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Suspension de l'aide à l'Ukraine : Le Pen joue l'apaisement, ses lieutenants montent au front
information fournie par AFP 16/10/2026 à 13:47

La candidate RN à la présidentielle Marine Le Pen à Moissac dans le Tarn-et-Garonne le 12 octobre 2026 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

La candidate RN à la présidentielle Marine Le Pen à Moissac dans le Tarn-et-Garonne le 12 octobre 2026 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Décidée à stopper l'aide financière à Kiev dans les six mois suivant sa possible élection à la tête de l'Etat, Marine Le Pen joue l'apaisement avec Volodymyr Zelensky qu'elle se dit prête à rencontrer.

Dans le même temps, les lieutenants du RN critiquent ouvertement le président ukrainien, accusé de "condescendance" et de "chantage affectif".

En réaffirmant cette semaine son intention de couper le robinet à l'Ukraine, Marine Le Pen s'est d'abord attirée une pluie de condamnations de ses rivaux à l'élection présidentielle.

"Trahison", a dénoncé Edouard Philippe. "Capitulation, soumission", a renchéri Raphaël Glucksmann. "Elle veut laisser les Ukrainiens se faire trucider, ça ne lui pose aucun problème", a insisté Gabriel Attal. Et tous d'en déduire qu'elle "sert les intérêts de la Russie", voire qu'elle "prend ses ordres à Moscou", car elle serait le "valet de Poutine".

Attaques habituelles pour le parti à la flamme, plutôt surpris en revanche par la réponse de Volodymyr Zelensky, qui a souligné jeudi le côté "gagnant-gagnant" de la "coopération" entre les deux pays, notamment en termes de technologies d'armement.

Une "expérience" éprouvée au combat qui ne peut selon lui que bénéficier à l'industrie militaire tricolore, a ajouté le chef de guerre ukrainien, critiquant une Marine Le Pen qui "ne maîtrise pas bien certains détails".

Le vice-président du RN Sébastien Chenu à Paris le 8 octobre 2026 ( AFP / LOU BENOIST )

Le vice-président du RN Sébastien Chenu à Paris le 8 octobre 2026 ( AFP / LOU BENOIST )

La petite pique n'a pas plus à l'état-major du RN. Vendredi matin, le vice-président du parti d'extrême droite, Sébastien Chenu, a estimé sur LCI que "M. Zelensky ne devrait pas faire preuve de cette condescendance" à l'égard de sa cheffe, qui après tout "ne le prend pas en traître" en le prévenant un an à l'avance.

"C'est une espèce de chantage affectif", a jugé au même moment Laure Lavalette, porte-parole de la favorite des sondages, fustigeant sur franceinfo la "grande leçon de patriotisme assez sidérante" du chef d'Etat ukrainien, confronté depuis février 2022 à l'invasion de son pays par la Russie.

"Au pied du mur"

Jeudi soir pourtant, Mme Le Pen s'était montrée plus conciliante, assurant sur Cnews et Europe1 n'avoir "rien à titre personnel contre M. Zelensky", avec qui elle "pourrait parfaitement débattre de ce sujet quand il le souhaitera".

Sollicitant presque une invitation à Kiev, elle a affirmé qu'elle "viendrait avec plaisir (s'il) souhaite que nous discutions". Mais cela ne changera pas son point de vue : à ses yeux, la France "n'a plus les moyens financiers d'apporter une aide" qui lui coûte "six milliards d'euros par an".

Marine Le Pen à Bruxelles le 14 octobre 2026 ( AFP / NICOLAS TUCAT )

Marine Le Pen à Bruxelles le 14 octobre 2026 ( AFP / NICOLAS TUCAT )

Une somme qu'elle entend récupérer dans le cadre de son vaste plan d'économies de 140 milliards d'euros sur le prochain quinquennat. Plus question donc de verser le moindre centime au-delà du grand prêt européen déjà acté pour cette année et la suivante.

"Nous ne pouvons plus nous permettre de ne pas réserver à notre peuple l'argent qu'ils ont versé par l'intermédiaire de leurs impôts", justifie-t-elle, tout en promettant de "continuer à apporter notre aide militaire, éventuellement du matériel".

Discours "d'honnêteté", ajoute-t-elle, vis-à-vis d'un partenaire ukrainien qu'elle jure vouloir "ne pas mettre au pied du mur".

Mais cette séquence intervient au moment de la spectaculaire volte-face du président américain Donald Trump qui a, coup sur coup, annoncé un accord avec la Russie pour l'achat de diesel et appelé les Ukrainiens à "se doter d'un nouveau dirigeant", tandis que l'accès à un réseau satellite américain crucial pour la défense de Kiev a été restreint sans raison officielle.

Dans ces circonstances, "les Français ne vont pas forcément supporter qu'on abandonne l'Ukraine" à l'orée d'un nouvel "hiver absolument douloureux", anticipe Célia Belin. Pour cette chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR), Marine Le Pen "prend un risque politique" en adoptant "une position tout à fait populiste à un moment où il faut se serrer les coudes avec les autres Européens".

2 commentaires

  • 14:31

    Pour le moment elle fait la course en tête et sans vouloir je ne lui barrerai plus la route


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