( AFP / DANIEL ROLAND )
L'euro numérique constituerait une alternative européenne aux systèmes de paiement électroniques gérés par des opérateurs privés pour la plupart américains, comme Visa, Mastercard et American Express, mais aussi PayPal, Apple Pay ou Google Pay.
Un pas de plus vers la création de la version dématérialisée de l'euro. Le Parlement européen a validé ce jeudi 9 juillet à Strasbourg la relance des discussions sur le projet de l'euro numérique, qui étaient quasiment au point mort depuis trois ans.
Les eurodéputés ont approuvé à une très large majorité (416 voix contre 169) la décision des membres du comité des Affaires économiques, qui s'étaient prononcés en juin pour l'ouverture de négociations avec les Etats membres. Ces discussions, qui devraient démarrer prochainement, doivent permettre de trouver un compromis avec les 27 sur le projet de loi portant création de l'euro numérique.
Il s'agit d'une avancée majeure pour cette version dématérialisée de l'euro que la Banque centrale européenne (BCE) espère pouvoir lancer en 2029, sous réserve que la législation nécessaire soit adoptée d'ici la fin de l'année. Utilisable pour les paiements en ligne, en magasin ou entre particuliers, l'euro numérique constituerait une alternative européenne aux systèmes de paiement électroniques gérés par des opérateurs privés pour la plupart américains, comme Visa, Mastercard et American Express, mais aussi PayPal, Apple Pay ou Google Pay. La Commission européenne avait proposé dès 2023 un projet de loi pour autoriser l'euro numérique, mais le texte était resté depuis enlisé au Parlement, notamment en raison de craintes liées à la confidentialité des paiements et à la protection de la vie privée.
Un coût astronomique
Le projet est par ailleurs vivement combattu par le secteur bancaire européen, qui dénonce son coût astronomique et estime qu'il ferait de l'ombre aux solutions déjà développées par la filière, comme la plateforme de paiement paneuropéenne Wero. Mais les parlementaires ont levé leurs réticences ces derniers mois, au nom de la défense de la souveraineté européenne dans le domaine des paiements.
"Certains préfèrent vous effrayer avec un scénario dystopique où l'euro numérique serait utilisé comme un outil de contrôle", mais "je vous assure qu'ils mentent, car une majorité au sein de cette assemblée a conçu un système respectant les normes de confidentialité les plus strictes", a défendu avant le vote l'élu espagnol Fernando Navarrete Rojas (PPE, droite), rapporteur du Parlement sur ce texte.
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