Un écran de télévision diffuse un journal télévisé avec des images d'archives d'un essai de missile nord-coréen, dans une gare de Séoul, le 20 août 2026 en Corée du Sud ( AFP / Jung Yeon-je )
La Corée du Nord a tiré jeudi une dizaine de missiles balistiques, a annoncé l'armée sud-coréenne quelques heures après que Donald Trump a affirmé qu'il rencontrerait le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un cette année.
Ces nouveaux tirs de Pyongyang interviennent alors que Séoul et Washington ont écourté cette semaine leurs exercices militaires conjoints, à la demande du président des Etats-Unis.
Ces manoeuvres annuelles irritent la Corée du Nord, qui détient l'arme nucléaire et est techniquement toujours en guerre avec le Sud. Les deux parties de la péninsule n'ont pas signé de traité de paix à l'issue de leur conflit de 1950-1953.
Donald Trump, qui cherche à réactiver les relations nouées avec Kim Jong Un lors de son premier mandat, a déclaré mercredi aux journalistes à la Maison-Blanche qu'il prévoyait de rencontrer le dirigeant nord-coréen cette année.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump lors d'une rencontre dans la zone démilitarisée séparant la Corée du nord et la Corée du sud, le 30 juin 2019 ( AFP / Brendan Smialowski )
Il a également souligné qu'il était important de "bien s'entendre" avec le dirigeant reclus, précisant que Pyongyang disposait désormais de 57 armes nucléaires "très puissantes", Séoul affirmant de son côté que Pyongyang détient de 80 à 120 armes nucléaires.
Quelques heures après les déclarations du président Trump, un responsable de l'état-major interarmées de Séoul a indiqué à l'AFP que le Nord avait tiré "environ 10 missiles balistiques de courte portée" depuis la région de Pyongyang.
Le Japon avait rapporté plus tôt qu'un "missile balistique lancé par la Corée du Nord il y a peu de temps était retombé", dans un message publié sur le réseau social X par les services du Premier ministre.
Alarme chez les alliés
L'attention soudaine portée par Donald Trump à Kim Jong Un et la réduction des exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Corée du Sud ont sonné l'alarme chez les alliés asiatiques de Washington.
Des observateurs y voient une manière pour le président américain de rechercher un succès en politique étrangère au moment où la guerre en Iran s'enlise.
Des soldats sud-coréens présentent des armes lors d'un exercice de défense civile simulant une éventuelle attaque d'artillerie de la Corée du Nord, dans un abri à Séoul, le 20 août 2026, en marge d'un exercice militaire conjoint entre la Corée du Sud et les États-Unis baptisé "Ulchi Freedom Shield" ( AFP / Jung Yeon-je )
La durée de ces manoeuvres a été réduite de six jours, le Pentagone assurant toutefois préserver les "objectifs" militaires américains.
Kim Yo Jong, soeur influente du dirigeant nord-coréen, a raillé jeudi ce qui constitue un camouflet pour Séoul.
"Ce retournement soudain est un désastre mérité, causé par les illusions et la conception de sécurité irréalistes et anachroniques des autorités sud-coréennes, qui suivent aveuglément leur maître", a déclaré Kim Yo Jong dans un communiqué.
Manifestation contre l'exercice militaire conjoint entre la Corée du Sud et les États-Unis, baptisé "Ulchi Freedom Shield" (UFS), devant l'ambassade des États-Unis à Séoul, le 17 août 2026 en Corée du Sud ( AFP / Jung Yeon-je )
"C'est ce qu'on appelle recevoir ce qu'on mérite", a-t-elle ajouté.
Mercredi, elle avait par ailleurs affirmé n'être "pas du tout au courant" d'une quelconque communication entre son frère et Donald Trump.
Dénucléarisation
Les Etats-Unis entretiennent un contingent de 28.500 militaires en Corée du Sud, un de leurs principaux déploiements en Asie.
Une partie de ces effectifs devait être mobilisée au côté de 18.000 militaires sud-coréens pour ces exercices.
Le ministre de la Défense de la Corée du Sud, Ahn Gyu-back, a déclaré que Séoul restait opposé à la reconnaissance du Nord en tant qu'État doté de l'arme nucléaire.
Des soldats sud-coréens participent à un exercice antiterroriste dans un hôtel àSéoul, le 19 août 2026, en marge d'un exercice militaire conjoint entre la Corée du Sud et les États-Unis baptisé "Ulchi Freedom Shield" ( AFP / Jung Yeon-je )
Interrogé sur la question de savoir si Washington avait "renoncé" à la dénucléarisation de la Corée du Nord, le ministre a répondu qu'il ne le pensait pas.
Le président sud-coréen Lee Jae Myung — qui milite de longue date pour un renforcement des capacités de défense nationales afin de réduire la dépendance de la Corée du Sud envers les États-Unis — a déclaré mercredi qu'il ferait "tout son possible" pour soutenir les efforts de paix de Donald Trump avec le Nord.

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