre de jours autorisés, selon deux enquêtes réalisées en décembre 2025 auprès d'un échantillon représentatif de 2.000 cadres et de 1.000 entreprises employant au moins un cadre.
"Au-delà de quelques cas médiatisés de grandes entreprises revenant sur leur politique de télétravail, ce sont surtout des TPE et PME qui ont restreint les possibilités de télétravail " pour respectivement 8% et 10% d'entre elles, contre 5% pour les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises, relève l'Apec.
"Les décisions médiatisées de quelques grandes entreprises de réduire le télétravail ont donné l'impression d'un retour en arrière. En réalité, cela ne concerne que très peu d'entreprises", affirme dans un communiqué la directrice générale de l'Apec, Laetitia Niaudeau.
Influence positive sur la qualité de vie
En février, plusieurs centaines de salariés du géant français des jeux vidéo Ubisoft avaient fait grève pour réclamer que la direction revienne sur son projet de retour à cinq jours de présentiel par semaine.
Les entreprises permettant le télétravail sont convaincues aux deux-tiers qu'il a une influence positive sur la qualité de vie au travail, contre seulement 9% qui jugent cette influence négative, 24% estimant qu'il n'y a pas d'influence.
Le bilan est un peu plus nuancé concernant l'effet sur la productivité des salariés : 45% pensent que le télétravail exerce une influence positive en la matière, contre 12% qui la trouvent négative et 43% qui estiment que cela n'a pas d'effet.
Comme les années précédentes, les cadres qui en bénéficient restent très attachés au télétravail et seraient à 80% mécontents s'il venait à être supprimé, tandis que près de la moitié (48%) déclarent qu'ils chercheraient le cas échéant à changer d'entreprise.
L'Apec relève encore que 61% des télétravailleurs peuvent changer de jours de télétravail chaque semaine et que 47% peuvent le faire sans validation de leur manager. "Le télétravail n’est plus qu’un simple avantage : c’est devenu un pilier essentiel du statut cadre", estime l'Apec.
"Pour la majorité des entreprises, réduire le télétravail présenterait aujourd'hui plus de risques que d'avantages, notamment en matière d'attractivité et de fidélisation des talents", explique Laetitia Niaudeau.
1 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer