Des avions de chasse Typhoon de la Royal Air Force ont participé pour la première fois à un exercice nucléaire français, volant aux côtés de Rafale français, a annoncé le ministère des Armées vendredi, saluant un partenariat renforcé entre les deux pays à un moment de tension avec la Russie.
"L'exercice 'Rummy' démontre la coopération croissante entre les deux puissances nucléaires d'Europe dans le cadre de la Déclaration de Northwood", a déclaré le ministère, faisant référence à la déclaration signée en juillet 2025 par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique de l'époque, Keir Starmer, instaurant la possibilité de coordonner les moyens de dissuasion nucléaire des deux pays face aux "nouvelles menaces".
"Avoir des forces nucléaires indépendantes n'exclut pas la coordination", a commenté la ministre des Armées, Catherine Vautrin, dans un communiqué. "Par la coordination, nos forces nucléaires démontrent qu'elles peuvent contribuer encore plus significativement à la sécurité globale de l'Alliance et à la paix et à la stabilité de la zone euro-atlantique."
"Dans un monde de plus en plus dangereux, nos adversaires ne doivent avoir aucun doute : le Royaume-Uni et la France restent unis dans leur engagement pour la sécurité européenne et le maintien de la dissuasion qui a contribué à préserver la paix pendant des générations", a renchéri le secrétaire à la Défense britannique, Wes Streeting.
Lors de l'exercice, qui s'est déroulé mardi, les équipages et les capacités britanniques ont opéré aux côtés des Forces aériennes stratégiques (FAS) françaises au-dessus de la mer Méditerranée.
Après avoir décollé de la base aérienne de Saint-Dizier, en Haute-Marne dans le nord-est de la France, les Rafale français, escortés par des chasseurs Typhoon de la RAF, ont simulé une frappe nucléaire, a précisé le ministère.
L'exercice "visait à renforcer la coordination et l'interopérabilité entre les personnels britanniques et français, ainsi qu'à consolider la compréhension mutuelle", a-t-il ajouté.
En mars dernier, Emmanuel Macron a annoncé l'augmentation du nombre de têtes nucléaires françaises et évoqué le concept de dissuasion "avancée" prenant en compte les intérêts des alliés européens de la France sans déléguer la "décision ultime" de recourir à l'arme atomique.
La France dépense annuellement quelque 5,6 milliards d'euros pour la maintenance de son arsenal estimé à 290 ogives nucléaires, le quatrième du monde. La Grande-Bretagne compte 225 ogives. En comparaison, la Russie et les Etats-Unis disposent de plus de 5.000 ogives nucléaires. La Chine possède le troisième arsenal nucléaire au monde, estimé à 600 environ.
(John Irish, Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Benoit Van Overstraeten)

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