Raphaël Glucksmann (c), candidat du PS et de Place publique à le présidentielle, parle à la presse après une réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon, le 22 octobre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )
La gauche est ressortie jeudi déçue, voire "en colère", de la réunion des partis politiques à Matignon avec Sébastien Lecornu, qui portait sur le maintien de l'ordre, défendu par la porte-parole du gouvernement comme "la priorité" avant toute "prise en compte" des revendications sociales.
Le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, a fustigé une réunion qui a "fait perdre" du temps au pays en raison, selon lui, du refus du Premier ministre d'aborder les revendications sociales des manifestants.
Lors de la réunion, consacrée au maintien de l'ordre, le Premier ministre, "à aucun moment, n'est rentré dans le débat précis sur les revendications des jeunes, sur les revendications du pays, sur la colère, sur la souffrance sociale", a dénoncé Manuel Bompard, en pointant une "stratégie qui consiste à perdre du temps".
Le candidat LFI à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a fustigé sur X un Premier ministre qui "convoque des réunions de bavardages sans objectif".
La candidate écologiste à la présidentielle, Marine Tondelier, s'adresse à la presse après une réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon, le 22 octobre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )
"On sort avec beaucoup de colère", a abondé la patronne des Ecologistes Marine Tondelier.
Alors que le gouvernement doit annoncer de "premières décisions" lundi aux lycéens, elle a estimé que "plus il attend, plus ça va lui coûter cher". "Le fait de parier sur le pourrissement du mouvement est une erreur impardonnable", a-t-elle ajouté.
Le candidat Place publique/PS, Raphaël Glucksmann, a jugé "inquiétant" de n'avoir pas eu de réponse sur le "fiasco sécuritaire" du 17 octobre ni sur le "mouvement social".
Si le gouvernement "croit, en ne répondant pas aux revendications de la jeunesse française, que le mouvement s'essoufflera, il se trompe", a-t-il ajouté.
Le leader du Parti communiste et candidat à la présidentielle, Fabien Roussel, parle à la presse après une réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon, le 22 octobre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )
Le leader du Parti communiste, Fabien Roussel, s'est dit "extrêmement déçu", en invitant le gouvernement à "traiter les causes de ces manifestations et pas les symptômes", et en évoquant des "dérives dangereuses" à propos des interdictions de manifester pour samedi.
Le chef du gouvernement a rappelé qu'il n'y avait "aucun amalgame" de fait entre les manifestants qui défilent "de manière pacifique, qui ont des revendications à porter légitimement" et "les casseurs, les pilleurs, les délinquants, certains groupuscules aussi d'ultragauche ou d'extrême gauche radicalisés", a rapporté la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon parle à la presse après une réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon, le 22 octobre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )
Elle a redit que "la priorité à la prise en compte de ces revendications" était "le retour au calme" et le "retour à l'ordre public". "Sans ordre public, il ne peut pas y avoir de discussion sereine, apaisée, contradictoire sur des revendications".
Seul à s'exprimer pour le bloc central, le président par intérim d'Horizons, Christophe Béchu, a estimé que "le préalable, c'est la condamnation sans retenue de la violence" pour "ensuite être capable d'écouter et de répondre à ceux qui manifestent".
La sénatrice et vice-présidente du RN, Edwige Diaz (c), aux côtés du maire de Perpignan, Louis Aliot (g), parle à la presse après une réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon, le 22 octobre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )
La sénatrice et vice-présidente du RN, Edwige Diaz, a assuré en sortant que le congrès de son parti à Orléans, où sont attendus de 20.000 à 30.000 manifestants selon la préfecture du Loiret, "pourrait se tenir dans de très bonnes conditions" de sécurité.
Le maire RN de Perpignan, Louis Aliot, a toutefois prévenu que "s'il y a de la casse" en marge du congrès, "c'est M. (Olivier) Faure, Mme (Marine) Tondelier et tous les autres qui en porteront la responsabilité".

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