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Patrick Martin "crève la baudruche" : le patronat "n'a pas basculé du côté du RN", assure le président du Medef
information fournie par Boursorama avec Media Services 15/04/2026 à 15:50

Le patron des patrons a réagi aux critiques sur les contacts entre son organisation et le Rassemblement national, Jordan Bardella en tête.

Patrick Martin, le 15 avril 2026, à Paris ( AFP / ALAIN JOCARD )

Patrick Martin, le 15 avril 2026, à Paris ( AFP / ALAIN JOCARD )

Le président du Medef a tenté mercredi 15 avril de "crever la baudruche" selon laquelle le patronat serait du côté du RN pour l'élection présidentielle, remarquant toutefois qu'il n'est pas possible "de l'exclure du spectre des contacts politiques" de son mouvement. "Peut-on exclure le RN du spectre de nos contacts politiques? Evidemment non, parce que c'est une formation qui pèse lourd au Parlement", a fait valoir Patrick Martin, lors d'une conférence de presse de présentation de la stratégie du Medef dans la perspective des élections - présidentielle et sans doute législatives - de 2027. Mais "je veux crever cette baudruche selon laquelle le patronat aurait massivement pris parti pour le Rassemblement national: je vous le dis les yeux dans les yeux, c'est faux".

Interrogé fin 2025 sur le rapport du monde des affaires vis-à-vis de l'extrême-droite, Patrick Martin avait déjà assumé prendre le parti du Medef de ne plus suivre "l'actualité politicienne du quotidien" . "C'est terrible à dire, mais on se déconnecte de ce débat. On veut s'extraire de ces postures politiciennes court-termistes, qui peuvent être celles du RN quand on regarde comme d'un vote à l'autre ils peuvent changer de posture, mais ça s'applique à d'autres formations politiques. On ne veut pas se laisser embarquer là-dedans", avait-il alors commenté.

Le président du RN, Jordan Bardella, sera reçu à déjeuner lundi par les dirigeants de la première organisation patronale, invitation qui suit un dîner, le 7 avril, entre Marine Le Pen et un groupe de très grands patrons dont Bernard Arnault (LVMH), Patrick Pouyanné (TotalEnergies), ainsi que ceux d'Accor, Engie, Renault, Capgemini, ou Cyrille Bolloré.

"Les chefs d'entreprises ne se lèvent pas le matin" en pensant au RN

Patrick Martin a fait remarquer que dix autres leaders de partis représentés au Parlement avait déjà été ou seraient reçus prochainement par le Medef dans le même format que M. Bardella. "Ca ne suscite pas autant d'intérêt et de commentaires", a-t-il remarqué, se disant dépité du "focus" mis sur les relations entre son mouvement et le RN.

"Les chefs d'entreprises ne se lèvent pas le matin en (se demandant) s'ils sont pour ou contre le RN, mais en s'interrogeant sur leurs carnets de commandes, l'état de leur trésorerie ou la concurrence internationale, et c'est au prisme de ces préoccupations qu'on s'interroge sur l'offre des formations politiques", a-t-il dit. "A ce stade, bien malin qui peut dire quel est le programme de qui" , a-t-il remarqué, notant en particulier "ne pas tout comprendre à ce jour" notamment de celui du RN . Un peu plus tôt, il avait noté tout de même "qu'il n'y a pas une sensibilité LFI exacerbée" dans les rangs du Medef. "Nous, a-t-il rappelé, on est pro-européens, libéraux, pour une démocratie apaisée et qui fonctionne bien, une meilleure prise en compte des enjeux économiques et de l'entreprise, et des accords de libre échange raisonnés: la question est de savoir qui épousera nos convictions de manière convaincante".

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