Des passants passent devant la Banque d'Angleterre, dans le centre de Londres
L'inflation en Grande-Bretagne a accéléré sur un an en août pour atteindre son plus haut niveau sur les cinq derniers mois, montrent des données officielles publiées mercredi, mais si l'on exclut les prix de l'énergie, qui flambent en raison du conflit au Moyen-Orient, les données sont restées stables.
La publication de ces chiffres intervient à la veille de la prochaine décision de politique monétaire de la Banque d'Angleterre (BoE), qui devrait maintenir une nouvelle fois son taux directeur à 3,75%.
Les prix à la consommation ont progressé en volume de 3,1% le mois dernier - après +2,9% en juillet - une hausse conforme aux attentes des économistes interrogés par Reuters, qui avaient pris en compte l'impact de la reprise des combats entre les États-Unis et l'Iran au Moyen-Orient sur l'inflation.
"Les fortes hausses des prix de l'essence et du diesel ont de nouveau fait grimper l'inflation en août. L'augmentation des tarifs aériens, surtout pour les longs trajets, y a aussi contribué", explique Grant Fitzner, économiste en chef à l'Office national de la statistique (ONS).
"La hausse des prix du pétrole brut et de l'essence a fait augmenter à la fois le coût annuel des matières premières et le prix des biens quittant les usines", ajoute-t-il.
D'autres hausses sont attendues dans les prochains mois avec l'augmentation des factures d'énergie des ménages, qui suivent les prix du marché avec un léger décalage.
En rythme mensuel, les prix ont augmenté en août de 0,5%, également comme prévu, après une hausse de 0,3% un mois plus tôt.
L'inflation dite de base, quant à elle, ressort à +2,6% sur une base annuelle et à +0,3% sur une base mensuelle, après respectivement +2,6% et +0,2% et des consensus à +2,6% et +0,3%.
L'accélération de l'inflation renforce la pression sur le Premier ministre britannique Andy Burnham et le chancelier de l'Échiquier, John Healey, qui ont déjà passé des mesures de soutien face à la hausse du coût de la vie, mais arrivent à court d'options à l'approche de la présentation du budget le 28 octobre, dans un contexte de faiblesse des finances publiques.
"La guerre au Moyen-Orient a un impact sur l'inflation dans le monde entier, pas seulement chez nous. Sur nos factures, nos courses hebdomadaires et aux stations-service," a déclaré John Healey après la publication des chiffres de l'inflation.
Les investisseurs estiment à environ 20% la probabilité d'une hausse des taux d'un quart de point par la BoE jeudi, mais s'attendent à 75% à deux hausses d'ici la fin de l'année, reflétant les inquiétudes concernant l'impact de la flambée des coûts énergétiques sur les prix.
(Rédigé par Rihab Latrache et Augustin Turpin, avec William Schomberg, édité par Benoit Van Overstraeten)

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