Marine Tondelier à Montrouge dans les Hauts-de-Seine le 22 juin 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )
Tiraillée entre deux gauches qui veulent se "flinguer", la patronne des Ecologistes Marine Tondelier a débuté jeudi les universités d'été de son parti à Grenoble en défendant l'union de la gauche tout en maintenant à ce stade sa candidature à la présidentielle.
Alors que le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon est en tête des sondages à gauche, autour de 15%, et que son rival social-démocrate de Place publique Raphael Glucksmann se prépare à annoncer sa candidature, Marine Tondelier a indiqué devant la presse n'avoir aujourd'hui "pas envie de faire la campagne de Jean-Luc Mélenchon, ni celle de Raphaël Glucksmann". "J'ai envie de faire une campagne écologiste", a-t-elle affirmé.
"S'il y a un chemin de victoire qui se dégage à un moment, on le prendra", a-t-elle cependant nuancé.
Mais pas dans l'immédiat. "On prendra la bonne décision au bon moment, mais je ne sais pas quand ce sera", a ajouté Mme Tondelier, car les militants "veulent qu’on puisse discuter".
Son discours, initialement prévu jeudi soir, a dû être reporté à vendredi, en raison des violents orages attendus dans le Sud-Est.
Celle qui a invité dimanche ses homologues de gauche à des rencontres bilatérales "sans exclusive", afin de "trouver les convergences", affirme que face aux "deux menaces" que sont l'effondrement climatique et l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir, "notre antidote, c'est l'écologie et l'union".
LFI met la pression
L'initiative s'est déjà vue opposer une fin de non-recevoir par LFI, dont les universités de rentrée ont débuté également jeudi dans le département voisin de la Drôme, avec en point d'orgue un meeting de Jean-Luc Mélenchon dimanche, dans lequel "la question de l'écologie sera centrale", a prévenu Manuel Bompard.
"Aujourd'hui, nous sommes la candidature écologiste la plus identifiée et cohérente", a-t-il déclaré aux journalistes. "Sans leur manquer de respect, les autres partis de gauche ne font pas la même chose que nous. Nous, on essaie de gagner la présidentielle. Eux, ils sont dans une compétition essentiellement déterminée par des enjeux internes", a ajouté le coordinateur de la France insoumise.
Les Insoumis, forts de leur avance sondagière, mettent la pression pour que les Verts se rallient à la candidature Mélenchon, au risque sinon de ne pas avoir d'accords aux législatives, ce qui mettrait nombre de députés écologistes sortants en difficulté.
Une partie des militants écologistes sont favorables à un rapprochement avec LFI, dont ils partagent les aspirations radicales. C'est notamment le cas de la députée Sandrine Rousseau.
La présidente des députés écologistes Cyrielle Chatelain le 21 juillet 2026 à l'Assemblée nationale, à Paris ( AFP / Dimitar DILKOFF )
La présidente des députés écologistes Cyrielle Chatelain a elle aussi fait un pas vers les Insoumis, en appelant à rouvrir des discussions avec eux et pas seulement avec le PS.
"Trancher ne va pas nous faire exploser. Il faut déterminer quelle stratégie nous permettra en tant qu'Ecologistes d'être plus forts", a-t-elle expliqué.
Faute d'une alliance large de toute la gauche, le député Charles Fournier plaide aussi pour "une alliance resserrée avec LFI, les communistes et des socialistes".
Pour le maire du 11e arrondissement de Paris David Belliard, "l'écologie est anticapitaliste, il faut l'assumer", même s'il y a "un risque d'être dilué dans LFI". Mais "le risque de disparaître est aussi immense si on perd notre assise à l'Assemblée nationale".
"Unité de façade"
A l'inverse, une partie des Ecologistes penche du côté du PS et du leader de Place publique Raphaël Glucksmann, qui devrait se déclarer très prochainement. C'est notamment le cas de Yannick Jadot, qui déplore un "non-choix pour conserver une unité qui n'est plus que de façade".
Et ce malgré le camouflet infligé par les socialistes qui ont refusé l'idée d'une primaire ouverte avec les verts pour la présidentielle, comme le réclamaient Mme Tondelier et le patron du PS Olivier Faure. Ils ont préféré opter pour une primaire plus restreinte, avec Place publique.
Les deux camps pressent donc la cheffe écologiste de renoncer à sa candidature.
"La question est plutôt de savoir pourquoi je cesserais" d'être candidate, a répliqué dans la presse celle qui déplore l'image renvoyée actuellement : "une partie de la gauche veut flinguer l'autre partie et demande aux Ecologistes d'appuyer sur la gâchette".
La patronne de Génération Ecologie Delphine Batho à Paris le 23 juin 2026 ( AFP / JOEL SAGET )
Pour l'heure, même Delphine Batho, la patronne du petit parti Générations Ecologie, a décliné son invitation, jugeant que la tâche de l'écologie politique "ne se réduit pas à faire barrage à l'extrême droite, ni à être une simple composante d'une alliance" au modèle "économique et social destructeur".

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