La crise d'Ormuz est la "plus grande perturbation de l'offre mondiale de pétrole jamais enregistrée", selon l'AIE.
( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / MARIO TAMA )
La demande de pétrole va ralentir en 2026, selon les estimations actualisées mercredi 12 août de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui pointe le conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix des hydrocarbures.
L'Agence de l'énergie de l'OCDE table désormais sur une baisse de 1,6 million de barils par jour (mb/j) sur un an, alors qu'elle anticipait un recul de 1 mb/j dans sa précédente estimation en juillet. La consommation mondiale pétrolière s'établirait en 2026 à 103,29 mb/j, contre 103,46 mb/j estimée le mois dernier.
"La fermeture prolongée du détroit d'Ormuz et la hausse des prix des carburants continuent de peser sur la consommation de pétrole" , a souligné l'AIE dans son rapport qui révise chaque mois ses prévisions sur les marchés pétroliers en fonction de la conjoncture. L'AIE envisage toutefois une amélioration progressive : après une contraction de 4,9 mb/j au 2e trimestre et de 2,8 mb/j au 3e trimestre, elle devrait retrouver une croissance de 0,58 mb/j au tout dernier trimestre.
L'offre mondiale reste elle toujours pénalisée par la fermeture persistante du détroit d'Ormuz qui perturbe les chaînes d’approvisionnement internationales et réduisent la disponibilité des produits pétroliers.
Pénurie de produits raffinés
Environ 8,3 millions de barils par jour de la production du Golfe sont ainsi toujours manquants en raison de la crise d'Ormuz, qualifiée par l'AIE de "plus grande perturbation de l'offre mondiale de pétrole jamais enregistrée".
En conséquence, la pénurie de produits raffinés, notamment aggravée par les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes, a propulsé les marges de raffinage dans le bassin Atlantique à des "niveaux record en juillet", "le diesel atteignant une valeur deux fois supérieure à celle du brut sur les marchés internationaux".
La production mondiale de pétrole devrait désormais reculer en moyenne de 4,3 mb/j en 2026, à 102,02 mb/j et rebondir de 8,3 mb/j l’an prochain pour atteindre 110,3 mb/j.
Selon l'AIE, une "désescalade" dans le conflit, devrait permettre "une reprise progressive des flux dans les mois à venir" et laisser entrevoir la possibilité d'un surplus d'offre pétrolière vers le 4e trimestre 2026, qui permettrait par la suite de reconstituer les stocks de pétrole. Des perspectives d'amélioration qui restent néanmoins "fragiles".
"Même si le marché devrait renouer avec un excédent vers la fin de cette année, les risques restent importants et l'urgence de rouvrir le détroit s'est accrue , les réserves de sécurité dont on disposait auparavant s'épuisant rapidement", a mis en garde l'AIE.
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